Macroinvertébré benthique

Les macroinvertébrés benthiques sont les invertébrés du benthos qui atteignent à l'âge adulte une taille macroscopique (plus de 0,5 mm (ils sont donc visibles à l’œil nu).

Ils forment des communautés et jouent un rôle écosystémique important, notamment par ce qu'il comportent de nombreuses espèces qui sont des décomposeurs et par ce qu'ils constituent une partie très significative du réseau trophique aquatique, entrant dans le régime alimentaire de nombreuses espèces de poissons, d’oiseaux et d’amphibiens, etc.

SubclassificationsModifier

On distingue généralement :

  1. les macroinvertébrés benthiques dulcicoles (d'eau douce) et d'eaux saumâtres ou salées ; En eau douce ce sont surtout des insectes aquatiques ou dont la larve est aquatique (ce sont alors les formes larves et nymphes qui sont retrouvées dans le benthos) et quelques crustacés. Dans les eaux salées ce sont surtout des crustacés, des vers, des mollusques ;
  2. ceux qui colonisent des substrats mous et/ou durs  ;
  3. ceux qui à l'âge adulte sont fixés ou mobiles.

Selon leurs positions par rapport au fond, on regroupe aussi les macroinvertébrés en 3 compartiments :

  1. Les macroinvertébrés épibenthiques, qui vivent à l’interface entre l’eau et le sédiment tels que les larves d’insectes, les isopodes et les mollusques.
  2. Les macroinvertébrés suprabenthiques, qui vivent au contact du sédiment mais qui peuvent aussi devenir pélagiques en se déplaçant dans l’eau (exemple d’organismes : larves de diptères et crustacés amphipodes)
  3. Les macroinvertébrés endobenthiques, qui sont des organismes fouisseurs tels que les oligochètes, les nématodes et en eau douce les tubifex et larves de chironomes.

Selon leur mode principal d'alimentation on distingue des espèces végétariennes, bactériophages, prédatrices du micro-benthos et/ou du macro-benthos, des filtreurs ou encore des invertébrés détritivores que l'on classe en groupes trophiques On distingue généralement 5 groupes trophiques  :

  1. Filtreurs (ex : bivalves, ostracodes, chironomes…) : filtrent de fines particules en suspension dans l’eau.
  2. Prédateurs (ex : nématodes, oligochètes, odonates, hémiptères, trichoptères…) : se nourrissent de zooplancton (cladocères, copépodes) ou d’autres macroinvertébrés benthiques.
  3. Détritivores (ex : nématodes, oligochètes, éphémères, trichoptères, chironomes…) : se nourrissent de détritus, de cadavres et de matières organiques dissoutes.
  4. Herbivores (ex : éphémères, coléoptères, chironomes, gastéropodes…) : se nourrissent principalement de macrophytes et d’algues.
  5. Omnivores (ex : éphémères, coléoptères, chironomes, gastéropodes…) : se nourrissent à la fois de débris végétaux et de débris animaux.

Dans les zones forestière, les estuaires, les littoraux, les lacs peu profond, les décomposeurs sont généralement dominants.
Dans les cours d’eau ou lacs oligotrophes et bien ensoleillés, les herbivores sont dominants.

ÉcologieModifier

Zonation des communautésModifier

Hormis pour quelques espèces parasites ou plus ubiquistes, elle se fait souvent selon des facteurs géophysiques tels que la profondeur, la force du courant, le type et la granulométrie du substrat, de quantité de lumière, la transparence des eaux(qui dépend de la turbidité), son degré d'eutrophisation, ou encore selon la durée d'émersion (zone intertidale, zone humide temporaire...) ;

Pour les espèces marines, on distingue

  1. la zone littorale peu profonde, qui est aussi généralement la plus diversifiée, riche en de macroinvertébrés épibenthiques (gastéropodes, larves d’éphémères et de trichoptères…) ;
  2. une zone sublittorale un peu plus profonde où les conditions de température, oxygène, illumination, répartition des algues sont très changeante selon la saison, l'heure du jour, la marée, la lune, etc. , les macroinvertébrés y sont un peu moins présents.
  3. une zone profonde, moins diversifiée

Cycle biologiqueModifier

C'est l’ensemble des étapes qu'un macroinvertébré traverse au cours de sa vie. Il varie selon les espèces de macroinvertébrés, et parfois aussi selon la richesse trophique du milieu.

Un cycle s'étend ainsi sur quelques mois à plusieurs années.

UtilisationsModifier

Ce sont :

  • des sources de nourriture pour l'homme (ex : moules et huitres et d'autres mollusques bivalves ou gastéropodes en particulier), qui peuvent être cultivées (c'est une des formes de la mariculture[1]).
  • des bioindicateurs parfois, utilisés pour des évaluations environnementales[2],[3] et des protocoles de suivi temporel stationnel[4].

Notes et référencesModifier

  1. McKindsey, C. W. (2005). La mariculture: peut-elle augmenter la productivité des écosystèmes. Nat. Can, 130, 69-73.
  2. DHAINAUT-COURTOIS, N., & PRUVOT, C. (2004). Vers une évaluation plus performante de la dangerosité réelle des boues de dragage des ports maritimes grâce à l'utilisation combinée d'Indices biologiques (IB et IMEM) et de Scores de risques (Sr). Caractérisation d'Indices de qualité environnementale et d'écotoxicité (Iqétox). Site internet http://www. eau-artois-picar-(lie. fr/etude/basefiqetoxfindex
  3. Gaillard S (1999) Les macroinvertrébrés benthiques de la mer du Nord et de la Manche orientale, témoins de la qualité de leur environnement: inventaire et caractérisation (Doctoral dissertation).
  4. Garcia A, Desroy N, Le Mao P, & Miossec L (2014) Protocole de suivi stationnel des macroinvertébrés benthiques de substrats meubles subtidaux et intertidaux dans le cadre de la DCE-Façades Manche et Atlantique - Rapport AQUAREF 2014

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Marín Leal, J. C. (2007). Interactions trophiques entre l’huître creuse Crassostrea gigas et les suspensivores benthiques dans deux écosystèmes intertidaux en Basse-Normandie: utilisation des isotopes stables naturels (δ13C, δ15N) et des profils acides gras (Doctoral dissertation, Caen) (résumé.