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Lidia Mizinova

Lidia Mizinova est une actrice de théâtre, chanteuse russe de la fin du XIX, début du XX
Mizinova Lidia

Lidia Mizinova ou (selon son diminutif) Lika Mizinova (en langue russe : Мизинова, Лидия Стахиевна) épouse Sanina, née en Russie le 8 mai 1870 dans le village de Podsosene (près de Tver), et décédée le 5 février 1939 à Paris en France, est une chanteuse russe, actrice de théâtre, traductrice, essayiste, critique littéraire et de théâtre. Amie intime d'Anton Tchekhov, elle est le modèle de cet écrivain pour le personnage de Nina Zaretchna dans sa pièce La Mouette.

BiographieModifier

Elle est née dans le village de Podsosene où son grand-père, Alexandre Tikhonovitch, possède un domaine. Elle a deux sœurs : la cadette était une excellent pianiste. Son aînée hérite du domaine du grand-père. Ce dernier est lieutenant-colonel, époux d'Anna Serguéevna Somova[1] Dans sa jeunesse, durant son service militaire chez les lanciers de Sibérie, il appartenait au cercle des amis d'Alexandre Pouchkine à l'époque où il était caserné à Bejetsk[2].

Lidia passe son enfance dans cette propriété, sous la garde de sa grande-tante Sofia Johanson. Elle obtient un diplôme d'études moyennes à la fin des années 1880[3]. Devenue professeur de langue russe dans un lycée de jeunes filles, elle y rencontre Maria Tchekhova, qui devient son amie proche et le reste de nombreuses années. À l'automne 1889, Lidia est invitée dans la famille Tchekhov. Anton Tchekhov est déjà un écrivains réputé à cette époque. Présentée à l'entourage de l'écrivain, on lui donne le diminutif de Lika. Lika exerce de multiples professions. Outre ses activités au lycée elle donne des cours particuliers de français, est employée à la Douma de Moscou, fait de la traduction de l'allemand, essaye de devenir modiste. Mais elle ne se retrouve dans aucune de ces professions. Ses contemporains lui accordent deux qualités certaines : sa beauté et ses talents pour la musique.

«  Lika était une jeune fille d'une grande beauté. C'était la « La Princesse cygne » des contes russes. Ses cheveux blonds bouclés, ses beaux yeux gris sous des sourcils foncés, sa féminité, sa douceur, son rejet des minauderies, sa simplicité presque austère la rendaient charmante. Mais elle ne semblait pas se rendre compte combien elle était belle. Elle était offensée et honteuse lorsque les amis artistes de la compagnie de Sofia Kouvchinnikova faisaient allusion de manière impudente à sa beauté. Mais elle ne pouvait pas empêcher que l'on se retourne sur elle dans la rue ou la dévisage au théâtre  »

En 1894, un écrivain à la mode, marié et séducteur invétéré, ami de Tchekhov[4], Ignati Potapenko, fait la connaissance de Lika à Melikhovo, dans la propriété de la famille Tchekhov. Lika est désespérément amoureuse d'Anton Tchekov. Mais sa relation avec Ignati se poursuit, non sans les encouragements de Tchekhov. Bientôt les amants partent pour Paris. Là, Lika donne naissance à un enfant qui meurt en bas âge. Potapenko retourne en Russie chez sa femme et menace de se suicider. Apprenant la naissance de l'enfant Tchekhov traite Potapenko de « cochon » dans une lettre privée. Plus tard, Tchekhov reprendra comme modèle le couple Lika-Potapenko pour sa pièce La Mouette dans le rôle de Trigorine et de Nina Zaretchnaia.

En 19011902, elle termine ses cours de chant et joue sous le pseudonyme de « Lika » au théâtre Dramatique de Moscou.

En 1902 elle abandonne la scène et se marie avec l'acteur et metteur en scène du Théâtre d'art de Moscou, Alexandre Sanin, qui devient plus tard un metteur en scène d'opéra réputé.

En 1922 elle quitte son mari et part à l'étranger. Elle n'a pas d'enfant. Elle meurt de tuberculose le 5 février 1939. Elle est enterrée à Paris, au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois ensemble avec Catherine Akimovna Sanina (1872—1956) de la famille de son ancien mari[5].

RéférencesModifier

  1. (ru) Sur les traces de Pouchkine Евгений Петренко — По дороге с Пушкиным. Газета «Тверская жизнь», сентябрь 2007 г.
  2. (ru) Pouchkine et son entourage/ Черейский, Л. А. Пушкин и его окружение. — Москва, Московский рабочий, 1985 г.
  3. C'était le plus haut niveau d'étude auquel les femmes pouvaient avoir accès à cette époque. Le niveau est celui du baccalauréat
  4. Potapenko avait fait la connaissance de Tchekhov, en 1889, à Odessa. À partir de 1893, devenus amis, ils voyagent ensemble en Russie et s'invitent dans leurs propriétés
  5. {http://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=82270363.}28-09-16

Потапенко, Игнатий Николаевич

Article connexeModifier