Grève du textile à Lawrence

La grève du textile de Lawrence, également connue sous le nom de grève du pain et des roses (Bread and Roses strike en anglais), est une grève effectuée en 1912 à Lawrence (Massachusetts) par des travailleurs immigrants rattachés aux Industrial Workers of the World (IWW).

Miliciens entourant un groupe de grévistes.

La grève s'est déclenchée en janvier lorsqu'un propriétaire a décidé de diminuer les salaires de ses travailleurs au moment de l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi réduisant la longueur de la semaine de travail. La grève se répand rapidement à travers la ville, réunissant environ 20 000 ouvriers en une semaine. D'une durée d'environ deux mois, elle fait mentir les syndicats conservateurs de l'American Federation of Labor affirmant que les immigrants, principalement composés de femmes et de groupes ethniques, ne pouvaient pas s'organiser.

HistoireModifier

Ville relativement jeune en 1912, Lawrence souffre d'un taux de mortalité infantile élevé et les travailleurs subissent des conditions particulièrement pénibles, travaillant jusqu'à 60 heures par semaine pour un salaire dérisoire.

Des travailleurs de plus de 40 nationalités - dont des Italiens, des Canadiens ou encore des Hongrois - se sont réunis malgré des conditions climatiques rudes, de janvier à mars. Après l'exécution d'Anna LoPizzo, l'une des grévistes, par la police, deux syndicalistes furent arrêtés.

A l'origine de cette révolte, Bill Haywood et Elizabeth Gurley Flynn ont mis en place une stratégie implacable : des centaines d'enfants affamés, issus des familles grévistes ont recueilli l'attention et la compassion des états voisins. Ainsi, la mutinerie a suscité l'émoi général et a mis en exergue les dysfonctionnements qui avaient cours dans l'usine à l'origine du mouvement. Une telle attention a mené à l'augmentation des salaires perçus par les travailleurs de l'ordre de vingt pour cent.

Le surnom donné à la grève - Bread and Roses - trouve sa source dans un poème de James Oppenheim publié un an plus tôt, en 1911. Une anthologie retraçant les mouvements de travailleurs fut la première à relier l'événement au poème en 1915.

Traduction d'un fragment du poème d'Oppenheim, qui sert depuis d'hymne fédérateur pour les travailleuses :

Version originale Traduction française
For they are women's children, and we mother them again.

Our lives shall not be sweated from birth until life closes;

Hearts starve as well as bodies; give us bread, but give us roses!

Car ce sont nos fils, que nous continuons à chérir

Nous ne devrions pas trimer du berceau aux paupières closes

Le cœur s'affame comme le corps ; donnez-nous du pain mais aussi des roses !

PostéritéModifier

L'hymne a donné son nom à un film de Ken Loach, qui évoque le combat d'une femme mexicaine, employée comme femme de ménage pour une entreprise américaine.

Il est par ailleurs entonné par un chœur de femmes galloises dans le film Pride, celles-ci luttant contre la politique de Margaret Thatcher à l'encontre des mineurs.

La candidate aux primaires démocrates américaines, Elizabeth Warren, a lancé sa campagne sur le site de la grève en février 2019, 107 ans après l'insurrection prolétaire.

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier


Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier