Bataille de Bressuire

bataille de la guerre de Vendée
Bataille de Bressuire
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Vue de Bressuire, gravure de Thomas Drake, album vendéen, vers 1850.
Informations générales
Date
Lieu Bressuire
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Jean-Nicolas Stofflet
• Louis Richard
Forces en présence
300 à 400 hommes[1],[2]3 000 hommes[3],[4]
Pertes
~ 50 morts[2]Inconnues
Civils : ~ 20 morts[2]

Guerre de Vendée

Batailles

Coordonnées 46° 50′ 27″ nord, 0° 29′ 14″ ouest
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Bataille de Bressuire

La bataille de Bressuire a lieu le lors de la guerre de Vendée. Elle s'achève par la victoire des Vendéens qui s'emparent de la ville de Bressuire.

PréludeModifier

En janvier 1794, les colonnes infernales du général Turreau commencent à ravager la Vendée. La région de Bressuire est alors parcourue par la colonne du général Grignon qui massacre tous les habitants qu'il rencontre, hommes, femmes et enfants, sans aucune distinction[5],[6]. Quelques mois plus tard, cité dans un rapport du représentant en mission Joseph Lequinio, Auguste Chauvin, membre du comité de surveillance de la commune de Bressuire, qualifie la colonne de Grignon d'« armée d'exterminateurs »[5]. Le 21 mars, Jarry, administrateur de Bressuire, écrit : « Des officiers municipaux en écharpe et à la tête de leurs communes, étant allés au-devant de cette colonne, ont par elle été fusillés [...] Plusieurs femmes, après avoir servi à assouvir la brutalité des soldats, ont par eux été massacrées; les enfants même n'ont pas été épargnés »[6]. Dans ses mémoires, l'officier vendéen Bertrand Poirier de Beauvais écrit que « les villes, les bourgs, les champs, les prés, que dis-je ?... il n'est aucun lieu dans la Vendée qui fût exempt de crimes..., aucune place qui n'ait donné le spectacle de quelque barbarie..., pas un écho qui n'ait répété cent fois les cris de douleur de vieillards, de mères et de leurs enfants, déchirés et expirant sous les coups de baïonnette ! »[7].

La ville de Bressuire est cependant épargnée sur ordre du général Turreau, afin de servir de base aux forces républicaines et d'abriter les subsistances pillées[8]. Des gardes nationales sont également maintenues à Cerizay, La Forêt-sur-Sèvre, Moncoutant et La Chapelle-Saint-Laurent[9].

Début février 1794, Bressuire n'a pour garnison que 500 hommes sous les ordres du commandant Augé[10]. Le 13 et le 14 février, les habitants et les troupes de Bressuire sont évacués sur ordre du général Turreau et se retirent sur Doué[11],[12],[13],[14],[15]. Cependant, les républicains négligent d'emporter les subsistances, entroposées dans les magasins[16],[2], aussi la garnison et les habitants réinvestissent la ville quelques jours plus tard[2]. Le 23 février, le général François Carpantier, commandant à Saumur et à Doué, envoie une colonne mener une expédition à Bressuire pour « enlever les grains et brûler ensuite »[17].

Les massacres commis par les républicains provoquent également de nouveaux soulèvements[6]. L'administrateur Jarry écrit : « Les deux tiers des communes du district de Bressuire ayant été dévastées et incendiées, la plupart des habitants hachés à coups de sabre, ceux qui ont échappé aux massacres se sont insurgés »[6],[16]. Dans le Bressuirais, les révoltés prennent pour chef un marchand de vaches nommé Louis Richard[2],[18],[16]. Le 10 février, ils s'emparent du bourg de Cerizay, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Bressuire[4],[2],[18]. Trois jours plus tard, les gardes nationaux locaux reprennent Cersizay, avant de l'abandonner à nouveau en apprenant l'évacuation de Bressuire et de se replier sur Moncoutant[2]. Le 20 février, 250 patriotes attaquent 300 insurgés à La Forêt-sur-Sèvre, près de Cerizay : selon Jarry, ils leur tuent 64 hommes, contre seulement deux tués dans leurs rangs, mais ils se replient néanmoins sur le bourg de Largeasse[2]. Le 22 février, les forces de Richard sont rejointes à Cerizay par l'Armée d'Anjou, menée par Jean-Nicolas Stofflet[18],[4]. Deux jours plus tard, les Vendéens lancent l'assaut sur la ville de Bressuire[2],[16].

