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Gaëtan Dugas

agent de bord québécois, longtemps suspecté d'être patient zéro du VIH aux États-Unis
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Gaëtan Dugas
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Biographie
Naissance
Décès
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QuébecVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Gaëtan Dugas, né le à Québec et mort dans la même ville le , est un agent de bord québécois longtemps suspecté d'être l'un des premiers cas de contamination (ou « patient zéro ») du VIH aux États-Unis et d'avoir transmis le virus à au moins 40 personnes avant que l'épidémie ne soit identifiée. On sait aujourd'hui que ce n'est pas le cas.

Sommaire

Hypothèse du « patient zéro »Modifier

Homosexuel sexuellement actif, voyageant beaucoup de par sa profession, commissaire de bord pour Air Canada, il a longtemps été considéré comme le « patient zéro » du sida aux États-Unis, c'est-à-dire la première personne infectée, qui serait la source supposée de l'infection parmi une population particulière du nord-est des États-Unis (axée autour de New York) dans une étude épidémiologique de 1984 menée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Il existait cependant des cas de sida bien antérieurs au cas de ce steward et l'étude fut contestée depuis la meilleure connaissance de la période incubatoire du VIH[1]. On a depuis lors démontré par une analyse génomique d'échantillons de sang que l'épidémie nord-américaine aurait très vraisemblablement commencé à New York dans les années 1970[2], et que Gaëtan Dugas n'est donc qu'un des premiers cas de contamination aux États-Unis, sans notion de « patient zéro »[3],[4],[5].

Mode de vieModifier

Gaëtan Dugas aurait contaminé, directement ou par personnes interposées, au moins quarante des deux-cent-quarante-huit malades américains diagnostiqués avant avril 1982. On a établi qu'il avait été le partenaire sexuel de neuf des dix-neuf premiers cas de sida diagnostiqués à Los Angeles, de vingt-deux malades new-yorkais et de neuf autres vivant dans huit autres villes (Miami, Chicagoetc.). Grand voyageur, beau garçon et peu avare de ses charmes, on estime qu'il avait près de deux-cent-cinquante partenaires par an.

Atteint en juin 1980 d'un sarcome de Kaposi[6], identifié en novembre 1982 comme porteur du HIV et prévenu du risque qu'il faisait courir à ses partenaires, Dugas ne voulut pas changer son mode de vie. Jusqu'à son décès le , à l'âge de trente-et-un ans, il eut des rapports sexuels non protégés. Il avisait ses partenaires après le passage à l'acte. Selon le journaliste Randy Shilts, son biographe, il aurait alors pris l'habitude de leur dire : « J'ai le cancer homo ; je vais en mourir, toi peut-être aussi… » Lors d'un entretien médical, il déclare[7] : « Je l'ai eu ; ils peuvent l'avoir aussi. »

PostéritéModifier

Notes et référencesModifier

  1. Laure Beaulieu, « Celui par qui le VIH arriva… », Le Monde, (consulté le 26 juillet 2012).
  2. Jon Cohen, "‘Patient Zero’ no more", Science, 04 Mar 2016: Vol. 351, N° 6277, p. 1013.
  3. SIDA. Le patient zéro n'est pas celui que l'on pensait, Sciences et avenir, 7 mars 2016.
  4. Le patient zéro du sida n'est pas celui qu'on croit, Libération, 9 mars 2016.
  5. Valentine Arama, « Le « patient zéro » du sida n'est pas celui qu'on pensait », sur lefigaro.fr, (consulté le 27 octobre 2016).
  6. « Sur les traces du patient zéro », sur liberation.fr, (consulté le 30 juillet 2012).
  7. Mirko Dražen Grmek, Histoire du sida : début et origine d'une pandémie actuelle, Payot et Rivages, , 491 p. (OCLC 708336637), p. 47-49.

Articles connexesModifier