Lagune Ébrié

La lagune Ébrié, parfois appelée lagune Ahizi, est une lagune à eau saumâtre située en Côte d’Ivoire autour de laquelle est construite notamment la capitale Abidjan. Sa surface est d’environ 560 km², avec une largeur maximale de 7 km, une profondeur moyenne de 4,8 m, une profondeur maximale de 20 m[1] et une longueur de 130 km (en direction est-ouest).

Coucher de soleil sur la lagune Ébrié. La Cité administrative d’Abidjan est visible à l’horizon.
Bus empruntant le bac de N'Dyéni en 2014, avant l'achèvement du pont Philippe-Yacé.

Les affluents principaux sont l’Agnéby, la (à travers la lagune Potou) et la Comoé. La lagune est reliée au golfe de Guinée par le canal de Vridi, construit pour permettre l’ouverture du port d’Abidjan vers l'océan Atlantique. À l’ouest, la lagune est reliée au Bandama et à la lagune de Grand-Lahou par le canal d’Asagni qui traverse le parc national d’Asagni. À l’est, elle est connectée avec la lagune Ouladine et la lagune Potou. La connexion naturelle entre lagune et mer au niveau de l’estuaire de la Comoé a été colmaté naturellement à la suite du percement du  canal de Vridi[2]. De temps en temps, le projet de rouvrir cette embouchure est évoqué[3],[4].

Les villes d’Abidjan, de Grand-Bassam, de Bingerville et de Dabou la bordent. Une partie d’Abidjan (les communes Treichville, Marcory et Koumassi) se trouve sur une île dans la lagune Ébrié. Les autres îles d'importance sont l’île Boulay, l’île Vitré, l’île Désirée et l’île Morin.

Une pirogue sur la lagune Ébrié

Quatre ponts traversent la lagune : Le pont Félix-Houphouët-Boigny, le pont Général-de-Gaulle et le pont Henri-Konan-Bédié sont situés à Abidjan. Pour sa part, le pont Philippe-Yacé se trouve à mi-chemin entre Jacqueville et Abidjan et permet de désenclaver toute la zone autour de Jacqueville, qui est situé sur le cordon littoral entre la lagune et l’Atlantique, et pour laquelle ce point constitue l'unique voie routière.

HistoireModifier

Au XIXe siècle, l'économie de la lagune Ébrié est consacrée à la traite de l'huile de palme autour de laquelle s'organise une véritable division du travail. Sui les quatre groupes ethniques qui peuplent le pourtour de la lagune, deux sont ainsi spécialisés dans la production d'huile, le troisième fait l'intermédiaire entre les navires de commerce européens et les producteurs tandis que le dernier se consacre à la pêche pour vendre son poisson aux producteurs d'huile[5].

La création d'un port en eaux profondes et le percement du littoral furent les grands chantiers de l'époque coloniale[5]. Parallèlement, des canaux de jonction sont établis entre trois systèmes lagunaires soit, d'ouest en est : Grand-Lahou, Ebrié et Aby. Ces canaux permettent d'avoir une voie d'eau navigable de près de 280 km parallèle au cordon littoral. Il a fallu creuser deux canaux : d'abord le canal d'Assagny entre la lagune de Grand-Lahou et l'ouest d'Ébrié (1912-1918), puis le canal d'Assinie après la Seconde Guerre mondiale (entre la région de Grand-Bassam et la lagune d'Assinie, elle-même en communication avec la lagune Aby)[5].

EconomieModifier

La pêche est pratiquée dans la lagune.

EnvironnementModifier

En général, le bord naturel est plutôt marécageux : Il y a des zones étendues de mangroves, dominés par l’espèce « Rhizophora racemosa » accompagné par « Acrostichum aureum » (la fougère dorée), qui sont chaque fois plus menacés et diminués. Il y a aussi des plantes aquatiques invasives comme « Eichhornia crassipes » et « Salvinia molesta »[2].

Certaines parties de la lagune notamment au niveau des communes de Koumassi et Marcory sont en voie de disparition, car les habitants de ces communes remblayent la lagune avec les ordures ménagères pour construire des maisons insalubres[6].

 
Lagune Ébrié

RéférencesModifier

  1. (en) J.P. Vanden Bossche et G.M. Bernacsek, « Source book for the inland fishery resources of Africa Vol. 2 », sur www.fao.org, FAO, (ISBN 92-5-102984-9, consulté le 26 octobre 2019)
  2. a et b Jean-Jacques ALBARET et Jean-Marc ECOUTIN, Communication mer-lagune : impact d’une réouverture sur l’ichtyofaune de la lagune Ébrié (Côte d’Ivoire) (lire en ligne), p. 71
  3. « Embouchure de Grand-Bassam : le vice-président Daniel Kablan Duncan annonce une cité balnéaire touristique, culturelle et écologique d’ici a mi-2020 », sur gouv.ci, (consulté le 11 novembre 2019)
  4. « Les travaux d’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé lancés lundi à Bassam pour 38,42 milliards FCFA », sur Abidjan.net (consulté le 11 novembre 2019)
  5. a b et c Environnement et ressources aquatiques de Côte d'Ivoire : Les milieux lagunaires, t. 2, IRD Orstom, (ISBN 978-2709911368, lire en ligne), « Repères historiques »
  6. Hugette Akpoué, « Environnement - La lagune ébrié en danger », sur Avenue225, (consulté le 26 octobre 2019)