Crunk

genre de hip-hop
Crunk
Origines stylistiques Dirty South, hip-hop, Miami bass, R&B, gangsta rap
Origines culturelles Fin des années 1990 ; États-Unis (Memphis, Tennessee
Instruments typiques Boîtes à rythmes, échantillonneur, rap, synthétiseur, voix robotique
Scènes régionales Sud des Drapeau des États-Unis États-Unis
Voir aussi Atlanta, Memphis

Genres dérivés

Crunk'n'b, crunkcore, reggaecrunk

Genres associés

Trap

Le crunk, ou krunk, est un sous-genre du hip-hop lancé par Three 6 Mafia à Memphis (Tennessee)[1] au début des années 1990 et significativement popularisé entre 2003 et 2004[2]. Les musiciens de crunk sont souvent appelés crunksters[3]. Une chanson crunk archétype fait usage fréquent d'une boîte à rythmes, de grosses lignes de basses, des morceaux vocaux hurlés[2]. « Crunk » est également un terme générique pour dénoter le style Dirty South, qui apparaîtra pendant les années de gloire du genre[3].

ÉtymologieModifier

Le terme est principalement attribué à l'argot afro-américain et possède plusieurs significations[4]. Il se réfère au verbe to crank up. Le terme viendrait supposément du mot crank, souvent conjugué crunk dans le Sud des États-Unis[4]. Dans les médias, crunk peut être retracé en 1972 dans l'ouvrage du Dr. Seuss Marvin K. Mooney Will You Please Go Now!. Il utilise le terme de Crunk-Car sans en donner de définition[5]. Le terme est utilisé dans les années 1980 dans les boîtes de nuit d'Atlanta, en Géorgie, et signifie « plein d'énergie » ou « hyper-excité »[6],[7]. Au milieu des années 1990, le crunk est défini d'une manière variée comme « excitant » ou « cool ». Le magazine Rolling Stone est l'auteur d'un « dictionnaire de l'argot Dirty South », dans lequel to crunk est défini comme « s'exciter »[3],[4].

Outkast est considéré comme le premier groupe à utiliser ce terme, dans la chanson Player's Ball publiée en 1993[8]. L'année séminale du genre se situe en 1996, avec la publication de l'album de Three 6 Mafia intitulé Chapter 1: The End (avec la chanson Gette'm Crunk)[9], et l'album de hip-hop underground Tommy Wright III intitulé On the Run, avec la chanson de Project Pimp intitulée Getting Crunk[10].

Le rappeur Lil Jon popularise le terme avec son album publié en 1997 Get Crunk, Who U Wit: Da Album. Il publie ensuite d'autres chansons sous ce même terme, et devient considéré comme l'un des artistes ayant popularisé le terme[7]. Lil Jon popularise de loin le terme avec son album Crunk Juice (2004), et est crédité pour avoir inventé le cocktail alcoolisé homonyme[11]. Cet usage de crunk devient un synonyme de « breuvage de fou ». Des boissons non-alcoolisées, dans lesquelles de l'alcool pouvait être ajouté, sont fabriquées sous la marque commerciale Crunk, dont le porte-parole est Lil Jon[11],[12].

Le terme continue à évoluer, et devient mal perçu par les forces de l'ordre, les parents et la presse. En 2011, la société de boissons Crunk fait paraître le « Crunk Juice »[13]. Ce breuvage est destiné à un public âgé entre 19 et 21 ans – une tranche d'âge illégale aux États-Unis concernant la consommation d'alcool – et est donc associé à la criminalité. La presse publie plusieurs articles dans lesquels le « crunk » devient synonyme de criminel « dangereux et alcoolique »[11],[14],[15].

HistoireModifier

OriginesModifier

 
Lil Jon est l'un des musiciens les plus importants du crunk.


Le Crunk est né à ? , en ? , dans le Dirty East et sera popularisé par les regrettés Flippers. Très vite, le Crunk devient trop subversif pour les boîtes de nuit locales qui interdisent la pratique de la danse rituel associée a cette musique : le pogo. Cette defiance des autorités va profiter au chanteur américain Lil Jon qui va plagier les Flippers et s'approprier la culture Crunk.

