Barrage Pak Mun

barrage hydroélectrique en Thaïlande
Barrage Pak Mun
Géographie
Localisation
Khong Chiam (d)
Flag of Thailand.svg Thaïlande
Coordonnées
Objectifs et impacts
Opérateur
Date du début des travaux
Barrage
Longueur
324 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Centrale(s) hydroélectrique(s)
Puissance installée
136 MWVoir et modifier les données sur Wikidata

Le barrage Pak Mun (Embouchure de la Mun) (Thaï: เขื่อนปากมูล) est un barrage de type gravitaire situé sur la rivière Mun à 5,5 km à l’ouest de sa confluence avec le Mékong dans la province d'Ubon Ratchathani, en Thaïlande. Il a été construit par l’Electricity Generating Authority of Thailand (EGAT) avec l’appui de la Banque mondiale au cout de 240 millions de $ US, et terminé en 1994.

Le projet a été critiqué pour ses effets négatifs sur les pêcheries sur la rivière Mun, une insuffisante compensation aux villageois affectés par sa construction et son incapacité à générer la puissance électrique anticipée. L’impact immédiat du barrage a été d’inonder 117 kilomètres carrés de terre et de déplacer environ 3 000 familles. Un total d’environ 25 000 villageois disent avoir été affectés par le barrage. Des protestations ont été organisées sur le site même du barrage et près de la Maison du gouvernement à Bangkok. L'EGAT a payé 44,24 millions de $ US en frais de relocalisation en plus de 15,8 millions en pertes de capacité de pêche[1].

L'écrivain thaïlandais Pira Sudham est très critique du traitement des paysans de son coin de pays par l'EGAT et de la façon dont les plaintes ont été prises en compte par le gouvernement : faible compensation, relocalisation sur des terres non fertiles, traitement brutal. Il critique aussi la Banque mondiale qui a financé le projet pour ensuite admettre qu'il a été une erreur, mais sans en prendre la responsabilité.

PêcheriesModifier

En response aux inquiétudes quant à l’impact sur les pêcheries, une échelle à poissons a été incorporée au barrage pour permettre aux poissons d’aller frayer dans la rivière Mun. Cependant, l’échelle semble inefficace : un rapport de la World Commission on Dams (en) a estimé que sur 265 espèces de poisson précédemment recensées dans la rivière Mun, au moins 50 ont disparu et de nombreuses autres ont diminué significativement. Les prises ont diminué de 60 % à 80 %. Il n'est pas certain cependant quelle proportion de cette baisse est attribuable au barrage par rapport aux autres facteurs potentiels.

En réponse aux protestations, le gouvernement a temporairement ouvert les portes du barrage en juin 2001. Plus tard, une étude de l’université d'Ubon Ratchathani a recommandé de garder les portes ouvertes pour cinq années additionnelles, et une étude de Living River Siam (en) a recommandé de démolir simplement le barrage. Le gouvernement a plutôt décidé de fermer les portes pendant huit mois chaque année, à partir de novembre 2002[2].

Production d’électricitéModifier

Le rapport de la World Commission on Dams (en) a aussi soulevé des doutes sur la puissance effective du barrage. Il estimait qu'il ne pouvait pas produire de façon fiable le volume d’électricité prévu, ce qui le rendait économiquement non viable. L'EGAT a répondu qu’une telle puissance continue n’était pas nécessaire et que le barrage restait une source utile d’électricité. Cette utilité n’est pas démontrée puisque la Thaïlande produit 130 % de sa consommation électrique quotidienne [réf. nécessaire].

RéférencesModifier

  1. Open Buildings: Pak Mun Dam
  2. International Rivers: Pak Mun Dam

Liens externesModifier

  • Tyson R. Roberts, « On The River of no Returns: Thailand's Pak Mun Dam and its Fish Ladder », NAT. HIST. BULL. SIAM SOC., Thai Science, no 49,‎ , p. 189–230 (lire en ligne, consulté le )
  • Site officiel de Pira Sudham