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L'hérédosyphilis, (composé du mot latin heres, « héritier » et du mot syphilis), est un terme historique[1] utilisé autrefois pour désigner la syphilis congénitale, qu'on pensait alors héréditaire, c'est-à-dire transmise par les gènes, sans nécessité de contamination, d'un parent malade à ses enfants.

Cette théorie s'inscrit dans une période marquée par la peur de la dégénérescence de l'espèce humaine et la croyance en une hérédité morbide. Une vaste campagne et propagande antivénérienne[2] et prophylactique voit d'ailleurs le jour. On pensait alors que les maladies vénériennes étaient capables de se transmettre héréditairement et d’abâtardir ainsi toutes descendances futures sans espoir de guérison. Ainsi, la descendance du patient vénérien, et donc la population française, était condamnée à une lente mais inévitable dégénérescence. Les fondements du péril vénérien remontent à la fin des années 1880, mais c'est au début du XXe siècle que l’angoisse a gagné l’opinion publique.

L'hérédosyphilis a été considérée tout au long du XIXe siècle et jusqu'au début du XXe siècle comme une théorie étiologique de nombreux troubles mentaux ou neurologiques, chez les enfants et chez ces derniers devenus adultes affublés parfois de manière péjorative du nom d'« hérédo ».

On sait aujourd'hui que la syphilis congénitale n'est pas héréditaire, mais qu'elle est due à une contamination[3], à travers la barrière placentaire, de la mère malade au fœtus qu'elle porte, à la fin de la grossesse.

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Notes et référencesModifier

  1. « Hérédosyphilis », in: Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2014.
  2. J. Goens: « Impact littéraire de la propagande antivénérienne du tournant du siècle », in: Vesalius, II, 2, 126-131, 1996, Texte intégral.
  3. Voir : « hérédo » in: Article en ligne dans le site Centre national de ressources textuelles et lexicales.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Prosper Lucas, Traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle dans les états de santé et de maladie du système nerveux, J.-B. Baillière (Paris), 1847-1850, 2 vol.:
  1. tome premier disponible sur Gallica
  2. tome second disponible sur Gallica
  • Alfred Fournier, À propos de la prophylaxie et du traitement de l'hérédosyphilis, quatre fautes à ne pas commettre, C. Delagrave (Paris), 1910, in-12, 136 p. fig., disponible sur Gallica.
  • Alain Corbin, « L'hérédosyphilis ou l'impossible rédemption. Contribution à l'histoire de l'hérédité morbide » In: Romantisme, 1981, no 31. Sangs. p. 131-150. DOI:10.3406/roman.1981.4477 Texte intégral
  • Alain Corbin, « L’hérédosyphilis ou l’impossible rédemption. Contribution à l’histoire de l’hérédité morbide », Le Temps, le désir et l’horreur, Flammarion (Paris), 1998, p. 141-69.
  • Jacques Marx, « Discours littéraire et littérature médicale : l'hérédosyphilis », in: Les grandes peurs [Travaux de Littérature publiés par l'ADIREL], volume I, Librairie Droz, 2003, 478 p. Extraits.

Articles connexesModifier