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Guy Le Guen de Kerangal

homme politique français

Guy-Gabriel-François-Marie Le Guen de Kerangal, né le à Landivisiau et mort le (à 71 ans) dans la même ville, est un député français.

BiographieModifier

Guy Le Guen de Kerangal naît le à Landivisiau[1]. Il est le fils de Guy Le Guen et d'Anne de Kerangal. Marchand de toile et de vin à Landivisiau, Guy Le Guen ajouta à son nom celui de sa mère pour se distinguer d'autres Le Guen, et peut-être aussi pour se donner une vague apparence de noblesse[2].

Il est député à la session des États de Bretagne du 14 février 1789. Il est élu député par la sénéchaussée de Lesneven aux États généraux. Il ne paraît qu'une seule fois à la tribune de l'Assemblée, et ce discours suffit pour transmettre son nom à la postérité. La Biographie bretonne dit que Le Guen, dans la nuit du 4 août 1789, reproche à l'Assemblée de ne pas avoir prévenu l'incendie des châteaux en détruisant elle-même les titres de servitude, et demande, le premier, l'abolition immédiate des titres féodaux. « Montant à la tribune dans son costume breton, [il] prit corps à corps les privilèges, avec sa rude éloquence, et déchaîna l'enthousiasme des renonciations féodales »[3].

Mais d'après les procès-verbaux de la séance, le vicomte de Noailles se présente le premier à la tribune pour indiquer l'abandon des privilèges suivi par le duc d'Aiguillon, Le Guen de Kerangal prenant la parole après eux. Son discours, très applaudi, décide des sacrifices consentis dans cette séance : « Soyons justes, Messieurs, s'écria-t-il ; qu'on nous apporte ici les titres qui outragent non seulement la pudeur mais l'humanité même. Qu'on nous apporte ces titres qui humilient l'espèce humaine, en exigeant que les hommes soient attelés à une charrette comme les animaux du labourage. Qu'on nous apporte ces titres qui obligent les hommes à passer les nuits à battre les étangs pour empêcher les grenouilles de troubler le sommeil de leurs voluptueux seigneurs. Qui de nous, Messieurs, dans ce siècle de lumières, ne ferait pas un bûcher expiatoire de ces infâmes parchemins, et ne porterait pas le flambeau pour en faire un sacrifice sur l'autel du bien public ? »[4].

Il est arrêté comme suspect, le 1er décembre 1793, par le juge de paix Heriez, bien qu'il exerçait les fonctions de procureur-syndic de la commune de Landivisiau, prouvant ainsi qu'il a suivi le mouvement et adopté le nouvel-ordre des choses. Il reste en prison pendant presque une année, et est élargi, sur l'ordre du comité de sûreté générale, le 29 brumaire an III, soit le 18 novembre 1794. Il reprend ensuite son commerce de vins et de toiles à Landivisiau où il meurt le 16 avril 1817[5].

RéférencesModifier

  1. « Guy, Gabriel, François, Marie Le Guen de Kérangal », sur Base Sycomore de l'Assemblée nationale (consulté le 16 juin 2017)
  2. Julien Trévédy, "Le droit de grenouillage", 1899, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6119292f/f11.image.r=Landivisiau?rk=4206029;2
  3. Charles Boysset, journal L'Univers, n° du 18 mai 1881, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7037538/f2.image.r=Landivisiau?rk=686698;4
  4. « Guy Le Guen de Kerangal », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  5. René Kerviler, Recherches et notices sur les députés de la Bretagne aux États généraux et à l'Assemblée Nationale Constituante de 1789, Nantes, Vincent Forest et Émile Grimaud,