Héritage artistique de l'Empire chinois

« Une seule civilisation de l'âge du bronze - celle de la Chine - peut être considérée comme la première étape d’un long processus d’évolution culturelle qui s’est poursuivi sans aucune coupure notable [jusqu’à l’époque moderne] », Hugh Honour et John Fleming, Histoire mondiale de l’Art.

L’art chinois se développe sur quatre mille ans, tout en conservant ses formes caractéristiques et sa valeur immédiatement reconnaissable. Il se distingue de l’art égyptien par son aspect plus souple devant un art monolithique et colossal, à l’aspect rigide. Il prend ses fondements de l’admiration atemporelle des anciens pour la souplesse du bambou qui se plie sans se rompre et la force de la jade qui se rompt sans se plier; on retrouve aisément ces contrastes dans les techniques de l’art chinois où l’innovation se combine à la tradition dans un équilibre de styles nouveaux, techniques étrangères et retour de formes anciennes.

Cette civilisation extraordinaire nous a laissé un héritage culturel immense : dans ses œuvres d'art, à travers ses légendes populaires, suivant sa tradition littéraire... La Chine impériale nous transmet l'esprit d'un peuple immortel.

Héritage artistiqueModifier

Au IIIe  millénaire, apparaissent en Chine les vases en céramique, les coupes de porcelaine noire, ainsi que le travail de la jade. Cette dernière est une technique doublement remarquable : cette pierre est si dure qu'on ne peut lui donner forme et la décorer que par assemblage de plusieurs morceaux et non en la taillant; en plus, non présente en Chine, la pierre était importée d'Asie Centrale, ce qui témoigne d'un commerce florissant.

Aucune civilisation de l'âge du bronze ne porte mieux son nom que celle des Shang en Chine. Ils s'en servaient pour des récipients décorés destinés au culte des Ancêtres à la double fonction religieuse et sociale, des statues avec la technique de la cire perdue utilisée par les grecs, des ou les sculptures de figures animales monstrueuses : « les artistes chinois n'ont pas simplement créé des images composites à partir d'éléments humains et animaux rendus de façon naturaliste, comme le sphinx égyptien ou les taureaux ailés d'Assyrie : ils ont produit des hybrides beaucoup plus complexes en intégrant des griffes, des becs, des ailes, des écailles et de la fourrure pour créer ce que l'on pourrait appeler une mythozoologie »[réf. nécessaire].

Au XIe siècle av. J.-C.. la dynastie des Zhou succède à la dynastie des Shang. Les artistes chinois se concentrent désormais sur les arts ornementaux, largement utilisés pour montrer le prestige d'une classe. L'art votive évolue aussi considérablement, avec le travail des bas-reliefs sur les objets rituels. Dans les gravures et ronde-bosses, les représentations humaines prennent de l'importance : les corps sont encore figés mais sur le seuil d'accomplir un mouvement dans la tension et la position des bras et des jambes. L'art liée aux tombes est aussi profondément innovatrice : décorées avec des scènes de combats, rituels et chasse aux figures humaines et animales au style semblable à celui d'Asie centrale.

Les dynasties se poursuivent au fil des siècles, jusqu'à parvenir à celle des Qing. C'est sous celle-ci que la Chine prend son aspect actuel, que s'élèvent les temples chinois comme nous les connaissons. Fleurit l'art domestique : « le souci de raffinement technique des Chinois, dont l'effet sur la peinture aurait pu être si étouffant, trouvait un terrain plus favorable dans les arts décoratifs »[réf. nécessaire]. De là naît la légendaire perfection des porcelaines chinoises du XVIIIe, selon les experts jamais dépassée[1].

BibliographieModifier

  • Guy Belzane, La Chine des Han, TDC no 1083 [Périodique], , p. 3-48.
  • Damien Chaussende, Comment les Chinois voyaient le monde, L'Histoire no 42 [Périodique], L'Atelier des chercheurs, , p. 62.
  • Bruno D. Cot, Tous les chemins mènent aux Han,L'Express no 3303 [Périodique], , p. 90-95.
  • Danielle Elisseeff, Histoire de la Chine, Éditions du Rocher, 1997, (ISBN 2-268-02453-9)
  • Jacques Gernet, La Chine Ancienne, Presses universitaires de France, 1964
  • Christian Grataloup, Représenter le monde, Documentation photographique no 8084 [Périodique], , p. 2-64.
  • François Hauter, Le Figaro no 19593, mardi , p. 12
  • François Hauter, Une brèche entre deux monde, Le Figaro no 18340 [Périodique], , p. 26
  • Hugh Honour et John Fleming, Histoire mondiale de l’Art, Bordas, 1997, p. 55-58, 85-89 et 644-649 (ISBN 2-04-027140-6)
  • François Roche, Le voyage vers l’empire du ciel et de la terre…, La Tribune Hebdomadaire no 15, , p. 30

Notes et référencesModifier

  1. Hugh Honour et John Fleming (trad. de l'anglais), Histoire mondiale de l’Art, Paris, Bordas, , 864 p. (ISBN 2-04-027140-6), p. 55