Aïcha Bah Diallo

politicienne guinéenne

Aïcha Bah Diallo, née en 1942 à Kouroussa, est une femme politique guinéenne, qui a été ministre de l'éducation. C'est aussi une militante des droits des femmes. Elle a été responsable de la mise en œuvre de réformes majeures sur l'amélioration de l'éducation des jeunes filles.

BiographieModifier

Née en 1942 à Kouroussa, elle confie que, dès son enfance,  ses parents l'ont sans cesse poussée à s'affirmer : « J'étais la seule fille née après 3 garçons, et mes parents me disaient : tu dois être bonne à l'école, pas la deuxième, mais toujours la première, parce que nous savons que tu peux le faire »[1]. Elle bénéficie d'une formation supérieure scientifique, en  chimie à Université d'État de Pennsylvanie et obtient aussi un diplôme de troisième cycle en biochimie en Guinée, à l'Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Elle devient ensuite enseignante jusqu'en 1984. En 1984, après la mort d'Ahmed Sekou Touré, Lansana Conté parvient au pouvoir et, dans un premier temps, réintroduit le multipartisme, favorise un fonctionnement plus démocratique et un certain renouvellement. Il veut aussi sortir le pays de son isolement diplomatique. Elle est appelée à prendre une fonction de direction au sein du ministère des affaires étrangères. En 1989, elle est nommée Ministre de l'éducation, et reste à ce poste jusqu'en 1996. Durant cette période, le nombre de filles inscrites dans les écoles de la Guinée  double, passant de 113 000 à 233 000[2],[3]. En 1992, elle  contribue à la création du Forum for African Women Educationalists (FAWE). À partir de 1996, n'ayant plus de responsabilités ministérielles en Guinée, et jusqu'en 2005, elle anime les politiques de l'éducation au sein de l'UNESCO, où elle est nommée pour aider à améliorer l'éducation des femmes dans les pays les moins avancés[4]. En 2005, elle contribue à mettre en place l'Association pour le Renforcement de l'Enseignement Supérieur pour les Femmes en Afrique (ASHEWA) et est nommée conseillère spéciale du Directeur Général de l'UNESCO pour l'Afrique, un poste qu'elle occupe jusqu'en 2009. Elle siège au Comité de Liaison des ONG, en partenariat avec l'UNESCO. Elle est également membre du Comité pour le prix de la Bonne Gouvernance et du Leadership en Afrique de la Fondation Mo Ibrahim[5], et  du Comité consultatif du président (President Advisory Panel) de la Banque islamique de développement (PAP/BID).

À de multiples reprises, elle a mis l'accent, durant son parcours, sur l'accès des femmes à l'éducation en Afrique, qui doit être une priorité des gouvernements et qui doit être sécurisée contre toutes les formes de violence à l'intérieur et à l'extérieur de la salle de classe[4],[6],[7].

DistinctionModifier

Elle a reçu plusieurs distinctions pour son travail dans l'éducation en Afrique, y compris[8] :

RéférencesModifier

  1. (en) « 100 Most Influential Africans – Aicha Bah Diallo », New African Magazine,‎ (lire en ligne)
  2. (en) « Aïcha Bah Diallo », sur Wise Initiative (consulté en )
  3. (en) « Aïcha Bah Diallo, Chair », sur TrustAfrica (consulté en )
  4. a et b Brigitte Breuillac, « Trois questions à... Aïcha Bah Diallo », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Raoul Mbog, « La bonne gouvernance est d’abord une question d’institutions solides  », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. (en) « Aïcha Bah Diallo to head Guinea education ministry », Forum for African Women Educationalists,‎ (lire en ligne)
  7. Raoul Mbog, « Aicha Bah Diallo : L’éducation doit être la priorité des dirigeants africains  », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. http://newsdeguinee, « Hommage aux patriotes: Hadja Aïcha Bah ancienne ministre de l’éducation », sur informateur224.com, (consulté le )