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Mathieu Fournier

auteur, journaliste, pédagogue français
Mathieu Fournier
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 94 ans)
Saint-ChamondVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Jean ChâtelusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
signature de Mathieu Fournier
signature
Mathieu Fournier, Le vocabulaire des écoles, 1905.
Mathieu Fournier, La Vallée ardente, 1938.

Mathieu Fournier (1868-1963) est un instituteur, pédagogue, romancier et conteur. Il a écrit sous son nom et sous le pseudonyme de Jean Châtelus.

Auteur de nombreux manuels scolaires d'apprentissage de la langue française, mais aussi de récits populaires, acteur social et littéraire, il symbolise les pionniers de l'école laïque et patriotique sous la IIIe République.

Son œuvre, d'un humanisme bienveillant, est marquée par les traditions et cultures, principalement ouvrières, du pays de Jarez (Loire).

BiographieModifier

Enfance et formationModifier

 
Pensionnat Saint-Louis à Saint-Étienne.

Mathieu Fournier est né à Saint-Étienne le 17 novembre 1868. Son père, Antoine Fournier, était forgeur[1] «au Moulin Neuf» ; sa mère s'appelait Marie Barrelon[2].

Son registre matricule militaire, renseigné en 1888, le décrit à vingt ans comme un grand jeune homme, pour l'époque, puisque d'une taille de 1,73 m, les cheveux et les yeux noirs[3].

Enfant, il fréquente l'école maternelle de la rue des Tilleuls, à Saint-Étienne, puis le «pensionnat» Saint-Louis[4],[5] tenu par les Frères des écoles chrétiennes[6]. Bénéficiaire d'une bourse communale, il entre au lycée puis à l'école supérieure de la rue des Chappes où il obtient son brevet élémentaire[6].

En 1885, il est reçu à l'école normale de Montbrison et en sort en 1888[6]. Le récit de ces trois années figure dans les Souvenirs d'un normalien, signés du pseudonyme de Jean Châtelus.

InstituteurModifier

 
Küsnacht, Lehrerseminar.

Le 1er octobre 1888, Mathieu Fournier arrive à Unieux, petite commune industrielle proche de Firminy, à l'ouest de Saint-Étienne. Il vient d'être nommé instituteur stagiaire à l'école Côte-Quart, quartier d'Unieux[7]. Il ne reste que quinze jours dans ce poste[8].

Il passe ensuite, étant germanisant, une année comme élève boursier à l'école normale d'instituteurs (Kantonales Lehrerseminar) de Küsnacht en Suisse[9].

À son retour de Küsnacht, Mathieu Fournier est nommé à Unieux bourg (octobre 1889), ce qu'il perçoit comme un avancement[9]. Cette fois encore, il ne reste que quinze jours et reçoit une nomination pour Rive-de-Gier[10] où il reste un an.

Charlieu, RoanneModifier

 
Charlieu, école supérieure.

Puis il est affecté à Charlieu[11], au nord de Roanne, comme maître-adjoint à l'école supérieure pour enseigner les lettres et les langues vivantes[12]. Ces changements incessants d'affectation sont alors courants et Fournier s'en explique :

  • «J'étonnerais sans doute bien de jeunes maîtres, si je leur révélais, qu'à cette époque, nos chefs disposaient de nos personnes, sans que nous puissions y trouver à redire. Un stagiaire était bombardé à l'est, à l'ouest, au nord, au sud du département et jamais il ne lui venait à la pensée de protester contre ces déplacements répétés et souvent nullement désirés par lui. "Nécessités de service !" Quand ces mots avaient été prononcés devant vous, il ne vous restait plus qu'à boucler votre valise et à gagner au plus vite la gare la plus proche»[12].

Contraint de quitter Charlieu à la suite d'une permutation de poste, Mathieu Fournier rejoint la ville de Roanne[13], au faubourg Clermont, école de la place Larochette[14] : «Le faubourg Clermont, où se trouvait mon école, était alors le quartier frondeur de la ville. J'avais déjà assisté à un commencement d'émeute, à propos d'une grève. Sur la couverture d'un livre d'élève, s'était posé plus d'une fois le sceau d'un groupe libertaire : "Les Sans-pitié du faubourg Clermont"»[15].

Cependant, une nouvelle «nécessité de service» oblige l'instituteur stagiaire à quitter Roanne :

  • «Pour mon malheur, il y avait, au cours complémentaire de Rive-de-Gier, un instituteur qui ne s'entendait pas très bien avec son directeur, cela arrive ! L'administration, pour éviter un éclat, avait jugé bon de les séparer. Mais à qui faire appel ? Un cours complémentaire, tout de même, exige d'un maître un fond de connaissances qu'on ne trouve pas toujours chez le premier venu. (...) L'administration vigilante, qui conserve dans ses archives un état exact de ses effectifs, se dit un jour : - Ah ! Ah! il y a là-bas, ce brave Châtelus qui se tient coi et veut se faire oublier, trop heureux qu'il est, sans doute. C'est avec lui que le mauvais coucheur va permuter»[16].

Rive-de-GierModifier

 
Rive-de-Gier, rue de la République.
  • «Et voilà comment je revins me fixer dans cette vallée du Gier, noire, hideuse, où pèse en tout temps une immense tristesse, où le labeur humain, sous un voile de fumées, revêt les attitudes tragiques que doivent avoir les réprouvés de l'Enfer de Dante. Par quelle vertu les yeux des enfants sont-ils toujours les mêmes ? Quand je retrouvai mes fils de verriers, de mineurs, de métallurgistes; je fus surpris de la candeur et de la pureté qui y sommeillaient encore. Si le ciel, là-haut, était souillé de suie, c'étaient des clartés d'aube qui scintillaient entre leurs cils»[17].

