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Louis-Ferdinand Céline au début de la Première Guerre mondiale.

Le Carnet du Cuirassier Destouches contient les premiers écrits véritablement autobiographiques de l'auteur Louis-Ferdinand Céline. Rédigés de novembre 1913 à octobre 1914 dans un carnet en moleskine, ils n'ont été publiés pour la première fois qu'en 1963, puis en 1970 à la suite de Casse-pipe lors de sa réédition en poche[1].

ContenuModifier

Louis-Ferdinand Destouches débute la rédaction du carnet en novembre 1913, un peu plus d'un an après son incorporation au 12e régiment de cuirassiers de Rambouillet en septembre 1912. Il y est brigadier depuis août 1913. Il retranscrit la vie militaire et les émotions qui rythment son quotidien. Le carnet laisse clairement entrevoir les premiers sentiments antimilitaristes de l'auteur, sentiments qui seront confirmés et revendiqués près de vingt ans plus tard dans Voyage au bout de la nuit. Céline décrit notamment les corvées de bois, les épreuves physiques et les brimades dont il est alors fréquemment l'objet. Il conserve le carnet dans son paquetage jusqu'au début de la guerre en août 1914[2].

Parcours du carnetModifier

Grièvement blessé près de Poelkapelle en octobre 1914, Louis-Ferdinand Destouches doit être transféré en urgence vers un poste de secours et cesser définitivement la rédaction du carnet (il ne reste que trente pages vierges). C'est durant son évacuation qu'il confie ses effets personnels à Maurice Langlet, un camarade de régiment. Langlet, ignorant par la suite ce qu'est devenu Céline, conserve le carnet pendant une quarantaine d'années. Ce n'est qu'en 1957 avec la publication de D'un château l'autre que Maurice Langlet fait le lien avec l'auteur et s'efforce de lui restituer ses écrits en passant par Roger Nimier. Ce dernier, en lien avec Gaston Gallimard, prévient alors l'éditeur qui entre en contact avec Céline : « J'aimerais que nous parlions du petit carnet, de cuirassier, qu'un monsieur veut vous remettre »[3]. Cependant l'auteur s'oppose à toute publication et le carnet ne paraît que deux ans après sa mort, en 1963. François Gibault note que Céline « fait silence, dans son Carnet, de quelques événements, comme si il ne voulait déjà se souvenir que des épisodes mélancoliques et malheureux »[4].

Notes et référencesModifier