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Clonidine
Image illustrative de l’article Clonidine
Identification
Nom UICPA N-(2,6-dichlorophényl)-4,5-dihydro-1H-imidazol-2-amine
No CAS 4205-90-7
No ECHA 100.021.928
No CE 224-119-4
Code ATC C02AC01, N02CX02, S01EA04
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C9H9Cl2N3  [Isomères]
Masse molaire[1] 230,094 ± 0,012 g/mol
C 46,98 %, H 3,94 %, Cl 30,82 %, N 18,26 %,
Propriétés physiques
fusion 130 °C[réf. nécessaire]
Solubilité 0,48 g/L (eau) [réf. nécessaire]

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La clonidine est un médicament agoniste des récepteurs adrénergiques de type α2.

Il diminue l'activation du système nerveux sympathique via un rétrocontrôle négatif central[2].

Originellement, c'est un antihypertenseur d'action centrale, et il est utilisé comme tel pour traiter l'hypertension artérielle[3] sous le nom commercial de Catapressan.

La clonidine est utilisée comme anesthésique, antalgique, dans le traitement des troubles paniques ou anxieux, ou encore en combinaison avec certains stimulants prescrits chez les patients atteints de trouble du déficit de l'attention[4]. C'est également un puissant antipyrétique[5],[6].

Comprimés et patch transdermique de clonidine

IndicationsModifier

La clonidine a été développée et prescrite d'abord comme anti-hypertenseur dans les années 1950. On a trouvé de nouveaux usages plus tard, notamment le traitement de certaines formes de douleurs neuropathiques, de la désintoxication aux opioïdes, des sueurs nocturnes et comme médicament anesthésique en médecine vétérinaire. Elle est utilisée pour traiter l'anxiété et les troubles paniques. Aux États-Unis, elle a aussi été approuvée par la FDA pour traiter le trouble du déficit de l'attention. Elle est également utilisée pour traiter l'insomnie et soulager des symptômes de la ménopause, de même que dans le traitement des tics dans la Maladie de Gilles de la Tourette.

La clonidine peut être utilisée pour diminuer les symptômes lors d'un sevrage de narcotiques, d'alcool et de nicotine. Elle agit en diminuant les symptômes du système nerveux autonome comme la tachycardie ou l'hypertension, les sueurs, les frissons et l'instabilité.

La clonidine peut être utilisée dans les migraines et les bouffées de chaleur associées à la ménopause, dans le syndrome des jambes sans repos, dans les flush associées à la rosacée.

En anesthésie-réanimationModifier

La principale indication de la clonidine est l'urgence hypertensive.

Néanmoins, la clonidine est surtout reconnue et utilisée en anesthésie-réanimation pour ses vertus sédatives et analgésiques[7]. Elle peut être utilisée per os en prémédication, en intraveineux et en périmédullaire.

La clonidine agit au niveau du loecus coeruleus où la stimulation des récepteurs α2 entraîne une indifférence à l'environnement et une sédation. Par ailleurs, la noradrénaline a des vertus analgésiques par le biais des récepteurs α2 notamment dans la corne dorsale de la moelle. Cet effet est cohérent avec la logique « Fight or Flight » du système sympathique. Par son affinité au récepteur α2 la clonidine active les mêmes voies intracellulaires que la noradrénaline endogène. Il s’agit d’ouvrir un canal potassique facilitant l’hyperpolarisation de neurones WDR (wide dynamic range), déprimant ainsi leur activité. Ces neurones sont habituellement stimulés par des fibres Aδ ou C provenant de la périphérie. La clonidine peut donc émousser un afflux nerveux nociceptif. Ainsi la clonidine potentialise l'anesthésie en jouant à la fois sur la sédation et la douleur.

Elle a en plus d'autres vertus. La clonidine a des effets sur la thermorégulation. Ainsi, elle est utile pour prévenir le frisson post-anesthésique à la physiopathologie complexe. La clonidine joue également un rôle préventif des nausées et vomissements post-opératoires (NVPO). Il est fort probable que la diminution des besoins en morphiniques soit l’explication principale. En anesthésie loco-régionale, la clonidine prolonge les effets des anesthésiques locaux. Il existe aussi des propriétés méconnues avec des pistes de recherche à défricher : effet diurétique (effet sur l’ADH et l’ANP ?) et effet d’épargne azoté[8].