Saint-Julien-en-Jarez et Saint-Genest-LerptModifier

Une nouvelle affectation le conduit à Saint-Julien-en-Jarez[18], puis à Saint-Genest-Lerpt[19].

  • «Je restai à Saint-Julien cinq ans. Deux enfants m'y sont nés[20]. J'y écrivis la plus grande partie de mon œuvre. Ce fut la période la plus féconde de ma vie»[21].

À Saint-Genest-Lerpt, l'école est dans un état de vétusté qui choque l'instituteur :

  • «La triste maison ! Et quel air délabré elle avait, avec ses fenêtres sans rideaux, ses chéneaux rouillés et ses persiennes disjointes ! Dans cette petite cité pimpante, près de l'église toute neuve, elle ressemblait à une ancêtre accroupie au bord du chemin. (...) Placés au milieu de la cour, deux petits arrosoirs, qui pouvaient bien contenir chacun une dizaine de litres, servaient à faire laver tous ceux qui avaient les mains sales. Plusieurs fois, malgré ma défense, j'avais surpris des enfants, à boire cette eau souillée. Enfin, une odeur épouvantable flottait dans les classes, venue d'une fosse d'aisance, pleine à déborder, recouverte seulement de quelques planches pourries. Jamais, dans ma carrière, je n'avais rencontré une école où les mesures de préservation fussent si mal observées»[22]. Fournier s'étonne, auprès de l'institutrice, du mépris de la municipalité pourtant républicaine : «Oui, mon cher collègue, républicaine, si l'on veut, mais, pour eux, l'École et la République, cela fait deux choses distinctes»[23].

Saint-ChamondModifier

Mathieu Fournier arrive enfin à Saint-Chamond en 1905[24]. Il connaît d'abord les vieux murs d'une ancienne école chrétienne puis, en 1908, il emménage dans l'ancien couvent des Minimes, partagé avec l'hôtel de ville :

  • «mon école fut transférée dans les locaux de l'ancien collège Sainte-Marie, donnant sur le Jardin public. Tout rappelait ici la présence des premiers hôtes. Si un buste de la République avait remplacé la statue de la Vierge, ces longs couloirs dallés, sous des voûtes portées par des arcades, ces hautes salles que traversaient d'énormes poutres, ces murs épais suintant d'humidité, ces demi-ténèbres qui planaient sur la tête des élèves, même cet air fade qu'on y respirait, évoquaient encore l'austérité rigide et froide d'un couvent»[25].
 
Saint-Chamond, ancien cloître des Minimes, la cour de récréation.

Après Saint-Genest-Lerpt où l'école abritait, dans ses greniers, des reliques religieuses que l'instituteur devait remettre aux marguilliers[26], Saint-Chamond présentait la singularité d'une cour d'école traversée par les passants :

  • «Le curieux spectacle qu'offre une cour d'école, à l'heure de la récréation ! La cour de l'école de l'Hôtel de Ville était, je vous l'ai déjà dit, entourée de gros piliers carrés soutenant une galerie disposée le long du premier étage et qui devait servir de promenoir aux Maristes qui occupaient jadis ce gros pâté de maisons assez disparates. Sous ces arcades surbaissés, au sol pavé de larges dalles, le public avait libre accès. Ce public, qui assistait aux ébats de nos élèves, était bien un peu gênant pour les maîtres. Voyez-vous un enfant étourdi se jetant dans les courtes jupes d'une belle dame, culbutant un vieillard, se heurtant à une poutrelle que porte, sur son épaule, un compagnon charpentier ! Chose invraisemblable, jamais je n'eus à déplorer une de ces rencontres fatales»[27]

Mathieu Fournier apparaît dans le recensement de Saint-Chamond pour l'année 1906, au n° 19 de l'avenue de la Gare (dénommée avenue de la Libération après 1945)[28]. Il y habite avec son épouse, bien sûr, et leurs fils, mais aussi avec son beau-père, Pierre Exbrayat, et sa belle-mère, Madeleine Blanc de son nom de jeune fille.

Il termine sa carrière à Saint-Chamond en 1929[29]. Il est alors directeur d'école depuis de nombreuses années.

Mathieu Fournier, par-delà son métier, a mené plusieurs activités de front. Maurice Bouchor, son préfacier pour les Contes du samedi en témoigne :

  • «Vous me le disiez, dans une de vos lettres : écrire est bien malaisé à un instituteur. Lorsqu'il a rempli avec conscience et avec zèle sa tâche envers les enfants ; lorsqu'il a donné aux adultes, aux uns et aux autres, parfois à la commune, une part de son loisir déjà si restreint, il a le droit d'être las, et de reculer devant l'effort, toujours grand, de la création même la plus modeste. Pourtant, si la Muse lui souffle à l'oreille des rimes mélodieuses ou un joli conte, comment résistera-t-il à une sollicitation divine ? Et le dernier instant de loisir ou de repos sera donné au cher livre, si souvent quitté, toujours repris avec joie»[30].

Les postes occupés par Mathieu FournierModifier

années lieux
1888, quinze jours en octobre Unieux, Côte-Quart
1888-1889 boursier à Küsnacht (Suisse)
1889, quinze jours en octobre Unieux, bourg
1889-1890 Rive-de-Gier
1890-1891 Charlieu
1891-1892 Roanne
1892-1896 Rive-de-Gier
1896-1897 Saint-Paul-en-Jarez
1897-1902 Saint-Julien-en-Jarez
1902-1905 Saint-Genest-Lerpt
1905-1929 Saint-Chamond

Retraite et mortModifier

Mathieu Fournier évoque sobrement son «adieu à l'école» : «Chaque année, au 14 juillet, a lieu, à Saint-Chamond, au Jardin public, la distribution des primes accordées aux élèves ayant obtenu leur certificat d'études primaires. En 1929, j'assistai, pour la dernière fois, à cette cérémonie...»[29].

