Cistron

composé chimique

Un cistron est une unité génétique fonctionnelle — définie par le test cis-trans — correspondant à l'unité codante et non codante d'un gène, il lui est donc synonyme. Ce terme est d'ailleurs l'ancienne définition du gène. Si ce gène code une protéine, le cistron comprend alors l'ensemble des codons qui codent une protéine donnée[1]. Anciennement, les biochimistes définissaient le gène comme codant forcément un polypeptide. Néanmoins, des découvertes[Quand ?] en génétique[Lesquelles ?] ont remis en cause ce raisonnement. En effet, des généticiens[Lesquels ?] se sont rendus compte qu'on limitait le gène à sa partie codante une protéine.[réf. nécessaire]

Ce terme a été inventé par le biologiste et généticien Seymour Benzer lors de ses travaux sur la nature linéaire des gènes, dans la deuxième moitié des années 1950[2]. Ce néologisme dérive des termes cis et trans utilisés en génétique pour analyser les effets combinés de mutations. Deux mutations sont localisées en cis si elles sont portées sur la même molécule d'ADN (le même chromosome), elles sont localisées en trans si elles sont sur deux copies différentes de l'ADN (chacune sur un chromosome différent). En combinant ces mutations deux à deux, Benzer a mis en évidence que les mutations affectant la même unité fonctionnelle (un même gène) ne donnaient lieu qu'à des mécanismes de complémentation en cis, tandis que celles qui affectaient deux unités fonctionnelles distinctes pouvaient donner lieu à une complémentation en trans. C'est ainsi qu'il a montré que les gènes étaient linéaires et correspondaient à des portions continues de l'ADN.

Dans la définition originale de Benzer, un cistron correspond donc à « l'ensemble des sites de l'ADN qui peuvent donner lieu à des événements de complémentation en cis ».

Le terme de cistron se retrouve dans la terminologie monocistronique et polycistronique utilisée pour qualifier les ARN messagers. Un ARNm monocistronique ne code qu'une chaîne protéique, un ARNm polycistronique en code plusieurs (principalement chez les procaryotes).

RéférencesModifier

  1. Benjamin Lewin, Genes VII, New York, Cell Press, (ISBN 0-19-879276-X), p. 955
  2. (en) Benzer S., « On the topology of the genetic fine structure. », Proc. Natl. Acad. Sci. USA, vol. 45, no 11,‎ , p. 1607-1620 (PMID 16590553)