La Dame à la licorne (Raphaël)

peinture de Raphaël
La Dame à la Licorne
Lady with unicorn by Rafael Santi.jpg
Artiste
Date
Type
Technique
Technique Huile sur bois transposé sur toile
Dimensions (H × L)
65 × 51 cm
Mouvement
No d’inventaire
371Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Dame à la Licorne (en italien : Dama col liocorno) est un tableau attribué à Raphaël, datant de 1505-1506, conservé à la Galerie Borghèse à Rome.

Le tableau avant la restauration

HistoireModifier

Avant la restauration de 1935[1] l'œuvre comportait des retouches nécessitées par son mauvais état de conservation qui représentaient la dame avec les attributs de sainte Catherine d'Alexandrie[2],[3] : la roue dentée et la palme. Même les mains et le manteau avaient été rajoutés à la peinture originale. De ce fait, aucune certitude ne se dégageait sur l'auteur de cette toile, la critique avant la restauration était partagée quant à l'attribution de l'œuvre attribuée parfois au Pérugin (Piancastelli, 1891), Ridolfo del Ghirlandaio (Morelli, 1874), Francesco Granacci (Bernard Berenson), Andrea del Sarto (Adolfo Venturi, avec des doutes, 1893). Le nom de Raphaël s'est cependant dégagé des autres artistes florentins. Cantalamessa et ensuite Longhi (1928) l'attribuèrent à Raphaël. Une restauration de la peinture en 1934-1936 a confirmé l'hypothèse de l'historien Roberto Longhi et la suppression des lourdes reprises de peinture ont révélé la licorne.

En 1959, des radiographies réalisées lors de travaux de restauration sur la peinture ont confirmé qu'à l'origine, à la place de la licorne, symbole de la chasteté, la dame tenait sur ses bras un chien, symbole de fidélité conjugale[2]. Ortolani fit le rapprochement de la peinture avec un dessin conservé au Musée du Louvre en proposant d'identifier le personnage représenté comme Maddalena Strozzi, épouse de Agnolo Doni, de laquelle existe un portrait mieux documenté à la Galerie des Offices.

DescriptionModifier

Il s'agit d'un portrait en buste d'une dame assise devant une terrasse à colonnes ; un parapet coupe à moitié l'arrière-plan d'un paysage lacustre.

La dame est assise, tournée aux trois-quarts vers la gauche, le visage regardant frontalement le spectateur et portant une petite licorne.

L'habillement est celui d'une noble dame, un habit décolleté aux grandes manches pratiquement identique à celui de La donna gravida du palais Pitti. Les cheveux sont blonds, longs et tombants avec un petit diadème sur le front avec une coiffure qui encadre le visage, liant probablement quelques mèches sur la nuque. Au cou elle porte une chaîne dorée ornée d'un pendentif de rubis et d'une perle à goutte.

AnalyseModifier

La licorne, symbole de chasteté, est associée comme dans la mythologie médiévale, à une vierge, la seule pouvant l'apprivoiser.

Raphaël rend l'effet dit de la natura in posa[4], une position rigoureuse du personnage dans l'espace, étudiée avec soin, immobile physiquement et mentalement. Comme dans la plupart de ses portraits, Raphaël reproduit le physique de ses modèles en minimisant à l'extrême leurs traits psychologiques.

Attribution à RaphaëlModifier

Ce n'est que récemment que le tableau a été attribué définitivement à Raphaël et classé parmi l'un des meilleurs portraits exécutés par l'artiste.

BibliographieModifier

  • Pierluigi De Vecchi, Raffaello, Rizzoli, Milan, 1975.
  • Paolo Franzese, Raffaello, Mondadori Arte, Milan, 2008 (ISBN 978-88-370-6437-2)

Articles connexesModifier

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Claudio Strinati, Alba Costamagna Stato di conservazione, , éditeur EMA (Editech Multimedia Art)
  2. a et b Claudio Strinati, Alba Costamagna ,Storia , éditeur, EMA (Editech Multimedia Art
  3. Dans l'inventaire 1760 de la Galerie des Offices, le personnage de la peinture a été identifié comme sainte Catherine d'Alexandrie et attribué à Pérugin
  4. Pier Luigi de Vecchi (1981)

Liens externesModifier