Au terme d'une longue retraite, il meurt à Saint-Chamond le 14 mai 1963, âgé de presque 95 ans, à son domicile : 19, avenue de la Libération[31].

FamilleModifier

Le 9 septembre 1893, à Rive-de-Gier, Mathieu Fournier épouse Marie Antoinette Exbrayat[32], institutrice[33]. Ils ont trois enfants :

L'épouse de Mathieu Fournier meurt le 6 mai 1940, à Saint-Chamond, 7 rue Richard-Chambovet[31].

Un voyage en TunisieModifier

Au printemps 1900, Mathieu Fournier effectue un voyage en Tunisie. Il fait partie d'une «caravane de l'enseignement» composée d'instituteurs de quinze départements français[37].

 
Bizerte, école de filles.

De Tunis, elle arrive à Bizerte le 25 avril 1900 ; elle est dirigée par MM. Louis Machuel[38], directeur général de l'Enseignement, Versini, inspecteur d'académie et Baille, inspecteur de l'enseignement primaire en Tunisie :

  • «À midi, déjeuner dans le préau de l'école des filles, parfaitement ordonné et servi par le Grand hôtel de la Paix. M. Machuel[38] remercie les membres de l'enseignement qui ont bien voulu quitter leurs foyers pour venir recueillir d'utiles renseignements sur cette nouvelle colonie. Il est persuadé qu'ils n'auront pas perdu leur temps et que leurs conférences produiront d'heureux et féconds résultats au point de vue de la colonisation»[39].

La Société de géographie commerciale est partie prenante du voyage :

  • «On sait d'ailleurs qu'avec l'encouragement et l'appui effectif de M. R. Millet, le résident général de France en Tunisie, une caravane d'instituteurs française a pu se rendre dans la Régence et étudier, de visu, le pays qu'ils auront à faire connaître à leurs élèves. (...) C'est M. Versini, l'inspecteur d'académie, membre de la Société de géographie commerciale, qui a guidé les instituteurs dans leur visite à Potinville (Bordj Cedria[40].

Mathieu Fournier rend compte rapidement de son séjour en Tunisie, lors d'une séance de la section stéphanoise de la Société de géographie commerciale, le 29 mai 1900 :

  • «M. Gabriel Forest présente ensuite à l'assemblée M. Fournier, instituteur à Saint-Julien-en-Jarez qui traite longuement, et de manière à plaire à tous ses auditeurs, de la Tunisie et des œuvres de colonisation auxquelles on peut s'y livrer. Les compliments du président et les applaudissements de ses auditeurs ont terminé la séance»[41].

Pédagogue, conteur, écrivain, historienModifier

 
Mathieu Fournier, Le vocabulaire des petits, 1914-1927.
 
Mathieu Fournier, Syllabaire illustré.

Manuels de lectureModifier

Mathieu Fournier a mis au point des manuels de lecture pour l'enseignement primaire qui ont connu un très grand succès : en 1927, par exemple, la 6e édition des 54 lectures graduées atteint une diffusion de 113 000 exemplaires[42].

En 1927, le Cours élémentaire (1ère et 2e année). Le Vocabulaire des écoles atteint sa 19e édition[42] depuis 1903.

Destiné aux écoles maternelles et aux cours préparatoires, Le vocabulaire des petits. Observation d'après l'image, exercices de langage, initiation à l'étude des mots et à la rédaction française, en est à sa 9e édition en 1920[42].

Autre retentissement éditorial, Le Vocabulaire des écoles. Étude méthodique des mots de la langue usuelle, d'après l'analogie et considérés : 1° Quant à leur orthographe ; 2° Quant à leur signification ; 3° Quant à leur formation ; 4° Quant à leur groupement par familles, est destiné aux cours moyen et supérieur et à la préparation au certificat d'études primaires : en 1927, on en recense 18 éditions successives depuis 1905[42].

En 1936, Le nouveau vocabulaire des petits, album d'images en couleur, à l'usage des écoles maternelles est adopté par les écoles de la Ville de Paris[42].

Publié une première fois en 1910, le Syllabaire illustré de la méthode rapide de lecture et de langage : lecture, écriture, orthographe, langue maternelle, causeries sur images est encore édité en 1950[42].

Ses ouvrages sont publiés par la Librairie Gedalge qui diffuse pour les écoles laïques[43]. On trouve dans son catalogue le livre fameux destiné aux élèves méritants lors de la distribution des prix : Nos grands Républicains du XIXe siècle de Marie Laubot (1909)[44].

Mathieu Fournier s'inscrit dans cet élan d'une alphabétisation rigoureuse et d'une transmission des idéaux républicains par l'institution scolaire[45].

Collaboration à la presse localeModifier

Mathieu Fournier a fait ses premières armes dans le journalisme local en devant correspondant de l'Union républicaine de Roanne[46].

Il a ensuite écrit dans le journal de tendance radicale, La Loire républicaine. Il y rencontre[47] Jean-Baptiste Galley (1847-1932), historien régional[48] et député de Saint-Étienne ; et Jacques Pérony (1867-1932), spécialiste du franco-provençal[49].

Ses articles sont parfois regroupés en livre ou brochure, comme Pages de guerre, carnet d'un instituteur (1917) et La Vie d'une cité. Impressions d'Izieux (1937).

Dans le compte rendu de parution de Pages de guerre, le journaliste de La Loire républicaine écrit : «Les lecteurs de La Loire républicaine me couperaient la parole si je m'avisais de leur présenter le Carnet d'un instituteur : ils ont eu sous les yeux, au fur et à mesure de leur insertion dans ce journal, ces articles qu'ils vont trouver rassemblés en plaquette. N'est-ce pas, ami lecteur, que ces articles sont toujours présents à ton esprit ? (...)»[50].

Contes, récits et romansModifier

 
Le docteur Solidor, Contes du samedi.

