Michaudine

La michaudine est un vélocipède ou draisienne à pédales créé en 1861. C'est l'une des étapes importantes de l'évolution vers la bicyclette. Ses inventeurs sont Pierre Michaux et son fils Ernest, qui l’ont conçue à partir d'un engin issu de l'invention de Karl Drais.

Illustration du Centaure magazine, Paris 1868.
Vélo Michaux 1861.

HistoriqueModifier

En 1861, Pierre Michaux est serrurier et réparateur de draisiennes à Paris, lorsque sur l'insistance de son fils Ernest qui se plaint de devoir lever les jambes, il ajoute des manivelles en opposition sur l'axe de la roue avant de l'engin en réparation. Cette simple intervention transforme la « draisienne » dont la motricité vient des pieds sur le sol, en un vélocipède dont la force motrice est transmise par les pieds directement à la roue avant[Note 1].

L'article Causerie Bordelaise du journal La Gironde du [1], expose que Jean Lacou, entre 1846 et 1848, a construit deux machines mécaniques à force humaine, l'une établie sur quatre roues, mue par deux manivelles à vilebrequin et l'autre sur trois roues, aussi à vilebrequin, actionnée par des pédales. Plusieurs témoins déclarent qu'ils sont montés sur ces machines et ont parcouru diverses campagnes des environs de Bordeaux. Jean Lacou ne dénie pas à Pierre Michaux d'avoir eu la même idée en 1861, soit 13 ans plus tard. Jean Lacou reconnaît qu'il n'a pas cru à l'avenir de son invention[2].

L'invention est également attribuée en Allemagne à Philipp Moritz Fischer au cours de l'année 1853.

Ils transforment ensuite la draisienne en augmentant la taille de la roue avant, en remplaçant le bois du châssis par de la fonte, en mettant une selle réglable et suspendue et en ajoutant des freins à patins. Leur vélocipède devient le premier succès commercial d'un « deux roues ». En 1861 ils construisent deux exemplaires, 142 en 1862 et 400 en 1865.

Le fils de Napoléon III, le prince héritier Louis-Napoléon, se mit en tête de convertir la cour au vélo, au point que les caricaturistes le surnommèrent « Vélocipède IV »[3],[4],[5]. La première course officielle sur piste a lieu le dans le parc de Saint-Cloud, en présence du prince héritier Louis-Napoléon[6]

En 1867, Michaux fonde la Compagnie parisienne des vélocipèdes avec un associé.

La guerre de 1870 met fin à cette euphorie qui traversa la Manche au profit des industries anglaises.

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. Causerie Bordelaise du journal La Gironde du 30 décembre 1894
  2. « Sport vélocipédique », L'autorité,‎ (lire en ligne) Attestation établie sur papier timbré, enrgegistrée au Palais de Justice de Bordeaux, signée par cinq personnes. Jean Lacou a construit une voiture de trois roues, à vilebrequin, actionnée par des pédales.
  3. Le jour où on inventa la pédale sur le site du journal La Croix du 1er juillet 2011
  4. Clément Vaulet, Le prince impérial. Histoire du fils de Napoléon III, A. Michel, 1946, p. 197
  5. Caricature/ Trombinoscope: Velocipede IV (Le Prince Imperial), sur le site napoleon.org
  6. La vogue de la « petite reine », sur Hérodote.net (consulté le 12 juin 2014)

NotesModifier

  1. Pierre Michaux est le premier fabricant connu de vélocipèdes en série mais le seul témoignage de son fils Henry ne permet pas de lui attribuer avec certitude la paternité de l’invention de l'adaptation de la pédale sur la roue avant, revendiquée notamment par Pierre Lallement

BibliographieModifier

  • Keizo Kobayashi, Histoire du vélocipède de Drais à Michaux 1817-1870: Mythes et réalités, Tokyo, Bicycle culture center, 1993.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier