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Le Fegato di Piacenza

La divination chez les Étrusques consistait à prédire l'avenir ou une prise de décision, comme dans toute divination, avec l'usage de certains objets et pratiques qui leur étaient propres. L'art de la divination aurait été apporté aux étrusques par Tagès, fils de la terre.

Tous ces rituels étaient consignés dans des libri spécifiques et qui nous ont été rapportés par les auteurs latins dans la somme que constitue l'Etrusca disciplina.

Inspection des entrailles des victimesModifier

Leurs officiants (interprètes et non prêtres) en étaient les haruspices et leur principale méthode était l’hépatoscopie (ou hiéroscopie)[1], qui consistait à scruter les entrailles de préférence le foie d’un animal (ou ses malformations), comparé avec un modèle (foie de Plaisance), comportant les zones d’influence, chacune attribuée aux dieux de leur Panthéon.

Observation des signes naturelsModifier

Dans les espaces célestes :

L'haruspicine fut une spécialité réputée des haruspices, Cette autre méthode (dite depuis brontoscopie) consistait en l’observation de la foudre par les « haruspices fulgurateurs »[2]. Les dieux étaient associés chacun à un des seize secteurs découpés sur l'horizon. Couleur forme, éclat composaient les variables d'interprétation.

Sénèque nous rapporte à ce propos :

« [...] les Étrusques pensent quant à eux que les nuages se heurtent afin de produire la foudre ; en effet, comme ils rapportent toutes choses à la divinité, ils estiment non pas que les choses ont une signification parce qu’elles se produisent mais bien qu’elles se produisent à seule fin de signifier. »

— Questions Naturelles, II, 32,2

Les Romains doivent également aux pratiques étrusques, la divination par leurs augures de l'observation des oiseaux de proie (oionoscopie ou ornithomancie) pour définir leurs auspices (venant de avis l'oiseau).

Comportement des animaux :
Comportement des objets naturels :

Observation des prodigesModifier

Il s'agit là de l'interprétation de phénomènes naturels survenant dans le cadre de conditions exceptionnelles[4] (incendie sans cause, mort subite, foudre ou tonnerre par beau temps, naissance monstrueuse, actes inhabituels des animaux, entrailles malformées...) :

  • L'absence de caput sur le foie présageait la mort ; la présence de cette partie en double caput duplex, l'affrontement de deux forces, leur conflit ;
  • La chute sans cause apparente d'un rocher ou d'un arbre (tripudium sonivivum), un des auspices les plus graves[3].

Représentation dans les artsModifier

Une fresque de la Tombe des Augures, du site des nécropoles de Monterozzi à Tarquinia, datant du IVe siècle av. J.-C. montre deux protagonistes (des lutteurs) d'un rituel au-dessus d'un lébès en bronze.

Notes et référencesModifier

  1. Libri haruspicini de la Disciplina etrusca
  2. Libri fulgurales de la Disciplina etrusca
  3. a b et c Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la divination dans l'antiquité
  4. Tarquitius Priscus, Ostentarium Tuscum, « Grand Recueil des prodiges »
  • Yves Liébert, Regards sur la truphè étrusque dans les sources gréco-latines, thèse éditée chez Pulim, PU Limoges, 1996
  • Auguste Bouché-Leclercq, Histoire de la divination dans l'antiquité

BibliographieModifier

  • Cornelius Labeo, Traduction de Tagès et Bacchétis sur la divination étrusque, 15 livres.
  • Raymond Bloch, Les Prodiges dans l'Antiquité classique, 1963
  • Dominique Briquel, Art augural et Etrusca disciplina : le débat sur l'origine de l'augurat romain,
  • La Divination dans le monde étrusco-italique, III, Caesarodunum, LVI, 1996 p. 68-100
  • J. Gagé, Tanaquil et le rite étrusque de la Fortune oiseleuse, SE, XXII, 1952 p. 79-102