FROG (format)

FROG (acronyme de « Free Your Cognition ») est un format standardisé pour les livres numériques accessibles aux lecteurs atteints de troubles DYS, créé par MOBiDYS, une marque de la société française Majenat SAS. C'est une extension du format ouvert Epub.

FROG
Caractéristiques
Type de format

ConceptModifier

Un livre numérique au format FROG intègre des outils de facilitation de lecture, paramétrables par le lecteur en fonction de ses besoins.[1],[2]

L'aide à la lecture permise par le format FROG est un ensemble d'aménagements du texte comprenant notamment le changement de police, l'espacement des lettres, la mise en avant des syllabes par des colorisations distinctes, et le soutien audio. Des repères visuels et des regroupements de phrases par unités de sens contribuent aussi à l'aide au déchiffrage et à l'attention.

Les différents soutiens[3],[4],[5]Modifier

Le décodageModifier

Ces techniques d’affichage participent au soutien au décodage en vue d'optimiser la fluence des dyslexiques.

Les leviers typographiques, dont l'augmentation de l'espacement inter-lettre, ont vocation à réduire le nombre d'erreurs dans la lecture, donc d'en accroître la vitesse, et de réduire la fatigue en résultant.

Quant à la confirmation audio, dite aussi boucle audio-phonatoire, elle favorise la bonne correspondance graphie-phonie.

En s'appuyant sur le fait que 80 à 90% des lecteurs en difficultés ont des habiletés déficitaires en consciences phonologique, l'orthophoniste et docteure en sciences de l'éducation Dominique Crunelle définit les capacités phonologiques comme « les prédicteurs les plus fiables de l’apprentissage de la lecture ».

Aussi, l'auteure Tiphanie Jourdain et le neurologue Michel Habib montrent que l’entrainement à la conscience phonologique améliore les performances de lecture des DYS. La mise en relief des lettres muettes, des rimes, des syllabes et des phonèmes contribuent au travail de cette conscience.

L'exploration spatialeModifier

L’exploration spatiale aide à identifier les segments linguistiques.

Atalia H. Weiss, chercheur en neuropsychologie à l'Université Hébraïque de Jérusalem, révèle qu'en l'absence d'indices séparant les unités signifiantes, la difficulté de lecture par groupe de mots crée une incompréhension de l'écrit chez un individu qui, pourtant, comprend le même texte à l'oral. Marco Zorzi, chercheur en neurosciences cognitives et computationnelles au département de psychologie générale de l'Université de Padova, préconise d'augmenter l'espacement des marges en vue de palier au défaut d'attention visuo-spatiale chez les dyslexiques.

Ainsi, Nathalie Bedoin, enseignante-chercheuse et maître de conférence en psychologie à l'Université Lyon 2, démontre que les critères de segmentation impliquent principalement soit la similarité soit la régularité d’ordre spatiale

Dans ce cadre, la mise en surbrillance par le format FROG de la ligne en cours de lecture aide au parcours de l’œil ainsi qu'au soulagement de la fatigue perceptive et attentionnelle.

Par ailleurs, l’encombrement visuel résulte aussi des informations comprises dans les illustrations. Les cartes mentales, qui facilitent le décodage du texte par l’image, passent par la stricte figuration des informations textuelles, sans fatras supplémentaire.

La compréhensionModifier

La principale difficulté des DYS est de faire correspondre un son à une graphie.

Dès lors, l’utilisation par voix humaine du canal auditif permet à l’apprenant d’associer et d’identifier les sons aux syllabes et inversement.

L’écoute audio est par ailleurs multi-sensorielle. Elle présente donc les mots de façon bimodale ce qui permet une meilleure perception et mémorisation qui, ensuite, se transforme en automatisation et permet l’anticipation de la compréhension.

L'autre difficulté importante requiert de savoir avec exactitude de qui on parle. Selon la spécialiste de la dyslexie Barbara Hoi, ce problème d’explicite peut être pallié par un enrichissement ou une explicitation des pronoms.

Notes et référencesModifier

  1. Alice Develey, « La dyslexie, nouvel eldorado des éditeurs jeunesse », Le Figaro,‎ (ISSN 1241-1248, lire en ligne)
  2. Alexiane Guchereau, « Mobidys et Arte s'engagent pour les troubles dys », Livres Hebdo,‎ (ISSN 2116-8539, lire en ligne)
  3. Tiphanie Bénard, « Rendre la lecture facile aux enfants dyslexiques grâce à des livres numériques adaptés », Psychologies Magazine,‎ (ISSN 0032-1583, lire en ligne)
  4. Yasmine Tigoé, « Des livres numériques accessibles aux dyslexiques », Ouest-France,‎ (ISSN 0999-2138, lire en ligne)
  5. « Le format FROG : les fondements scientifiques », sur SONDO