Les contes de Mathieu Fournier sont aujourd'hui quasiment introuvables. Ils ont été écrits dans les années 1900-1902. Les Contes du samedi sont une allusion aux célèbres Contes du lundi d'Alphonse Daudet. Ils sont illustrés par Émile Mas[51]. Le préfacier de ces contes, Maurice Bouchor écrit :

  • «Vous avez su rester instituteur, c'est-à-dire éducateur, préoccupé de vie morale, tout en étant littérateur sans apprêt ni gaucherie, de style bien français, à la fois limpide et coloré. Votre œuvre est humaine, simple et harmonieuse ; on n'y sent point la peine qu'elle vous a certainement coûtée. (...) Vous avez donné de frappants exemples d'héroïsme et conté avec grâce de vieilles légendes. Vous avez mis en garde les jeunes esprits contre une niaise crédulité...»[52].

Les Contes du samedi contiennent quinze histoires :

  • La poupée de la bohémienne
  • Blanc et noir
  • Jean d'Avril
  • Taïb
  • Le sou du pauvre
  • Le docteur Solidor
  • La solidarité
  • Le crieur de journaux
  • Le petit acrobate
  • Prix d'honneur
  • Le sonneur
  • Un dimanche au village
  • Le compliment aux morts
  • Jehan le pastour
  • Un tambour de 1805

Les romans et récits sont tous tirés de son expérience d'instituteur (Journal d'un écolier) dans une région ouvrière qui voit la forte présence des mineurs et des métiers traditionnels (forgeron, verrier). Le paysage local est invoqué sans fioritures :

  • «...moi qui habite aujourd'hui la petite ville ouvrière de Saint-Julien, basse, enfumée, aux maisons noires et tristes, aux ruelles raboteuses, presque toujours désertes, aux impasses sordides, entre des murs rongés de mousse. De notre villa sur une des collines qui enserrent la ville, Saint-Julien m'apparaît comme un pauvre accroupi dans ses haillons, sur les bords du Gier, qui traîne devant lui ses eaux lourdes et fangeuses»[53].

Observateur et historien localModifier

En 1902, Mathieu Fournier publiait une étude de 229 pages sur les mineurs du Gier. Mais c'est surtout à l'âge de la retraite qu'il a été un témoin engagé de la vie locale. En 1934, il publie L'essor d'une ville ouvrière : l'œuvre sociale des municipalités de Saint-Chamond, et en 1936 La vie d'une cité. Impressions d'Izieux[54].

 
Saint-Chamond, école Lamartine, 1932.

L'œuvre sociale à Saint-Chamond fait notamment référence à la politique d'Antoine Pinay, élu maire en 1929. Sa priorité est alors le logement : dès le premier conseil municipal, en août 1929, un office HBM est créé, puis en 1930 et 1932, deux programmes de construction sont lancés, rues Dugas et Condamin[55]. L'école est aussi l'objet de la nouvelle politique sociale avec la création du groupe scolaire Lamartine en 1932.

C'est avec les Tableaux de la vie saint-chamonaise, en 1949, que Mathieu Fournier évoque toute une série de figures locales, comme «les Dugas-Montbel, les Ennemond Richard[56], les Germain Morel[57], les Jules Duclos[58], tous sortis du peuple...»[59] ; mais aussi les maires : Marius Chavanne, Benoît Oriol, François Delay, Antoine Pinay ; Claude Lebois, fondateur de l'École pratique d'industrie à Saint-Chamond, et d'autres personnalités hautes en couleur.

Un patriotisme exaltéModifier

 
Mathieu Fournier, Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, 1917.

TémoignagesModifier

En pleine guerre, Mathieu Fournier fait paraître une brochure d'une soixantaine de pages, intitulée Pages de guerre. Carnet d'un instituteur ; elle est préfacée par Denis Ginoux, inspecteur d'académie ; et dédicacée à François Delay, maire de Saint-Chamond et président des «Œuvres de guerre». Les récits qui la composent ont déjà été publiées par feuilleton dans le journal local, La Loire Républicaine[60].

Le préfacier en montre le caractère «vertueux» pour «ceux qui vivent loin de la bataille ou qui n'en ressentent pas directement les contre-coups» :

« Il y a dans ces récits tour à tour de la pitié, de l'amour, de la colère, de la haine. Jamais un mot de lassitude. Pas un geste de défaillance. Rien qui puisse semer le découragement (...). Directeur d'école à Saint-Chamond, en contact depuis longtemps avec une population qu'il a pu observer et qu'il connaît bien, M. Fournier était naturellement porté à se placer au centre de cette région, active déjà et industrieuse, que les événements de ces dernières années ont transformé en un monde vibrant de travail[61]. »

Mathieu Fournier évoque les élèves de son école - même si le récit reste anonyme -[50], ceux dont les pères sont partis au front, et qui reçoivent la nouvelle d'une blessure ; les conditions de vie très difficiles face à la faim et au froid :

  • «Le terre-plein du Jardin public reçut un énorme stock de houille qui fut bien vite enlevé par les ménagères, accourues avec leurs sacs et leurs charrettes»[62].

Il décrit toutes les œuvres charitables auxquelles participent les écoliers en faveur des militaires au combat, des réfugiés des régions envahies. La commune a été bouleversée par le conflit :

  • «Qui pourrait fixer la physionomie de Saint-Chamond pendant la guerre ? Cette petite ville de quinze mille habitants a vu sa population doublée par l'afflux d'ouvriers venus des quatre coins de la France»[63].