Forces en présenceModifier

Les effectifs républicains et royalistes engagés dans les combats ne sont pas connus avec exactitude. Le 23 février, le général Carpantier écrit au général Huché qu'il a envoyé 1 800 hommes à Bressuire[17]. Cependant le 26 février, Carpantier affirme dans un nouveau courrier à Huché que seulement 400 soldats étaient à Bressuire au moment de l'attaque des Vendéens[1]. Dans un mémoire rédigé le 21 mars 1794[A 1], l'administrateur Jarry écrit quant à lui que l'élite de la garnison est évacuée de Bressuire le matin du 24 février, et que seulement 300 hommes de « la nouvelle levée » sont présents à l'intérieur de la ville au moment de l'attaque[2].

Dans ses mémoires[A 2], l'officier vendéen Louis Monnier évalue quant à lui les républicains à 1 000 hommes d'infanterie, accompagnés d'une « nombreuse cavalerie »[19].

Du côté des Vendéens, Carpantier porte à 3 000 les effectifs de l'armée de Stofflet[3]. Dans ses mémoires [A 3], l'officier royaliste Bertrand Poirier de Beauvais indique que l'armée de Richard compte plus de 2 000 hommes[18],[4]. D'après Louis Monnier, les Vendéens manquent de munitions, chaque soldat ayant « à peine six coups à tirer »[19].

DéroulementModifier

Le 24 février, les Vendéens sortent de Cerizay et lancent l'attaque sur Bressuire[20],[18]. D'après Louis Monnier, Stofflet sabre lui-même la sentinelle à la porte de la ville et les Vendéens s'engouffrent dans la petite cité[19].

Les républicains sont surpris et n'opposent qu'une faible résistance[18],[19],[4]. D'après Bertrand Poirier de Beauvais, la garnison « surprise, se défendit mal et fut bientôt en déroute »[18].

D'après le récit de Monnier, une partie des soldats républicains se barricadent à l'intérieur de l'église[19]. Les Vendéens enfoncent alors les portes et exterminent en une demi-heure tous les patriotes présents à l'intérieur : « On ne leur demanda point de se rendre; d'ailleurs on ne faisait plus de prisonniers »[19].

PertesModifier

Le 26 février, le général Carpantier, commandant de la place de Doué, écrit au général Huché que les pertes sont peu importantes : « D'après le récit qui m'a été fait de l'invasion de Bressuire par les brigands, il paraît que la perte n'a pas été considérable ; car, sur quatre cents hommes, trois cents sont retirés à Parthenay, soixante à Thouars et Airvault, sans compter ceux qui sont à Argenton et qui rentreront »[1].

Dans ses mémoires, Louis Monnier affirme quant à lui que la garnison républicaine est totalement détruite : « Ce n'était pas une guerre ce jour-là, c'était un massacre ; les rues étaient jonchées de morts. Ceux qui se sauvèrent hors la ville, furent tués par les paysans du pays, de sorte que cette garnison fut détruite »[19]. Selon lui, 300 soldats républicains retranchés dans l'église de Bressuire y sont tués jusqu'au dernier[19],[16].

Cependant, ces affirmations sont contredites par celles de Bertrand Poirier de Beauvais qui indique dans ses mémoires que les républicains perdent « du monde » lors de ce combat « mais non considérablement », les soldats s'étant enfuis « avec vivacité »[18].

Le seul véritable bilan est donné par l'administrateur Jarry, qui affirme qu'une cinquantaine de volontaires et une vingtaine d'habitants de Bressuire sont massacrés lors de la prise de la ville par les Vendéens[2]. D'après lui, certains volontaires, « restés malades à l'hôpital », sont « arrachés de leurs lits et assassinés »[2].

Les Vendéens capturent également plusieurs barils de poudre[18],[19],[4]. Monnier rapporte qu'une vieille femme lui offre 1 200 cartouches qui avaient été cachées dans sa cave par les républicains[19]. Jarry fait mention d'un le butin de 4 000 cartouches et d'une caisse de pierre à fusil[2].