Mécanisme d'actionModifier

La clonidine stimule les récepteurs α2 du système nerveux sympathique. Ces récepteurs ont un effet de rétrocontrôle négatif présynaptique induisant une diminution de la sécrétion d'adrénaline et de noradrénaline dans la fente synaptique.

Une des actions les plus visibles de la clonidine est de déprimer les noyaux vasomoteurs dans le tronc cérébral, gommant ainsi à la fois le tonus de base et la réactivité sympathique. La clonidine induit donc une tendance à la bradycardie et à l’hypotension. Elle peut aussi provoquer sécheresse buccale et une constipation. Si la clonidine est brutalement arrêtée, le système nerveux sympathique ré-augmentera sa production de fortes concentrations d'adrénaline et de noradrénaline, à des taux plus hauts qu'avant le traitement ce qui peut causer un rebond hypertensif. Cet effet peut-être limité par une diminution progressive.

La clonidine a une affinité 200 fois plus grande pour le récepteur α2 que pour le récepteur α1. Sa biodisponibilité per os est proche de 100 %. Sa demi-vie est longue : 12 à 24 heures. La moitié de la dose absorbée est excrétée inchangée dans les urines. L'insuffisance rénale ralentit l'élimination de la clonidine.

Une hypothèse alternative est que la clonidine agit comme agoniste des récepteurs des imidazolines (médicaments utilisés comme vasoconstricteurs)

Le test de suppression de la clonidineModifier

L'effet de la clonidine de diminuer la circulation d'adrénaline via une action centrale a été utilisé dans le passé comme outil de diagnostic du phéochromocytome qui est une tumeur au niveau de la partie médullaire de la glande surrénale qui synthétise des catécholamines (adrénaline et noradrénaline). Un test est positif s'il n'y a pas de rétrocontrôle négatif central possible et donc pas de diminution des taux plasmatiques de catécholamines.


Effets indésirablesModifier

Ce médicament peut causer des vertiges, une hypotension, une sécheresse de la bouche et une constipation. La clonidine a aussi un effet sur les récepteurs α périphériques et peut entraîner une hypertension surtout si elle est injectée en intraveineux.

On ne sait pas si les effets de la clonidine sont dangereux ou non pour les fœtus. La clonidine peut passer par le lait maternel et peut avoir des effets sur l'enfant allaité.

En FranceModifier

La seule spécialité qui contienne cette molécule est le Catapressan en France. Sa seule indication est l'hypertension artérielle mais ce n'est pas un traitement de première intention.

Toutes les autres indications sont hors Autorisation de mise sur le marché en France.

Notes et référencesModifier

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. M. C. Houston, « Clonidine hydrochloride », Southern Medical Journal, vol. 75, no 6,‎ , p. 713–719 (ISSN 0038-4348, PMID 7046065, lire en ligne, consulté le 27 septembre 2017)
  3. « VIDAL - Clonidine », sur www.vidal.fr (consulté le 27 septembre 2017)
  4. (en) Pubchem, « clonidine », sur pubchem.ncbi.nlm.nih.gov (consulté le 27 septembre 2017)
  5. (en) Majid Mokhtari, Mohammad Sistanizad et Maryam Farasatinasab, « Antipyretic Effect of Clonidine in Intensive Care Unit Patients: A Nested Observational Study », The Journal of Clinical Pharmacology, vol. 57, no 1,‎ , p. 48–51 (ISSN 1552-4604, DOI 10.1002/jcph.776, lire en ligne, consulté le 27 septembre 2017)
  6. (en) Melanie Gillison, Jennifer Fairbairn, Kevin McDonald et Rosemary Zvonar, « Clonidine Use in the Intensive Care Unit of a Tertiary Care Hospital: Retrospective Analysis », The Canadian Journal of Hospital Pharmacy, vol. 57, no 2,‎ (ISSN 1920-2903, DOI 10.4212/cjhp.v57i2.357, lire en ligne, consulté le 28 avril 2018)
  7. http://www.nfkb0.com/2013/02/16/la-clonidine/
  8. Dexmédétomidine et clonidine : revue de leurs propriétés pharmacodynamiques en vue de définir la place des agonistes alpha-2 adrénergiques dans la sédation en réanimation. Annales Françaises d'Anesthésie et de Réanimation, Volume 31, Issue 11, November 2012, Pages 876-896 C. Pichot, D. Longrois, M. Ghignone, L. Quintin.

Liens externesModifier