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François Gamain, né à Versailles le rue de la Paroisse Notre-Dame et mort le à Versailles au n° 28 de la rue Homère (aujourd'hui 8 rue de Maurepas), est un entrepreneur de serrurerie français qui joua un rôle dans la Révolution française.

BiographieModifier

François Gamain est le fils de Nicolas Gamain, entrepreneur et serrurier des bâtiments du roi, et de Françoise Savaste. Il apprend son métier en travaillant avec son père et ses oncles à l’entretien des bâtiments du domaine royal, qui emploie une nombreuse main-d’œuvre. Au cours de ses interventions au château, il a l’occasion de rencontrer Louis XVI qui montre un vif intérêt pour tous les travaux de mécanique de précision et notamment ceux que demande la réalisation de serrures de sûreté ou à secret. Quand Louis XVI, à la mort de Louis XV, installe ses petits cabinets de mécanique, de physique et de menuiserie aux derniers étages de la cour des cerfs, il fait appel à l’expérience du père de François, Nicolas Gamain, pour lui enseigner cet art de la mécanique de précision.

Dans l’après-midi du 20 novembre 1792, le ministre Roland remet à la Convention nationale un ensemble de documents trouvés le matin même dans une armoire de fer, cachée derrière des lambris dans un corridor des appartements de Louis XVI, au château des Tuileries. Cette découverte fait suite à la révélation que François Gamain a faite à Heurtier, collaborateur direct de Roland, d’avoir fabriqué et installé sur l’ordre du roi, cette armoire de fer au mois de mai 1792 dans le couloir qui relie les appartements du roi à ceux du dauphin. Cette révélation a constitué une pièce maîtresse dans le dossier d'accusation du procès de Louis XVI qui l'enverra à l'échafaud.

Grâce à sa révélation de l’armoire de fer, Gamain a été nommé le 13 janvier 1793 officier municipal, mais le 30 septembre 1793, le représentant du peuple Crassous, envoyé en mission en Seine-et-Oise, destitue la municipalité de Versailles. Gamain ayant perdu sa fonction municipale, craignant d’être inquiété par le tribunal révolutionnaire et n’ayant ni emploi ni pension, adresse une pétition à la Convention le 8 floréal an II (27 avril 1794) afin d’obtenir une aide financière, il prétend que Louis XVI a voulu l’éliminer en lui faisant boire un verre de vin empoisonné.

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités des secours publics et de liquidation, décrète que François Gamain, empoisonné par Louis Capet, le 22 mai 1792, jouira d’une pension annuelle et viagère d'un montant de 1 200 livres, à compter du jour de son empoisonnement.

Gamain ne profita pas longtemps de sa pension puisqu’il mourut le 18 floréal an III (7 mai 1795) à 44 ans, dans sa maison de Versailles au 38 de la rue Homère (actuellement rue de Maurepas) probablement des suites d'une affection stomacale.

SourcesModifier

  • Jean-Dominique Bourzat, Une dynastie de serruriers à la cour de Versailles : Les Gamain, Paris, L'Harmattan, , 122 p. (ISBN 978-2-343-08486-2), « François Gamain », p. 53–90
  • Jacques Levron, Les inconnus de Versailles : Les coulisses de la cour, Paris, Perrin, (1re éd. 1968), 338 p. (ISBN 978-2-262-03025-4), chap. XVIII (« François Gamain, serrurier de Louis XVI »), p. 305–320
  • Jean-Dominique Bourzat, Les après-midi de Louis XVI, Paris, La Compagnie littéraire, , 227 p. (ISBN 978-2-87683-193-3), « Le serrurier », p. 29–59
  • Joseph Adrien Le Roi, « Louis XVI et le serrurier Gamain », Revue des questions historiques, Paris, Victor Palmé,‎ , p. 218–238 (lire en ligne)