SuitesModifier

Maîtres de Bressuire, les officiers vendéens envisagent d'incendier la ville pour qu'elle ne puisse plus servir de base aux républicains, mais cet avis n'est pas retenu[18].

Le conseil de l'armée d'Anjou est ensuite réorganisé pour ne plus compter que sept membres[18],[4]. Stofflet est élu général en chef par les officiers[18],[4]. Les six autres membres du conseil sont de Bruc, La Bouëre, Beaurepaire, Baugé, Berrard et Poirier de Beauvais[18],[4],[16].

Le 26 février, les Vendéens attaquent Argenton et mettent en fuite sa faible garnison[3],[18],[4]. L'Armée d'Anjou se sépare ensuite de l'armée de Richard et se porte à Saint-Aubin-de-Baubigné[7].

Le 28 février, à Doué, le général Carpantier écrit à Huché que les « brigands » sont toujours à Bressuire mais qu'il n'a pas les forces suffisantes pour lancer une contre-attaque, n'ayant que 1 200 hommes sous ses ordres, dont 400 partis au secours de Thouars, menacé, et 300 envoyés à Vihiers[21].

Considérée comme indéfendable, Bressuire est définitivement évacuée le 14 mars, puis incendiée par la colonne du général Grignon[15],[22]. Les habitants s'établissent alors dans le sud du département des Deux-Sèvres, principalement à Parthenay, à Airvault, à Niort, voir à Poitiers[15]. La ville, presque entièrement détruite, reste abandonnée de mars 1794 à juin 1795[23]. Certains habitants réinvestissent les faubourgs en mai et juin 1795, mais il faut attendre février 1796 pour voir le retour des réfugiés[15]. De 2 000 habitants en 1790, Bressuire n'en compte plus que 630 à 700 en 1800[23],[15].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Un ordre fit partir, sur les 9 heures, l'élite de la garnison; il ne resta dans cette malheureuse ville pour toute garde que 300 hommes de la nouvelle levée. Le commandant de la place n'a pris aucune précaution, point d'avant-postes ni de patrouilles pour éclairer le pays. Il a fait défense aux habitants de Bressuire de sortir de la ville sous peine de mort. Le commandant, s'étant transporté à la municipalité, s'affuble de chasuble, d'étole, etc., et, dans le moment où il joue la mascarade, les brigands surprennent la garde, égorgent les postes. A peine on commence à battre la générale, que le tambour est taillé en pièces, et la garnison se sauve en désordre, abandonnant ses sacs, et quelques soldats leurs armes. Une cinquantaine de volontaires sont massacrés dans Bressuire, ainsi que ceux des habitants qui ne peuvent se sauver, au nombre d'une vingtaine. De malheureux volontaires, qui étaient restés malades à l'hôpital, ont été arrachés de leurs lits et assassinés. 4,000 cartouches, une caisse de pierres à fusil, 2 pièces d'eau-de-vie sont devenues le butin de l'ennemi, ainsi que plusieurs fusils. Les magasins de Cerizay et la Forêt ont été absolument abandonnés. Les brigands sont restés deux jours à Bressuire[2]. »

    — Mémoire de Jarry, administrateur de Bressuire, lu, au nom de cette administration, le 1er germinal an II (21 mars 1794).

