Jean Nageotte

neurologue, neuroanatomiste et neuropathologiste français
Jean Nageotte
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Jean Nicolas Denis Eugène Nageotte, né à Dijon le et mort le à Paris, est un neurologue, neuroanatomiste et neuropathologiste français.

Sa carrièreModifier

Jean Nageotte est né au domicile de Jacques Barbier son aïeul maternel - 10, rue du Bourg, à Dijon. Il est le fils d’Eugène Nageotte, professeur au lycée de Châteauroux, alors âgé de 27 ans et de son épouse Marie Barbier âgée de 23 ans, sans profession. Il étudie d’abord la médecine à Besançon, puis termine sa formation à Paris où il devient Interne des Hôpitaux en 1889. Il obtient son doctorat à Paris en 1893 (avec une thèse consacrée au Tabes dorsalis) et il est ensuite nommé à Bicêtre en 1898.

En 1912, il succède à Louis Antoine Ranvier (1835-1922) à la Salpêtrière, au poste qui deviendra par la suite la chaire d’histologie comparée du Collège de France. Il restera durant sa carrière fidèle à la Salpêtrière qui lui donna la possibilité de poursuivre ses recherches. Son domaine de prédilection fut la neuroanatomie où il montra l’importance de l’anatomie microscopique. Mais il fut aussi un clinicien dévoué autant qu'un chercheur de premier plan. il fut durant sa carrière efficacement secondé et conseillé par sa femme Marie Nageotte-Wilbouchewitch, elle-même pédiatre réputée (elle fut Présidente de la Société de Pédiatrie). Travailleur acharné, malgré une surdité précoce qui s'aggravait inexorablement, il fuyait les mondanités. Doté d'un esprit très critique, parfois sévère et sarcastique, il était estimé de Joseph Babinski et Cajal. Il était, en dehors de la médecine, un fin connaisseur de la littérature classique.

À la suite d’un accident de bicyclette survenu en 1923, il resta paralysé du côté gauche et souffrit de douleurs chroniques et invalidantes, ce qui l'obligea à démissionner de sa chaire du Collège de France en 1937.

La fin de sa vie est assombrie par des malheurs familiaux : durant la Deuxième Guerre mondiale, il perd sa femme, l’une de ses filles est emprisonnée et son gendre est déporté par les Allemands. Lui-même est cependant témoin de la libération de Paris où il meurt 4 ans plus tard, âgé de 82 ans.

Ses travauxModifier

Il étudia de manière approfondie l’anatomie et la dégénérescence wallérienne des fibres nerveuses et consacra des travaux considérables à la fois cliniques et chimiques à la gaine de myéline et au tissu conjonctif. Il est aussi l'auteur d'études pionnières sur les greffes de nerfs.

Il décrivit les boutons terminaux des nerfs spinaux.

En association avec Babinski, il donna en 1902 la description du syndrome médullaire latéral et rédigea un ouvrage sur le liquide cérébro-spinal.

ÉponymieModifier

  • Syndrome de Babinski-Nageotte (ou de l'hémibulbe) qui se voit dans les lésions bulbaires unilatérales qui concernent la région medullobulbaire transitionnelle.
  • Noyau de Nageotte = Nucleus fasciculi ovalis.
  • Nerf radiculaire de Nageotte : autre nom anciennement donné à la racine postérieure (sensitive) où Nageotte avait localisé la lésion initiale du tabès.
  • Cellule de Nageotte : il s'agit d'une chambre de micro-numération des cellules du liquide céphalo-rachidien.

PublicationsModifier

  • Tabès et paralysie générale. Paris, Steinheil, 1893.
  • Contribution à l’étude du cytodiagnostic du liquide céphalo-rachidien dans les affections nerveuses. Tours, Maretheux, 1901.
  • Pathogénie du tabes dorsal. Paris, Naud, 1903.
  • La Structure fine du système nerveux. Paris, Maloine, 1905.
  • L’Organisation de la matière dans ses rapports avec la vie. Paris, 1922.
  • Morphologie des gels lipoïdes, myéline, cristaux liquides, vacuoles. Paris, Hermann, 1937.

Références biographiquesModifier

  • M.F. Thiébaut, Jean Nageotte (1866-1948) ». Presse méd 1948; 69: 837-838.
  • Anonyme, « Jean Nageotte (1866-1948) ». Bull Soc méd hôp Paris 1948; 64: 1264-1266.

Liens externesModifier