Mahavamsa

chronique bouddhique du Sri Lanka

Le Mahavamsa (sanskrit IAST : Mahāvaṃśa ; pāli : Mahāvaṃsa ; litt. la grande chronique[1]) est un texte en langue pāli relatant l'histoire des rois singhalais et tamouls de Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka). Il couvre une période qui s'étend de l'avènement du Prince Vijaya en 543 av. J.-C. au règne du roi Mahasena (277—304 apr. J.-C.). Il relate aussi l'histoire du bouddhisme[2].

Carte représentant (dans l’ordre des appellations successives de l’île): Taprobane, Ceylan, aujourd’hui Sri Lanka, dessinée par le cartographe Alain Manesson Mallet, dans l'ouvrage Description de l'Univers en 5 volumes, publiés en 1683-1686.
Carte de 1890, représentant l’ancienne capitale du Royaume d'Anurâdhapura (Ceylan-Sri Lanka), entre les IVe et Xe siècle (Illustration se rapportant au chapitre 14)
Des moines en adoration devant une dent de Bouddha, relique exposée au Temple de la Dent de Kandy (Ceylan-Sri Lanka), en 1880. (Illustration évoquant le chapitre 17)
Le Grand Stupa Ruwanwelisaya, construit par le roi Dutugemunu (terminé le -140 avant J.C), vue aérienne lors d’une cérémonie, le 5 octobre 2016. (Illustration se rapportant aux chapitres 28 et 29)

Le Mahāvamsa a été compilé au Ve siècle apr. J.-C. par le moine bouddhiste Mahānāma, oncle du roi Dhatusena d'Anurâdhapura (r. 455—473). Il s'inspire beaucoup d'un autre texte, le Dipavamsa.

Il a été imprimé pour la première fois en 1837, accompagné d'une traduction partielle en anglais, par George Turnour. Il a ensuite été traduit en allemand par Wilhelm Geiger en 1901, et de l'allemand en anglais en 1912 par Mabel Haynes Bode de la Pali Text Society (traduction revue par Geiger).

BouddhismeModifier

Le Mahāvamsa n'est pas considéré comme un texte canonique du bouddhisme. En revanche, c'est un document important pour connaître l'histoire de la religion de Sri Lanka, car il couvre une période qui commence pratiquement à l'époque du fondateur du bouddhisme, le bouddha Siddhartha Gautama.

Dans la mesure où il fait souvent référence à des dynasties royales en Inde, le Mahāvamsa permet aussi aux historiens de faire des recoupements avec le sous-continent. Il permet ainsi de dater la consécration de l'empereur Maurya Ashoka (règne 273-232 av. J.-C.).

Un troisième texte des chroniques, intitulé Cūlavaṃsa, relate l'histoire de Ceylan du IVe au XVIe siècle[3].

Les 37 chapitres du MahāvaṃsaModifier

La liste qui suit reproduit celles (identiques) des traductions de George Turnour et de Wilhelm Geiger[4]. Pour chaque titre, autant qu’il a été possible, les liens internes ont été insérés; à défaut, des notes explicatives ont été ajoutées:

  1. Visite du Tathāgata.
  2. Descendance de Mahasammata[5],[6].
  3. Premier concile.
  4. Deuxième concile.
  5. Troisième concile.
  6. Arrivée de Vijaya.
  7. Consécration de Vijaya.
  8. Le roi Panduvasudeva.
  9. Consécration d'Abhaya.
  10. Consécration de Pandukabhaya.
  11. Le roi Devanampiya Tissa.
  12. Conversion des pays.
  13. Arrivée de Mahinda.
  14. Entrée dans la capitale[7].
  15. Acceptation du Mahavihara.
  16. Cetiyapabbata Vihara[8],[9].
  17. Arrivée des Reliques.
  18. Réception de l'arbre de la Bodhi.
  19. Avènement de l'arbre de la Bodhi.
  20. Le Nibbāna des Thera[10].
  21. Les cinq rois.
  22. Naissance du prince Gamani[11].
  23. Levée des guerriers.
  24. Guerre des deux frères.
  25. Victoire de Duttha Gamani.
  26. Maricavatti-vihara.
  27. Lohapasada.
  28. Rassembler les moyens pour ériger un Grand Stupa[12].
  29. Construction du Grand Stupa.
  30. Chambre des Reliques.
  31. Enchâssement des Reliques.
  32. Le Paradis Tusita.
  33. Les dix rois.
  34. Les onze rois.
  35. Les douze rois.
  36. Les treize rois.
  37. Le roi Mahasena.

BibliographieModifier

TraductionsModifier

  • (en) The Mahavamsa, or The Great Chronicle of Ceylon, trad. Wilhelm Geiger, 1912 [5] [6]

ÉtudesModifier

  • (en) C. A. Gunarwardena, « Mahavamsa », in Encyclopedia of Sri Lanka, New Dawn Press, New Delhi, 2006 (2e éd.), p. 234-235 (ISBN 978-1932705485)

RéférencesModifier

  1. Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du Sanscrit, version DICO en ligne, entrée «Mahāvaṃśa», lire: [1]. Consulté le .
  2. (en) The Princeton dictionary of buddhism par Robert E. Buswell Jr et Donald S. Lopez Jr aux éditions Princeton University Press, p.512 (ISBN 0691157863).
  3. Encyclopædia Britannica, Historical Chronicle, article Mahāvaṃsa, lire en ligne : [2] ; Consulté le .
  4. Les titres des chapitres ont été traduits de l'anglais pour les besoins de cet article, car aucune traduction complète en français du Mahavamsa ne semble avoir été publiée.
  5. Dans le chapitre 2 est indiquée la généalogie complète du clan des Śākyas, dont est issu Siddhartha Gautama, à la suite de Mahasammata (ou Maha Sammata Manu, « Le Grand élu » (site CeyPearl.com, lire en ligne: [3]. Consulté le ).
  6. Voir également l’ article Mahāsammata (en) dans lequel Mahasammata est présenté comme ayant été le premier être humain du monde, et aussi le père de Ikshvaku (ou Okkaka), l’ancêtre primordial des Śākyas.
  7. Chapitre 14: Il s’agit de Anurâdhapura, la capitale du royaume fondé par Devanampiya Tissa, le roi déjà mentionné au chapitre 11.
  8. Chapitre 16 : Cetiya: il s’agit d’un des temples sous roche d’Asie.
  9. Chapitre 16: le terme Vihara désigne un monastère: Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du Sanscrit, version DICO en ligne, entrée « vihāra », lire: [4]. Consulté le .
  10. Chapitre 20 : nibbāna (pāli), nirvāṇa (sanskrit IAST) des « anciens » (Thera), terme désignant les moines du bouddhisme theravāda.
  11. Les chapitres 22 à 27 se rapportent au roi cinghalais Dutugemunu, qui régna de -161 à -137 avant notre ère.
  12. Le Grand Stupa mentionné dans les chapitres 28 et 29, est le stupa Ruwanwelisaya, situé dans le district d'Anurâdhapura, au Sri-Lanka

Liens externesModifier