Felipa de Souza

militante portugaise
Felipa de Souza
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Condamnée pour

Felipa de Souza (Tavira, Portugal, 1556 – Brésil, 1600) est une femme portugaise, condamnée pour « prácticas nefandas » (pratiques infâmes) par l'Inquisition dans la colonie du Brésil. Son nom est attribué au Prix des droits de l'homme de la Commission internationale des droits de l'homme gays et lesbiennes.

BiographieModifier

Felipa de Souza est née à Tavira, en Algarve[1]. Elle est expulsée du Portugal pour « sodomie ». Elle est arrivée au Brésil à une date ignorée[2]. Veuve, lettrée (fait inhabituel à l'époque), elle épouse en deuxième noces Francisco Pires, maçon de profession, à Salvador de Bahia[3].

En 1591, l'Inquisition portugaise commence à sévir au nord-est du Brésil. Son centre était à Salvador de Bahia, alors capitale de la colonie. Le 20 août 1591, Paula de Sequeiro, une chrétienne de 40 ans, accusée de posséder un livre interdit, Los siete libros de la Diana (en) de Jorge de Montemayor[4], fut l'une des premières à avouer ses péchés. Dans ses aveux au père Heitor Furtado de Mendonça, elle a mentionné Felipa de Souza comme quelqu'un avec qui elle avait partagé une passion amoureuse et a affirmé qu'elle en avait reçu des lettres d'amour pendant deux ans. Conscientes de ce que le « crime de sodomie, honteux et anormal » était passible de la peine de mort, mais que les aveux avaient suscité la sympathie des inquisiteurs, de nombreuses femmes, paniquées, ont avoué avoir eu des relations avec Felipa de Souza.

À l’époque, 29 femmes étaient accusées du même crime à Salvador de Bahia[1]. Elle a été condamnée et sa peine était plus légère que celle qu'elle aurait subie en Europe pour un crime similaire. Le 4 janvier 1592, elle a été condamnée à l'exil. Pieds nus, vêtue d'une robe et portant une bougie allumée à la main, elle a dû écouter le récit de ses crimes dans la cathédrale, puis elle a été attachée au pilori et flagellée devant la foule[5]. En pénitence, on lui a ordonné de jeûner de pain et d'eau quinze vendredis et neuf samedis. Puis, elle a été expulsée [6], emportant « ses vices et sa mauvaise réputation ». Elle a dû payer les frais du procès, 992 reis, ce qui équivalait au salaire mensuel d'un marin[2].

Son accusatrice avait été condamnée à une peine plus légère, étant l'épouse d'un agent du Trésor, Antônio de Farias[4], 6 jours de prison et amende de 50 cruzados.

Son histoire a été découverte par le professeur et anthropologue brésilien Luiz Mott (es).

HommagesModifier

En son honneur, son nom a été donné en 1998 à une ONG.

La Commission internationale des droits de l'homme gays et lesbiennes a institué le « Prix Felipa de Souza », la principale distinction internationale pour les droits de la communauté LGBT[7].

BibliographieModifier

LivresModifier

  • (pt) Luiz Mott, O Lesbianismo no Brasil, Mercado Aberto, (ISBN 9788528000221)
  • (en) Lamonte Aidoo, Slavery Unseen : Sex, Power, and Violence in Brazilian History, Duke University Press, , 272 p. (ISBN 9780822371687)
  • (pt) Amilcar Torrão Filho, Tríbades galantes, fanchonos militantes : homossexuais que fizeram história, Edicoes GLS, , 284 p. (ISBN 9788586755248)
  • Ligia Bellini, A coisa obscura: mulher, sodomia e inquisição no Brasil colonial, São Paulo, Editora brasiliense, 1989
  • Geraldo Pieroni, Os excluídos do Reino: a Inquisição portuguesa e o degredo para o Brasil colônia, Brasília, EdUnB, 2000
  • Ronaldo Vainfas (pt), « Homoerotismo feminino e o Santo Ofício », in Mary Del Priori (éd.), História das mulheres no Brasil, São Paulo, Contexto, 2006, p. 115-140

ArticlesModifier

  • (pt) Ana Cecília Rocha Goes, « Uma leitora de “diana” no século XVI : entre cartas, sortilégios e sodomia », Revista Fórum Identidades, i, vol. 2, no 2,‎ , p. 61-70 (ISSN 1982-3916, lire en ligne, consulté le )
  • (pt) José Carlos Vilhena Mesquita, « Felipa de Sousa, algarvia condenada na Inquisição pelo 'pecado nefando da sodomia' », al-úlyá, vol. 20,‎ , p. 113-152 (lire en ligne, consulté le )
  • (pt) Kaíque Moreira Léo Lopes, « Paula De Sequeira. Inquisição e Lesbianismo na Bahia Quinhentista », Revista Cantareira, vol. 21,‎ , p. 67-83 (lire en ligne, consulté le )

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Lopes, p. 72.
  2. a et b Mott.
  3. Filhio, p. 228.
  4. a et b Goes, p. 62.
  5. Lopes, p. 83.
  6. Sonia Corrêa, Rosalind Petchesky, Richard Parker, Sexuality, Health and Human Rights, Routledge, 2008, p. 232 lire sur Google Livres
  7. The Felipa de Souza Award ~ OutRightInternational.org

Articles annexesModifier

Liens externesModifier