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Une « communication multilingue » représente une communication qui s'effectue en plusieurs langues.

Sommaire

DéfinitionModifier

La formule communication multilingue cache en fait une expression polysémique, c'est-à-dire qu'elle prend un sens contraire selon que l'on s’attache à l’un ou l’autre de ses deux termes.

Étymologiquement, communiquer signifie « rendre commun ». Aussi, la communication distingue-t-elle le « processus » ou l’acte d’établir une relation entre deux individus ou deux groupes de personnes. La communication désigne le produit de cette action, c’est-à-dire la chose échangée ; parmi les différents types, on décèle : une annonce, une dépêche, une nouvelle, etc. La communication indique le « moyen » technique par lequel les gens communiquent : une transmission.

Concernant la dimension « multilingue » de la communication, elle peut signifier une communication conçue en plusieurs langues (la communication elle-même peut s'en trouver plurilingue) ; une communication engendrée en une seule langue, mais diffusée en plusieurs langages (la communication reste unilingue, mais la l'émission elle, polyglotte) ; une communication issue d’un contexte multiculturel : la communication sera dite multilingue du fait du contexte plurilingue (par exemple plusieurs langues officielles).

Traduction en communication multilingueModifier

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En quelques années, la plupart des instituts de formation en langues sont passés de la traduction à la communication multilingue. Certes, l’essor des sciences de l'information et de la communication en sont la cause en partie, mais cette possibilité n'existerait pas si la dimension polyglotte n’était pas implicitement comprise dans le concept même de transcription. Désormais, traduire représente une sorte communication en plusieurs langages et le traducteur fait un peu office de communicateur multilingue.

Ce changement de perspective reflète une évolution dans la théorie de la traduction et dans la pratique professionnelle. Avec l'autonomisation accrue de la discipline, la mesure linguistique est passée au second plan, comme un préalable évident, cédant le pas devant les préoccupations culturelles et communicationnelles. De plus, après avoir été longtemps cantonné dans la partie strictement langagière, l'interprète accède progressivement à de nouvelles fonctions et assume des responsabilités qui débordent largement le cadre de la translation à proprement parler. Il participe désormais à l’adaptation de campagnes publicitaires, intervient au sein des entreprises pour préparer les communications en langue étrangère. Il prend aussi en charge la localisation des sites web en plusieurs langues, conseille les institutions et les organisations internationales sur la meilleure communication à adopter à l’égard de tel ou tel public cible, etc.

Ainsi, qu'elle soit commanditée par une société ou par une institution, la traduction apparaît comme une communication multilingue reposant sur l’identification du destinataire et porteuse d’une médiation à valeur stratégique. En tant que communication polyglotte, elle se déroule selon un processus en trois étapes : d’abord, la reconnaissance du récepteur ; ensuite, la définition d’un langage spécifique ; enfin, l’établissement d’une relation fondée sur les connaissances communes.

Dans la légitimation du destinataire, l’opération d’identification consiste à définir une stratégie de communication visant un portrait potentiel (la cible). Ce profil peut éventuellement présenter une personne précise ; la traduction devient alors une forme de communication intersubjective, puisqu’elle réside en un échange entre deux individus, un groupe social, politique ou culturel (cf. les sociostyles de Cathélat).

La définition d’un langage spécifique consiste à l'acte de reformulation, à élaborer un système de représentation opératoire pour le destinataire visé. Dans la pratique, il s’agit de définir non seulement une compétence sémiotique, mais aussi une compétence culturelle pour former une communication efficiente dans la langue visée.

L'établissement de la relation autrement dit l'opération de la mise en relation réside à résoudre par le biais d'une rhétorique de la distinction et de la valorisation, le paradoxe de la communication multilingue. Elle reste ouverte à tous les récepteurs, mais visant seulement certains destinataires. Grâce à cette affectation particulière, la communication instaure une relation privilégiée avec la cible, censée disposer d'un effet en matière de choix, de décisions ou d’actions.

Dans son ouvrage « La Communication multilingue » (De Boeck, 2008), Mathieu Guidère démontre que la traduction est envisagée dans de nombreuses occurrences comme un acte de communication qui tente de relayer une intention de communication par-delà les barrières linguistiques et culturelles. En outre, il établit que le traducteur représente un communicateur qui cherche à maintenir la cohérence du message dans un but particulier et pour des récepteurs spécifiques.

À travers une série d’études de cas, Guidère illustre ces idées en prenant un exemple de chaque étendue d’application : la communication institutionnelle, la communication commerciale, la communication publicitaire, la communication politique, diplomatique, etc.

À travers ces études de cas, l’auteur montre la pertinence d’un modèle d’analyse qui rend compte de la traduction en tant que communication. D’ailleurs, les élaborations qu’il consacre à la dimension didactique de son approche communicationnelle permettent d’ouvrir de nouveaux horizons aux traducteurs, notamment dans le domaine de la veille multilingue.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  •   Mathieu Guidère, La Communication multilingue : traduction commerciale et institutionnelle, De Boeck Université,
  • (en) Hatim et Mason, The Translator as Communicator, Londres, Longman,
  • Eco, Dire presque la même chose, Paris, Grasset,