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L'adaptationnisme est une vision de la biologie de l'évolution qui insiste sur le fait que les traits des espèces vivantes sont principalement le résultat d'une adaptation aux pressions de sélection. Les visions opposées à ce programme issu du néodarwinisme sont le structuralisme (en) (rôle des contraintes morphologiques, préadaptations versus exaptations) et le neutralisme (rôle de la dérive génétique).

Sommaire

ControversesModifier

La vision adaptationniste de l'évolution est l'objet d'intenses controverses scientifiques en particulier dans des domaines comme la psychologie évolutionniste. Elle est notamment critiquée par des biologistes comme Stephen Jay Gould et Richard C. Lewontin qui soulignent l'importance des contraintes développementales dans la formation des traits biologiques[1]. Selon leur article considéré comme un des plus célèbres de la biologie, « l'adaptationnisme procède en deux étapes : 1) l'atomisation de l'organisme en traits, chacun d'eux étant décrit comme une structure conçue de manière optimale, par la sélection naturelle, pour remplir sa « fonction » ; 2) chaque trait n'apparaissant pas, en fait, comme parfaitement adapté à sa fonction, l'adaptationniste explique que tout organisme est le meilleur compromis possible entre les différentes exigences environnementales auxquelles il est soumis[2]. »

Mais les tenants du paradigme adaptationniste mettent en avant certains phénomènes comme les convergences évolutives ou les coévolutions adaptatives pour minorer l'importance de ces contraintes ou le rôle du hasard face à la force de la sélection naturelle.

Le débat est aujourd'hui plus équilibré et ne porte plus sur « l'importance de la sélection naturelle, celle-ci demeurant décisive, mais seulement sur le caractère absolu du déterminisme sélectif et du principe (corrélatif) d'adaptationnisme, tels qu'ils furent utilisés dans le cadre traditionnel de la théorie synthétique, ou tels qu'ils devraient l'être dans le cadre d'une vision plus large et plus ouverte, faisant leur part aux autres aspects de la causalité évolutive[3]. »

Notes et référencesModifier

  1. (en) S. J. Gould & R. C. Lewontin, « The Spandrels of San Marco and the Panglossian Paradigm: A Critique of the Adaptationist Programme », Proceedings of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, vol. 205, no 1161,‎ , p. 581-598.
  2. Anouk Barberousse, Denis Bonnay, Mikael Cozic, Précis de philosophie des sciences, Vuibert, , p. 109.
  3. Alain Prochiantz, Darwin : 200 ans, Odile Jacob, , p. 84.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Barbara Stiegler, Il faut s'adapter. Sur un nouvel impératif politique, Gallimard, 2019

En anglais :