Le crunk est originaire de la Miami bass lancée avant 1996[1] dans le sud des États-Unis, en particulier dans les stripclubs afro-américains de Memphis, Tennessee. L'un des importants pionniers du crunk, Lil Jon, explique que le genre est apparu lorsqu'il a décidé de mêler hip-hop et electro avec des genres dance comme la house et la techno[3]. Le groupe de hip-hop Three 6 Mafia est « instrumental dans l'émergence du style » au milieu et à la fin des années 1990[3]. Deux DJs de Memphis, DJ Paul et Juicy J, se lancent dans une composition originale « lente, au chant simpliste... et répétitive[3]. » Ce duo devient bientôt connu sous le nom de Three 6 Mafia. Ayant collaboré notamment aux côtés de Project Pat, Lord Infamous, et Gangsta Boo, les deux compères deviennent une formation instrumentale de crunk[16].

En 1997, désormais à Atlanta, Lil Jon, et son groupe The East Side Boyz, font paraître leur album Get Crunk, Who U Wit: Da Album, cet album étant le premier des six albums publié par Lil Jon et The East Side Boyz. Lil Jon explique avoir utilisé le mot « crunk » pour mieux attirer l'attention ; ils s'autoproclamaient « groupe crunk » sur le compte de cet album[3]. Cependant, The New York Times refuse d'attribuer à Get Crunk, Who Are You With le titre de premier album crunk jamais publié[1]. Après avoir été surnommé « roi du crunk » (King of Crunk), Lil Jon continue ses collaborations[17] aux côtés d'artistes populaires comme Snoop Dogg, Ice Cube, Ludacris et Britney Spears. Néanmoins, le terme de crunk n'est pas exclusivement attribué à Lil Jon et Three 6 Mafia. À leurs débuts, des artistes comme Ying Yang Twins, Bone Crusher, Lil Scrappy, Trillville, Youngbloodz et Pastor Troy d'Atlanta, et David Banner du Mississippi ont également aidé à la popularisation du genre[3].

Popularité et évolutionModifier

Au début et au milieu des années 2000, certains hits de crunk comme Get Low, Goodies, et Freek-a-Leek produits par Lil Jon atteignent le top 10 du Billboard Hot 100. Ses titres Yeah! et Goodies sont les premiers à populariser le sous-genre du crunk et de le RnB contemporain, appelé crunk'n'b. Ces deux chansons (composées avec Usher et Ciara, respectivement) sont les premiers hits en 2004[18].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Kelefa Sanneh, « Lil John Crunks Up the Volume », The New York Times, .
  2. a et b Roni Sarig, « Southern Lights », Vibe, vol. 11, no 12,‎ , p. 168–74 (lire en ligne).
  3. a b c d e f g et h Matt Miller, « Dirty Decade: Rap Music and the U.S. South, 1997–2007 », Southern Spaces,‎ (lire en ligne).
  4. a b et c (en) Oxford English Dictionary.
  5. (en) Art Buchwald, « Richard M. Nixon Will You Please Go Now! », The Washington Post, .
  6. (en) David Wong, « Ridiculous Origins of Everyday Words », Cracked.com, (consulté le 29 mai 2013).
  7. a et b (en) Steve Jones, « Get Crunk », USA Today, .
  8. (en) « Outkast Lyrics: 'Player's Ball' », Lyricstime.com (consulté le 29 mai 2013).
  9. Jason Birchmeier, « Da End: Three 6 Mafia », AllMusic, (consulté le 29 mai 2013).
  10. « On the Run: Tommy Wright III », AllMusic, (consulté le 29 mars 2013).
  11. a b et c (en) « 'Crunk Juce': The superstrong alcoholic energy drink fuelling a new generation of louts », Daily Mail, (consulté le 29 mai 2013).
  12. (en) « Crunk Energy Drink », .
  13. « Crunk Juice Website », Cjcrunk.com (consulté le 29 mars 2013).
  14. (en) Mail Online: "Baby-faced schoolboy gang"
  15. (en) « 'Crunk Juce': The superstrong alcoholic energy drink fuelling a new generation of louts », DailyMail, (consulté le 29 mai 2013).
  16. Tony Green, « Twerk to Do », Village Voice,‎ (lire en ligne).
  17. http://www.biography.com/people/lil-jon-21213283
  18. Julianne Shepherd, « Soul Bounce: Crunk 'n' B 101 », .

BibliographieModifier

  • Darren E. Grem, « 'The South Got Something to Say': Atlanta's Dirty South and the Southernization of Hip-Hop America », Southern Cultures, vol. 12, no 4,‎ , p. 55–73 (DOI 10.1353/scu.2006.0045)
  • Franklin E. Forts, Alison Slade et Dedria Givens-Carrol, Mediated Images of the South : The Portrayal of Dixie in Popular Culture, , 216 p. (ISBN 978-0-7391-7265-0, lire en ligne), « Hip Hop, Commerce, and the 'Death' of Southern Black Manhood », p. 41–56, 51.