  2. « De là nous allâmes à Bressuire, où il y avait une forte garnison, composée surtout d'une nombreuse cavalerie, et de 1.000 hommes d'infanterie. Chaque soldat avait à peine six coups à tirer. Les bleus ne nous attendaient point; ils étaient dans la plus grande sécurité. Ces cavaliers avaient des manteaux blancs. Nous les aperçûmes dans un grand champ, à côté de la grande route, ils passaient la revue de leur chef. Le général, qui avait disposé l'armée pour cerner la ville, me donna la droite à commander, il prit la gauche, arriva près de cette cavalerie et fit sur elle une décharge à cinquante pas. Ils rentrèrent promptement dans la ville. Le général sabra lui-même la sentinelle qui était à la porte de la ville, elle crut heureusement que c'était un des siens. Notre colonne entra pêle-mêle. J'étais alors à l'autre extrémité de la ville; en entrant, j'aperçus, dans une grande rue, une foule de bleus qui se sauvaient. Le feu commença et fut vif. Le général qui les poursuivait dans toutes les rues ne faisait point de quartier ainsi que ses soldats. Les bleus, au nombre de 300, cherchèrent, pour un instant, leur salut dans l'église, en fermèrent les portes et s'y crurent en sûreté. Ce n'était pas une guerre ce jour-là, c'était un massacre ; les rues étaient jonchées de morts. Ceux qui se sauvèrent hors la ville, furent tués par les paysans du pays, de sorte que cette garnison fut détruite. Les bons chevaux qui restèrent, montèrent nos cavaliers qui en avaient besoin. On revint à l'église. Nous pensions que du clocher qui est extrêmement élevé, ils nous auraient visés par les ouvertures. On commença par percer des trous dans la grande porte. On ne leur demanda point de se rendre; d'ailleurs on ne faisait plus de prisonniers. Ils étaient tous dans le cheur de l'église. Les autres portes furent trouées également, et on fit feu pendant près d'une demi-heure. Il y en eut qui, pour se préserver, se mettaient le long des murs, mais par les petites portes nous voyions clairement chaque bas côté de l'église. A la fin, on défonça la grande porte et on entra dans l'église où le sang coula à ruisseler. Plusieurs, pour se sauver, se mirent parmi les morts, mais nos soldats, qui les fouillèrent, n'en laissèrent pas échapper un seul. Nos soldats, qui n'avaient plus de cartouches, s'en munirent ainsi que de bons fusils.

    Nous restâmes deux jours à Bressuire pour nous reposer. Je me promenai dans une rue avec de nos officiers; une vieille femme qui était à la porte d'une maison d'assez belle apparence, crut que nous allions pour la tuer ; elle me dit : « Ah! mes bons a amis, ne me faites point de mal, je vais vous dire quelque chose. Venez avec moi. » Nous armâmes nos fusils et nous entrâmes dans la maison. Après cela, elle me dit : « Tenez, ôtez cette armoire; il y a une porte derrière, et « vous allez trouver des grandes caisses ; je ne sais pas ce « qu'il y a dedans. » C'était dans une cave, où il y avait d'excellent vin rouge en bouteille. La cave était noire, la femme nous donna de la lumière. Nous vîmes cinq caisses, dont chacune contenait plus de 200 cartouches. Je dis à mes officiers : « Restez là, je vais aller en rendre compte au général. » Le général, qui était à déjeûner, me dit : « Vous n'en prenez pas votre part ? Je vous ai attendu longtemps. Je me suis mis à manger, pour aller ensuite passer l'armée en revue, et partir. » Je lui dis : « Nous « avons eu une belle affaire hier. Mais ce que nous avons pris à l'ennemi sur le champ de bataille ne vaut pas ce « que je viens de découvrir et qui nous fera faire d'autres victimes. Grâce au courage de nos soldats, j'espère bien que nous rentrerons dans notre pays. » J'engageai le général à venir voir ma découverte, sans lui dire positivement ce que c'était. Il y vint, et jamais il ne fut plus content que de cette trouvaille de 1.200 cartouches. Il donna un louis en or à cette femme[19]. »

    — Mémoires de Louis Monnier.

  3. « Nous savions que Richard, simple paysan, brave et honnête homme, avait réussi à se former une petite armée de deux mille et quelques cents hommes, dans les environs de Cerisais; il avait déjà eu plusieurs succès. Nous allâmes le rejoindre afin d'enlever de ce côté quelques postes à l'ennemi, ce qui, en augmentant nos conquêtes, relèverait le courage de nos gens, que l'affaire de Beaupréau avait un peu abattus.

    Nous fûmes, le 22 février, à Cerisais, où était Richard avec sa troupe; il venait de s'emparer de cette ville, dans laquelle se trouvait une quantité considérable de blé, que nous fîmes enlever sur-le-champ par les métayers des paroisses voisines, prenant leurs noms et la quantité de ce qu'on leur donnait. Ce blé était le résultat d'une des opérations du plan de Turreau, et n'avait pu encore être transféré dans l'intérieur de la République.

    L'armée de Richard était en bonne disposition et ne demandait qu'à se battre.

    Nous partons tous de Cerisais, le surlendemain du jour (vers le 24 février) où nous y étions arrivés, et nous nous dirigeons sur Bressuire. La garnison surprise se défendit mal et fut bientôt en déroute, perdant du monde, mais non considérablement, tant les soldats fuyaient avec vivacité. Parmi les choses que nous trouvâmes à Bressuire et qui nous firent le plus de plaisir, ce furent quelques barils de poudre.

