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Helen Taylor
J S Mill and H Taylor.jpg
Helen Taylor et John Stuart Mill
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
TorquayVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Beau-parent

Helen Taylor (née le à Londres et morte le à Torquay) était une féministe anglaise, fille d'Harriet Taylor Mill et John Taylor, mais aussi belle-fille de John Stuart Mill.

BiographieModifier

Helen Taylor était le troisième enfant et la seule fille d'Harriet Taylor Mill et John Taylor, partenaire dans une entreprise pharmaceutique. Elle ne reçut pas une éducation conventionnelle, elle se forma plutôt au contact de sa mère qu'elle accompagnait partout et de l'ami (puis époux) de celle-ci John Stuart Mill. Elle rêvait d'être actrice, mais sa mère et son beau-père le lui refusèrent longtemps. Finalement, elle fut autorisée à monter sur les planches en 1856, à condition d'être en permanence chaperonnée par son frère, de ne pas jouer à Londres de peur qu'elle fût reconnue et donc de porter un nom d'emprunt. Ce fut donc en tant que « Mrs Trevor » qu'elle fit des tournées dans le Nord de l'Angleterre et en Écosse pendant deux ans, jusqu'à la mort de sa mère. Elle ne remonta plus sur scène ensuite[1],[2].

Helen Taylor fut témoin, avec son frère Algernon, du remariage de sa mère en 1851 avec John Stuart Mill. Mill était un ami de la famille Taylor depuis les années 1830. Les enfants, et donc Helen, l'aimaient bien. Harriet Taylor quitta le domicile conjugal pour s'installer avec Helen à Walton-on-Thames. Helen accompagna sa mère dans tous ses voyages : de santé fragile, elle cherchait des climats chauds et secs[3]. Après le décès de sa mère à Avignon, Helen s'installa avec son beau-père jusqu'à la mort de celui-ci en 1873[1].

Avec John Stuart Mill, Helen Taylor s'engagea activement pour les droits des femmes, particulièrement pour le droit de vote. Elle rédigeait bien souvent toutes les lettres qu'« il » envoyait à ce sujet. Ils étaient d'accord sur le fait qu'il ne fallait pas faire de distinction entre femmes mariées et femmes célibataires en ce qui concernait le droit de vote, un sujet qui divisait le mouvement dans les années 1860. Dès 1865, elle fut invitée à la Kensington Society, le groupe de discussion féministe créé par Emily Davies ou Elizabeth Garrett Anderson qui se réunissait dans ce quartier de Londres chez Lady Amberley, la mère de Bertrand Russell (qui était le filleul d'Helen Taylor). En juin 1866, Mill présenta une « Lady's Petition » au parlement britannique. Helen Taylor en avait rédigé le texte, avec Barbara Bodichon. Elle fut très active dans la campagne pour recueillir les signatures et publia un article dans la Westminster Review pour soutenir la présentation du texte au parlement. Elle participa ensuite activement avec son beau-père à la lutte contre les Contagious Diseases Acts[1].

Une bonne partie de son travail dans les années 1860 et 1870 fut consacrée à l'édition des œuvres de Henry Thomas Buckle puis de John Stuart Mill après la mort de ce dernier[1].

En 1876, elle fut élue pour Southwark au London School Board (l'institution, créée par l’Elementary Education Act de 1870, qui s'occupait de l'enseignement élémentaire à Londres, avait accordé le droit de vote et de se présenter aux femmes). Réélue en 1879 et 1882, elle démissionna pour des raisons de santé en 1884. Elle lutta pour la gratuité de l'enseignement, la fin des châtiments corporels, la distribution de repas et vêtements gratuits pour les enfants pauvres ou le droit d'utiliser les locaux scolaires hors du temps scolaire. Elle réussit à obtenir le droit pour les parents issus des classes populaires d'être élus dans les conseils d'administration des écoles[1].

Elle s'engagea pour le Home Rule et la réforme agraire en Irlande (elle était vice-présidente de la Land Nationalisation League). Elle lutta aussi contre la chasse à courre. Elle aida au développement de l'enseignement des jeunes femmes, en soutenant financièrement les travaux d'Emily Davies, en payant les études de ses nièces ou en donnant la bibliothèque de son beau-père à l'université d'Oxford, en précisant que les salles devraient être des salles de travail réservées aux étudiantes[1].

Elle fit partie des fondateurs, en 1881, puis du comité directeur de la Democratic Federation. En 1885, elle se présenta aux élections législatives pour une circonscription du nord de Londres. Son programme était très radical : suffrage universel, salaire minimum, coopératives ouvrières, impôt progressif sur le revenu, gratuité de l'enseignement, mise hors la loi de la guerre et indépendance de l'Irlande. Elle ne put faire valider sa candidature, mais elle mena quand même une campagne qui reçut un soutien populaire important[1].

À la fin des années 1880, elle se retira de la vie publique et s'installa jusqu'en 1904 à Avignon dans la propriété qu'elle avait héritée de son beau-père. Elle revint en Angleterre et s'installa à Torquay où elle décéda et est enterrée[1].

Notes et référencesModifier

SourcesModifier