Patriotisme de colèreModifier

Les lettres rassemblées dans cette brochure reflètent les sentiments patriotiques exacerbés qui vont jusqu'à la haine de l'adversaire : «la terreur des boches», la «fourberie du peuple allemand», le «cynisme allemand», et à propos d'un théologien de la faculté de Berlin qui parlait «d'œuvre d'amour» :

  • «ces monstrueuses paroles de Torquemadas en démence, mises au service d'un empire féodal, despotique et brutal, nous font aimer au-delà de tout la petite école de village de chez nous, son enseignement de bonté, de charité, d'idéal, qui a su mettre au cœur de nos soldats une foi invincible dans le triomphe du Bien»[64].
 
Le paquet pour les prisonniers, 1914-1918.

Le 3 juin 1917, une fête est organisée au Jardin public au profit de l'Œuvre du Paquet ; cette initiative de soutien collectait des vivres et des vêtements pour les prisonniers de guerre[65]. Mathieu Fournier s'adresse aux enfants réfugiés des régions envahies :

  • «En vous réunissant aujourd'hui, dans ce jardin public paré de fleurs, les organisateurs ont voulu, mes chers enfants, que vous oubliiez le souvenir des mauvais jours que vous avez vécus et que vous appreniez, ici, dans cette ville qui vous a recueillis, à vous connaître, à vous aimer, à partager vos espoirs. Voyez, votre sort est pareil, que vous veniez du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne, des Ardennes, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, vous avez quitté, seuls ou avec votre mère, votre ville, votre village, votre maison. (...) Mais je m'aperçois que je deviens injuste envers nos ennemis. Les Allemands sont, comme nous, de bons papas. Du haut des airs, derrière eux, ils laissent tomber des bonbons, des toupies, des porte-monnaie, des porte-plume. C'est à vous qu'ils destinent ces beaux cadeaux. Prenez garde ! Ces bonbons contiennent les virus du choléra ; ces toupies sont des bombes explosives ; ces porte-monnaie renferment la mort ; ces porte-plume, si vous y touchez, mutileront à jamais votre menotte innocente...»[66].

Les sacrifices consentis par tout un peuple sont élevés au rang d'exemple ultime : «Cette guerre donnera aux éducateurs de l'avenir de quoi nourrir d'héroïsme l'âme enfantine pendant plus de mille ans... Jamais la France n'aura été si grande, si noble, si généreuse. L'aide qu'elle a apportée au peuple serbe, son peuple frère en courage et en épreuves, constituera une des plus belles pages de son histoire. L'âme des héros du Kossovo est passée dans celle de nos fils»[67].

La profusion du patriotisme de Mathieu Fournier trouve une critique de type pacifiste sous la plume de Madeleine Vernet, secrétaire de rédaction à la revue d'éducation populaire La Mère éducatrice, en 1923 :

  • «Et voici maintenant que des livres spéciaux sont faits pour les écoliers et donnés dans les écoles, des livres écrits par des inspecteurs et inscrits sur les listes municipales. Ces livres ont pour but d'apprendre la guerre à nos enfants. J'ai là, sous les yeux, un de ces livres : Histoire de la Grande Guerre racontée à deux enfants, par M. Fournier, directeur d'école. Il n'y est question que de la barbarie allemande. Les "boches" (devrait-on employer ce mot dans les écoles) sont présentés comme des brutes inintelligibles, à l'esprit épais, aux instincts féroces. C'est à la fois haineux et inexact»[68].

Le rôle social de l'instituteurModifier

Mathieu Fournier avait appris la langue allemande dans sa jeunesse, il avait séjourné en Suisse alémanique, à l'école normale d'instituteurs de Küsnacht. Il n'y avait donc aucun anti-germanisme dans son esprit.

Mais la guerre a stimulé un patriotisme d'hostilité très fort à l'égard des Allemands. Attentif aux drames familiaux engendrés par les armes déchaînées, à la tristesse des enfants qu'ils touchent et aux tourments des réfugiés de guerre, il ne peut détacher son métier d'instituteur des défis de son époque. L'éducation patriotique en est partie intégrante.

  • «Nous, les instituteurs français, qui avons modelé l'âme du combattant d'aujourd'hui, qui avons sauvegardé son idéal, qui avons été les modestes artisans de la pensée nationale, nous pouvons bien aussi nous réjouir de notre œuvre. Avant vous, mes enfants, d'autres écoliers se sont assis sur les mêmes bancs que vous occupez. Ils se battent, à cette heure, et, s'il neige, s'il fait froid, s'ils dorment mal, s'ils sont las, si leur sommeil est troublé par les alertes, si leurs corps est mis à une dure épreuve, ils savent, tant ils ont l'âme bien trempée, que rien de pourra les arrêter dans l'accomplissement de leur tâche sacrée et qu'ils iront jusqu'au bout. C'est qu'en eux, l'Histoire parle ; des noms se lèvent du fond de leur mémoire et ces noms disent : Bouvines ! Valmy ! Iéna !... La Marseillaise échevelée embouche ses trompettes et fait retentir à leurs oreilles ses mâles accents»[69].

Délégué local de la Ligue françaiseModifier

 
Ligue française, Saint-Chamond, 1918.

Dans le prolongement de son patriotisme d'auteur, Mathieu Fournier devient délégué de la Ligue française et probablement fondateur de sa section locale dans le canton de Saint-Chamond[70].

La Ligue française - à ne pas confondre avec la Ligue des patriotes fondée par Déroulède puis dirigée par Barrès, ni avec la Ligue de la patrie française, mouvement antidreyfusard - a été créée en mars 1914 par l'historien Ernest Lavisse, le général Pau et Émile Bertin.

Le 16 mars 1918, Mathieu Fournier écrit au maire de Saint-Chamond, François Delay, pour lui proposer la présidence d'honneur du comité de la Ligue française du canton de Saint-Chamond[71].

Il devait partager cette fonction avec MM. Joannon, conseiller général ; Ravisson, directeur des Aciéries ; Suel, directeur des Manufactures réunies ; Oriol, ancien député ; et le curé-archi-prêtre de la ville :

  • «C'est, comme vous le voyez, en dehors des partis et sous les auspices de l'Union sacrée que se constitue et veut agir la Ligue française», précise Mathieu Fournier.