    Comme cette ville était le premier point d'appui que prenaient les républicains quand ils venaient nous attaquer de ce côté, il fut agité si on la brûlerait...

    Cet avis ne passa pas, mais nos ennemis la brûlèrent eux-mêmes quelque temps après, je ne sais pourquoi. Par le même raisonnement, je pense, que celui qui leur faisait égorger les femmes et les enfants.

    Pendant le séjour que nous fîmes à Bressuire, on s'occupa de l'organisation de l'armée.

    La première chose fut de diminuer le nombre de ceux qui composaient le Conseil, ce qui rendait le secret difficile.

    Comme nous étions assemblés à ce sujet, Berrard dit a qu'une affaire essentielle s'imposait aux membres qui dorénavant composeraient le Conseil : c'était la nomination d'un général en chef, et qu'il pensait que nous

    ne pouvions mieux faire que de choisir Stofflet .

    Ce dernier et Berrard étaient fort amis. Berrard, ne pouvant avoir la prétention d'être général, aurait été bien aise que Stofflet le fût ; se croyant plus d'esprit que lui, il espérait le diriger en toutes choses.

    Je lui répondis « que son observation était juste, et qu'on verrait avec plaisir Stofflet général en chef, mais que pour en remplir les fonctions utilement et être parfaitement obéi, je proposais, afin que l'élection fût plus libre, qu'on écrivit chacun sur des morceaux de papier d'égale grandeur le nom de celui qu'il choisissait ; celui de nous qui aurait la majorité serait reconnu pour général en chef ».

    Ma proposition fut approuvée.

    Stofflet, qui craignait de ne pas être nommé, et ses craintes étaient fondées, prit alors la parole :

    Non, non, messieurs, cela n'est pas nécessaire, et si vous voulez m'en croire, on s'en tiendra au Conseil que l'on va nommer, dont les membres seront également les chefs de l'armée.

    Comme ce mode satisfaisait plus de personnes à la fois, il passa.

    Le Conseil, fixé à sept membres, fut constitué ainsi :

    Stofflet, de Bruc, La Bouëre, Beaurepaire, Baugé, Berrard et moi.

    Nous quittâmes Bressuire avec l'intention de marcher sur Argenton-le-Château, mais en prenant un chemin qui pût nous faire supposer d'autres projets. Un détachement de la garnison vint nous attaquer au bourg où nous étions; les républicains furent battus et reconduits jusque dans Argenton, où nous entrâmes pêlemêle avec eux[18]. »

    — Mémoires de Bertrand Poirier de Beauvais.

RéférencesModifier

  1. a b et c Savary, t. III, 1825, p. 230.
  2. a b c d e f g h i j k l m n et o Chassin, t. IV, 1895, p. 314-315.
  3. a b et c Savary, t. III, 1825, p. 232.
  4. a b c d e f g h i et j Chassin, t. IV, 1895, p. 309-310.
  5. a et b Delahaye et Gaborit 1995, p. 104-105.
  6. a b c et d Chassin, t. IV, 1895, p. 312.
  7. a et b Poirier de Beauvais 1893, p. 268.
  8. Delahaye et Gaborit 1995, p. 33.
  9. Chassin, t. IV, 1895, p. 311.
  10. Savary, t. III, 1825, p. 138.
  11. Chassin, t. IV, 1895, p. 313.
  12. Savary, t. III, 1825, p. 189.
  13. Savary, t. III, 1825, p. 198.
  14. Savary, t. III, 1825, p. 179.
  15. a b c d et e Hussenet 2007, p. 292-294.
  16. a b c d e et f Gabory 2009, p. 388-389.
  17. a et b Savary, t. III, 1825, p. 225.
  18. a b c d e f g h i j k l m n et o Poirier de Beauvais 1893, p. 265-267.
  19. a b c d e f g h i j et k Monnier 1894, p. 73-75.
  20. Delahaye et Gaborit 1995, p. 54.
  21. Savary, t. III, 1825, p. 235.
  22. Savary, t. III, 1825, p. 290.
  23. a et b Hussenet 2007, p. 494.

BibliographieModifier