Johan Van Heurne

professeur d'université

Johan Van Heurne, latinisé en Joannes Heurnius, né le à Utrecht et mort le à Leyde, est un médecin et philosophe naturel néerlandais.

BiographieModifier

D’une ancienne et illustre famille[1], Van Heurne, après avoir montré peu d’aptitude pour les sciences jusqu’à l’âge de quinze ans, quoiqu’il étudiât avec beaucoup de zèle, il montra des dispositions et des aptitudes extraordinaires pour la médecine, qu’il étudia, à l’université de Leyde, puis à Paris, sous Jean Duret, et enfin sous Girolamo Fabrizi à l’université de Padoue où il fut examiné par ce dernier et Pierre de La Ramée pour l’obtention, en 1566, de son doctorat en médecine[2]. L’un des professeurs de Padoue voulut lui céder sa chaire, et lui donner sa fille en mariage, mais il dut quitter précipitamment et secrètement l’Italie, pour avoir donné quelque preuve de calvinisme.

À son retour à Utrecht, il se déclara ouvertement protestant et on lui proposa plusieurs charges, qui l’auraient éloigné de la profession de la médecine. Il fut ainsi quelque temps échevin, mais son penchant l’emporta, et il devint médecin du comte d’Egmond et de Noircarmes, gouverneur de la province d’Utrecht pour les Espagnols, ce qui lui permit d’échapper aux périls que couraient les protestants pendant les guerres de religion. Ayant guéri ce seigneur d’une jaunisse dont personne n’avait pu saisir la cause, il acquit une réputation qui le fit nommer professeur de médecine à l’université de Leyde, en 1581[3], et médecin de Maurice de Nassau. Sa réputation augmenta encore, lorsqu’il eut guéri la princesse Émilie, sœur de ce stathouder, qui voulait se laisser mourir de faim par amour pour le prince Emmanuel de Portugal.

Heurnius fut également le médecin de la plupart des grands seigneurs des Pays-Bas. Son enseignement attira un grand nombre d’étudiants à l’université de Leyde où il fut le premier à pratiquer des démonstrations anatomiques sur des cadavres humains. Il succomba à une rétention d’urine causé par des calculs rénaux, dont il souffrit beaucoup pendant plus de deux ans. Il avait écrit sur la grande comète de 1577, à l’époque où il était médecin à Utrecht. Il avait lu si souvent Hippocrate, qu’il le savait tout par cœur. Il passait pour un homme également savant et poli, qui joignait à une connaissance exacte de la médecine, celle de la littérature. Son fils, Otto Van Heurne, dit Othon Heurnius (1577-1650), a enseigné la philosophie et la médecine à Leyde.

PublicationsModifier

  • Institutiones medicinæ, Leyde, François Rapheleng, 1609.
  • Modus ratioque studendi eorum, qui medicinae operam suam dicarunt, Leyde, 1592, in-8°.
    Cet ouvrage contient d’ailleurs quelques observations anatomiques.
  • Praxis novœ medic. lib. III, 1587 et 1690, in-8°.
  • Demorbis humani capitis, 1594, in-4°; Leyde, 1602.
  • De morbis novis et mirandis, Epistola ; De morbis mulierum ; De humanafelicitate,1607, in-4°; De morbis ventriculi.
    On y a joint : Responsum nullum esse aquœinnatationem lamiarum indicium, item Oratio de medicinæ origine. Œsculapidum et Hippocratis stirpe ac scriptis, 1609, in-4°.
  • In Hippocratis de hominis natura libros II Commentar., 1609, in-4°.
    C’est un des meilleurs commentaires d’Hippocrate. Item, In libros IV de vietus ratione in morbis acutis, 1609, in-4°.

Tous les ouvrages de Heurnius ont été publiés par son fils Othon, Leyde, 1609, 11 vol. in-4° : on les y a réimprimés en 1658 à Lyon, in-f°.

Notes et référencesModifier

  1. Antoine Portal, dans son Histoire de l’anatomie et de la chirurgie (Paris, Didot, 1770), le dit fils d’un marchand de vin.
  2. (en) « Johannes (Johan van Heurne) Heurnius », sur Mathematics Genealogy page (consulté le ).
  3. (en) Tabitta van Nouhuys, The Age of Two-Faced Janus : the comets of 1577 and 1618 and the decline of the Aristotelian world view in the Netherlands, Leyde ; Boston, Brill, , 603 p. (ISBN 978-9-00411-204-9, lire en ligne), p. 189-200.

Sources bibliographiquesModifier

Liens externesModifier