La culture d'un instituteurModifier

Dans la plupart des localités où Mathieu Fournier a exercé, il n'était question de fréquenter ni le théâtre ni le cinéma, quasi inexistants (à Saint-Chamond, cependant, il y avait la salle Variétés-Cinéma[72]) . La culture de l'instituteur est donc principalement livresque.

À l'âge de 21 ans, jeune instituteur, Mathieu Fournier semble partager ses lectures entre les manuels de pédagogie et la culture littéraire. Ainsi, dans ses Souvenirs d'un instituteur, il rapporte :

  • «J'étais alors tout pénétré de Vessiot[73] et ses livres, De l'Éducation[74] et De l'Enseignement[75], étaient mes livres de chevet. Lentement, en moi, mûrissait la pensée du maître, mais, pas une fois, avant de me coucher, je n'ai omis de lire quelques pages d'Henri Heine, dont j'avais rapporté les œuvres de Zurich»[76].

À Roanne, il retrouve d'anciens condisciples de l'École normale de Montbrison : «Les souvenirs de l'École n'étaient point encore effacés en nous. Nous étions tous plus ou moins férus de poésie et de musique. Quand je pense que certains de nos jeunes maîtres s'intoxiquent aujourd'hui avec des théories délétères et barbares, c'est Molière, Racine, Hugo, Lamartine et Musset qui emplissaient alors nos pensées»[77].

Lors d'un déménagement, il évoque les livres que son jeune fils fait tomber dans une caisse pour les ranger : Montaigne, Vacquant[78], Larousse, Musset, Hugo, Rabelais, Madame de Sévigné, «ce polisson de Voltaire», le géographe Vidal de La Blache, l'historien Michelet «dans son édition elzévir»[79].

 
Aristide Briand, vers 1900.

Quand Aristide Briand vient parler dans une réunion à Saint-Julien-en-Jarez, pour les élections législatives de 1902, Fournier fait cette remarque : «Je pus suivre en toute tranquillité l'argumentation du candidat. J'avais lu Proudhon et connaissais tous les griefs que les théoriciens du communisme peuvent élever contre le régime capitaliste»[80].

Et la retraite venue, tout en regrettant que «plus jamais quelque étincelle de ces génies ne viendra tomber sur le cœur d'un enfant, jadis confié à tes soins», il évoque ses «auteurs de prédilection» : Musset, Victor Hugo, Lamartine, et «la prose ardente de Michelet», «la langue magnifique de Flaubert», «la pensée incisive de Taine»[81].

La culture de l'instituteur Fournier est intimement liée à son métier, elle procède des exigences de transmission des connaissances et d'une morale de vie humaniste, comme il s'en aperçoit à la retraite :

  • «Et voici que se révèle, pour la première fois, ce qui fut si longtemps l'orientation de mon esprit. Ces longues lectures, ces investigations dans le domaine scientifique où je me complaisais, ces regards aigus que je promenais sur les êtres et les choses qui m'entouraient, les émotions que me procurait une visite au Louvre ou au Luxembourg, cette soif de connaître, ce besoin de vérité, cette armature de faits précis, d'observations personnelles que je m'étais constituée à grand'peine, tout cela constituait la matière vivante de mon enseignement»[82].

La dernière leçonModifier

Dans son dernier ouvrage, Tableaux de la vie saint-chamonaise (1949), Mathieu Fournier parle de lui sous le nom de «Jean de la Rive». Il dresse le bilan d'une vie de dévouement et de fidélité. Et livre sa «dernière leçon».

 
Tableaux de la vie saint-chamonaise, 1949.
 
Tombe de Mathieu Fournier, 2016.

« Qui ne connaît, à Saint-Chamond, ce vieux maître d’école qui, pendant près de quarante ans, a élevé des générations d’enfants et leur a versé, dans l’âme et dans le cerveau, ce qu’il avait en lui de plus précieux, un peu de science et beaucoup de bonté ?

Un élève était pour lui un fils. D’un cœur toujours ému, il le recevait des mains d’une mère, il l’adoptait aussitôt, lui souriait et, quand il l’avait apprivoisé, cherchait à découvrir le mystère de ses yeux innocents. Et, tout doucement, sans jamais l’abandonner, il l’inclinait vers l’effort, le bien, le devoir.

Mais pourquoi essayer de vous retracer ce que fut Jean de la Rive ? Interrogez ses anciens élèves devenus des hommes, des pères de famille, ils vous diront ce qu’il était.

Il n’est plus, à présent, qu’un long vieillard penché qui se promène, d’un pied mal assuré, le long des rues, contemplant une muraille qui fait surgir en lui les souvenirs du passé, suivant des yeux un jeune couple qu’enchante l’Amour, prenant plaisir aux jeux des bambins dépenaillés, qui seront peut-être, un jour, des héros, abordant d’un mot amical des ancêtres qui, dans leurs rides, leurs mains décharnées, portent l’empreinte des dévouements, des sacrifices, des abandons, des peines, des misères, parmi lesquels ils ont vécu.

