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La néotélévision est une expression, souvent péjorative, visant à critiquer l'évolution de la télévision depuis les années 1980[1].

Elle regroupe des aspects divers selon les contextes :

  • la forte émergence des sociétés privées dans le capital des chaines de télévision ;
  • la multiplication des émissions de jeu télévisé et de la promotion commerciale (ex : publicité télévisée) ;
  • la production d'images conditionnée par les annonceurs publicitaires ;
  • la « peoplisation » de la télévision ;
  • l'apparition de la téléréalité[2] ;
  • la disparition des émissions culturelles sur les chaines généralistes, ou leur relégation à des horaires tardifs à faible audience ;
  • la multiplication des chaines thématiques (dédiées au sport, au cinéma, aux enfants, aux reportages, à la culture, chaines à contenu pour adultes, chaines étrangères, etc.), prenant des parts de marché sur les chaines généralistes ;
  • les effets de cette télévision dont la consommation en constante augmentation a un impact négatif sur la courbe d'apprentissage des jeunes enfants[3], entraîne une diminution de l'activité physique[4] et le développement du langage[5], une dégradation des habitudes alimentaires, une altération du sommeil[6], une augmentation des troubles attentionnels et un affaissement des performances scolaires[7] et un assèchement des interactions intra-familiales[8].

C'est Umberto Eco qui semble avoir inventé cette expression, en considérant que la tendance de la télévision serait devenue autoréflexive, c’est-à-dire consisterait à parler d'elle-même, et à créer l'image et l'information par elle-même, au contraire de la « paléotélévision », dont le rôle était selon lui de rendre compte du monde extérieur de façon didactique. Cette télévision vise également à nouer un contact entre l'individu-téléspectateur et elle-même, ce qu'il considère comme se faisant au détriment des relations entre individus.

En fait l'évolution technologique permet d'offrir aux utilisateurs un choix de plus en plus grand en fonction de ses centres d'intérêts. Ce choix est en voie de se mondialiser.

CitationModifier

« La vérité qui compte (dans la néotélévision) n'est plus celle de l'énoncé, mais celle de l'énonciation », Umberto Eco, in La Guerre du faux.

Notes et référencesModifier

  1. « L'exemple du sarkoberlusconisme », L'Humanité,
  2. Voir l'analyse de Jean Luc Michel, Professeur de sciences de l'information et de la communication
  3. P. Winterstein, R.J. Jungwirth : Enquête faite dans le Service de pédopsychiatrie du Centre Hospitalier d’Ernstein, 2005, publiée en 2006 dans la revue Kinder-und Jugendarzt, (Betreuungsrecht Kompakt. Collection Aktuelles Recht für Die Praxis, juin 2007).
  4. (en) B.A. Dennisson et al., « Television viewing and television in bedroom associated with overweight risk among low-income preschool children », Pediatrics, vol. 109, no 6,‎ , p. 1028-1035.
  5. (en) W. Chonchaiya, C. Pruksananonda, « Television viewing associates with delayed language development », Acta Paediatr, vol. 97, no 7,‎ , p. 977-982 (DOI 10.1111/j.1651-2227.2008.00831.x).
  6. Les effets sur la santé (sommeil, obésité, sexualité, sédentarité) sont tels qu'une heure de télé par jour réduit l'espérance de vie de 22 minutes (6 heures par jour la réduisent de 5 ans). Cf. (en) J. Lennert Veerman, Genevieve N. Healy, Linda J. Cobiac, Theo Vos, Elisabeth A H Winkler, Neville Owen David, W. Dunstan, « Television viewing time and reduced life expectancy: a life table analysis », British Journal of Sports Medicine, vol. 46, no 16,‎ , p. 927 (DOI 10.1136/bjsports-2011-085662).
  7. (en) DL Borzekowski, TN Robinson, « The remote, the mouse, and the no. 2 pencil: the household media environment and academic achievement among third grade students », Arch Pediatr Adolesc Med., vol. 159, no 7,‎ , p. 607-613.
  8. Michel Desmurget, TV lobotomie. La vérité scientifique sur les effets de la télévision, Max Milo, , p. 41

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • Un texte sur LoftStory, par Jean Luc Michel, Professeur de sciences de l'information et de la communication à l'Université Jean Monnet de Saint- Etienne.