Il aurait pu, comme tant de ses collègues, cacher à ses élèves sa décrépitude, aller chercher là-bas, les vastes horizons, baigner ses faibles yeux dans l’azur profond d’un soleil du Midi, entendre la musique des cigales et se laisser pénétrer par les parfums qui dévalent des coteaux brûlants vers la plaine. À toutes les exhortations des siens, il ne sait que répondre :

- J’ai vécu là, dans cette petite ville déshéritée et j’y mourrai. N’est-ce donc rien, pour ceux qu’on a pétris en quelque sorte, modelés, que de vouloir partager jusqu’au bout leur humble sort ? Si je ne suis plus, à présent, qu’une ruine, eux savent quelle flamme brûlait jadis en moi ! Leur tourner le dos, les quitter, quand mes forces m’abandonnent, ce serait une lâcheté, une trahison ! On ne se donne pas deux fois. Je me suis donné à eux et leur reste fidèle. Qu’ils voient au moins comment finit un homme qui a accompli, de son mieux, une grande tâche et qui descend au tombeau simplement, en pardonnant à tous, même aux méchants qui ne savent pas ce qu’ils font. Ce sera ma dernière leçon, la meilleure…[83] »

PublicationsModifier

Sous le nom de Mathieu FournierModifier

ContesModifier

  • Contes héroïques. L'Auberge du diable. Clair-de-lune. José de Barbaste. L'Oncle Cyprien. La Vengeance de Claude. Fais ce que dois. Le Fils, (avec É. Gillet), éd. Gedalge, Paris, 1900.
  • Le Petit tambour de 1805, album pour enfants, illustrations par Job, éd. Hachette, Paris, 1902.
  • Contes du samedi, préface de Maurice Bouchor, éd. Gedalge, Paris, s.d. (vers 1910 ou avant).

Romans, récitsModifier

 
Le roman d'un petit verrier, 1925.
  • Les mineurs du Gier, Saint-Étienne, 1901.
  • Le roman d'un gamin, éd. Gedalge, Paris, 1901.
  • Pages de guerre : carnet d'un instituteur, préface Denis Ginoux (inspecteur d'académie), éd. Librairie de La Loire républicaine, 1917.
  • Journal d'un écolier, éd. Librairie Gedalge, Paris, 1921.
  • Le roman d'un petit verrier, ill. de Clérice, éd. Gedalge, Paris, 1925.
  • La vallée ardente. Scènes de la vie populaire, éd. Dubouchet (Saint-Étienne), Bordron (Saint-Chamond), 1938.
  • Les forgerons, roman, éd. Dubouchet (Saint-Étienne), Bordron (Saint-Chamond), 1939.
  • Tableaux de la vie saint-chamonaise, éd. Librairie A. Bordron, Saint-Chamond, 1949.

ÉtudesModifier

  • L'essor d'une ville ouvrière : l'œuvre sociale des municipalités de Saint-Chamond, 1934.
  • La vie d'une cité. Impressions d'Izieux, impr. de La Loire républicaine, 1936.
  • Un instituteur laïque : Arthur Blancard, 1937.
  • Guillaume Roquille, poète ripagérien (1804-1860), 1942.

Ouvrages scolairesModifier

 
Mathieu Fournier, Syllabaire illustré.
  • Syllabaire illustré de la méthode rapide de lecture et de langage, Gedalge, 1910.
  • 54 lectures graduées, deuxième livre de lecture courante à l'usage de la 1re année du cours élémentaire et des classes correspondantes des lycées et collèges. Récits moraux et instructifs, leçons de choses, entretiens, éd. Librairie Gedalge, Paris, 1920.
  • Pour notre France ! histoire de la «Grande guerre» racontée à deux enfants. Livre de lecture courante. Cours élémentaire et moyen, éd. Librairie Gedalge, Paris, 1920.
  • Les Lectures des petits. Premier livre de lecture courante à l'usage des classes enfantines, des cours préparatoires et élémentaires des écoles primaires et des classes primaires des lycées et collèges, par M. Fournier, directeur d'école primaire. Morale pratique, exercices d'intelligence, vocabulaire. 42 récits. 42 causeries. 72 gravures, 11e édition, Gedalge, 1926.
  • Cours élémentaire (1ère et 2e année), Le Vocabulaire des écoles..., 19e édition, Gedalge, 1927.
  • Nouveau cours de langue française. Méthode inductive basée sur l'observation. Grammaire et vocabulaire. Analyse et élocution. Étude de la phrase. Préparation à la composition française. Cours élémentaire. Classes correspondantes des lycées et collèges, éd. Fernand Nathan, 1929.
 
Souvenirs d'un instituteur.

Sous le pseudonyme de Jean ChâtelusModifier

  • Souvenirs d'un Stéphanois, sous le pseudonyme de Jean Châtelus, Saint-Étienne, 1928.
  • Souvenirs d'un instituteur, sous le pseudonyme de Jean Châtelus, Saint-Étienne, 1931.
  • Souvenirs d'un normalien, sous le pseudonyme de Jean Châtelus, Saint-Étienne, 1932.

Ces ouvrages de Mathieu Fournier n'ayant pas été versés au Dépôt légal de la Bibliothèque nationale, sont devenus quasi introuvables, à l'exception de fonds spécifiques de bibliothèques locales comme Roanne ou Saint-Chamond.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Lors du mariage de son fils, en 1893, sa profession indiquée est : armurier.
  2. Archives départementales de la Loire, état civil de Saint-Étienne.
  3. Archives départementales de la Loire, registres matricules du recrutement militaire, 1888, n° 910. Visualiseur.
  4. Cf. «Dès 1805, les frères des écoles chrétiennes s'installent à Saint-Étienne», Pascal Bigay, Le Progrès, 5 avril 2015.
  5. Ensemble scolaire Lasalle à Saint-Étienne, historique.
  6. a b c et d Gilbert Gardes, «Mathieu Fournier, 1868-1963», association Mémoire sculptée.
  7. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 13.
  8. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 16.
  9. a et b Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 23.
  10. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 29.
  11. Mathieu Fournier est à Charlieu durant l'année scolaire 1890-1891. Cf. recensement de Charlieu, 1891, archives départementales de la Loire ; visualiseur, p. 16. Il habite au n° 13 de la rue du Calvaire.
  12. a et b Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 51.
  13. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 68-69.
  14. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 72 et 83.
  15. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 72.
  16. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 78.
  17. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 92.
  18. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 113.
  19. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 171.
  20. En réalité, le premier-né est né à Saint-Paul-en-Jarez en juillet 1897 et non à Saint-Julien.
  21. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 116.
  22. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 175-176-177.
  23. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 178.
  24. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 191.
  25. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 192.
  26. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 185.
  27. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 215.
  28. Archives départementales de la Loire, recensement de population, Saint-Chamond, 1906 ; visualiseur, p. 81.
  29. a et b Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 271.
  30. Maurice Bouchor, préface aux Contes du samedi, p. 8.
  31. a et b Ville de Saint-Chamond, état civil.
  32. Marie-Antoinette Exbrayat est née le 4 mars 1866 ; c'est la fille d'un cordonnier.
  33. Archives départementales de la Loire, état civil de Rive-de-Gier, mariages, 1893, p. 99.
  34. Archives départemental de la Loire, état civil de Saint-Paul-en-Jarez, naissances, 1897.
  35. Archives départementales de la Loire, état civil de Saint-Julien-en-Jarez, naissances, 1898.
  36. Archives départementales de la Loire, état civil de Saint-Julien-en-Jarez, naissances, 1901.
  37. La Dépêche tunisienne, 10 avril 1900.
  38. a et b Cf. François Arnoulet, «Louis Machuel, 1848-1908», memoireafriquedunord.net.
  39. La Dépêche tunisienne, 30 avril 1900.
  40. Bulletin de la Société de géographie commerciale de Paris, 1900, p. 427.
  41. Bulletin de la Société de géographie commerciale de Paris, 1900, p. 479.
  42. a b c d e et f «Mathieu Fournier (1868-1963). Auteur du texte», data.bnf.fr.
  43. Le temps des instituteurs.fr, «Les maisons d'édition».
  44. La Revue d'histoire moderne et contemporain (tome XIV, 9e année, 2e semestre) disait que c'était «un ouvrage destiné avant tout aux enfants de nos écoles et à nos bibliothèques populaires» et évoquait «la grande diffusion que ce livre peut être appelé à avoir, par le fait même de sa destination».
  45. «Un panthéon républicain à l’usage des élèves méritants : Nos grands Républicains du XIXe siècle de Marie Laubot», Trames, n° 7, 2000, p. 223-234.
  46. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 62.
  47. Cf. blog École normale de Montbrison, 130 ans au service..., «Auteurs».
  48. Cf. Association des Amis du vieux Saint-Étienne, inventaire de la bibliothèque.
  49. Cf. Musée du Vieux-Saint-Étienne, fonds francoprovençal, arpitan. Cf. aussi Études foréziennes. VI, le Forez linguistique, Centre d'études foréziennes, Saint-Étienne, 1973, p. 191.
  50. a et b La Loire républicaine, 13 octobre 1917, en ligne, visualiseur, p. 318.
  51. Émile Mas (peintre-graveur, 18..-1950), data.bnf.fr.
  52. Maurice Bouchor, préface aux Contes du samedi, p. 10.
  53. Journal d'un écolier, 1921, p. 10.
  54. Izieux est alors une commune limitrophe de Saint-Chamond ; depuis 1964, elle a fusionné avec celle-ci.
  55. Archives municipales de Saint-Chamond, sous-série 3Fi, photographies.
  56. «Ennemond Richard, 1806-1873», septembre 2010, Michel Renard, saint-chamond.canal.blog.
  57. «Germain Morel, maître de forges», Gérard Mathern, 7 avril 2015, Les Amis du vieux Saint-Chamond.
  58. Jules Duclos, maire de Saint-Chamond de décembre 1861 à novembre 1870. Cf. «Maires et conseils municipaux de Saint-Chamond».
  59. Tableaux de la vie saint-chamonaise, 1949, p. 30.
  60. Denis Ginoux, préface à Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 7.
  61. Denis Ginoux, préface à Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 8.
  62. Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 29.
  63. Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 28.
  64. Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 21, 31, 34, 36-37.
  65. Selon le maire de Saint-Chamond, l'Œuvre municipale du Paquet des prisonniers expédie mensuellement 1350 colis aux prisonniers originaires de Saint-Chamond ou des régions envahies, cf. La Loire républicaine, mardi 18 septembre 1917, visualiseur p. 232.
  66. Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 55-59.
  67. Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 41.
  68. «Comment on raconte la guerre à nos enfants», Madeleine Vernet, La Mère éducatrice : revue mensuelle d'éducation populaire, juin 1923, p. 87.
  69. «Enfants, souvenez-vous. À mes élèves», Pages de guerre. Carnet d'un instituteur, p. 60.
  70. Le bulletin La Ligue français de mars 1918, page 8, fournit une liste de nouveaux délégués dans laquelle apparaît le nom de Fournier, instituteur public, à l'adresse suivante : 7, rue Richard-Chambovet à Saint-Chamond.
  71. Archives municipales de Saint-Chamond.
  72. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 166.
  73. Alexandre Vessiot (1829-1908), agrégé des lettres en 1851, inspecteur général de l'enseignement primaire en 1886. Cf. Vessiot, Jean Baptiste Alexandre, Bibliothèque historique de l'éducation, n° 11, 1986, p. 634-635.
  74. Alexandre Vessiot, De l'Éducation à l'école.
  75. Alexandre Vessiot, De l'Enseignement.
  76. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 50.
  77. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 71.
  78. Il s'agit probablement de Charles Vacquant (1829)1895), mathématicien, inspecteur général de l'enseignement secondaire (sciences). Cf. Charles Vacquant (1829-1895), data.bnf.fr.
  79. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 98-99.
  80. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 141.
  81. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 276-277.
  82. Jean Châtelus (pseudo), Souvenirs d'un instituteur, 1931, p. 277.
  83. Mathieu Fournier, Tableaux de la vie saint-chamonaise, 1949, p. 9-10.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier