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L'éclampsie est une crise convulsive généralisée survenant chez une femme enceinte dans un contexte d'hypertension gravidique. Elle survient habituellement comme la complication majeure de la pré-éclampsie. Il s'agit d'une urgence vitale pour la femme et l'enfant à naître.

Sommaire

Étymologie et histoireModifier

Le mot éclampsie vient du grec ἒϰλαμψις, eklampsis, « lumière éclatante, jet de lumière » ; il fut introduit par François Boissier de la Croix de Sauvages en référence à l'occurrence subite des convulsions chez les patientes.

ÉpidémiologieModifier

L'incidence de l'éclampsie a été estimée aux États-Unis à 0,04 % au Royaume-Uni à 0,05 % et seulement 0,02 % en Suède. En Afrique, par contre, la fréquence de l'éclampsie est très élevée, par exemple elle est de 36 % au Bénin[1], 10,75 % au Sénégal, 10,24 % au Nigéria et 9 % au Maroc.[réf. nécessaire]

DescriptionModifier

L'éclampsie survient exclusivement dans le cadre d'une hypertension gravidique, définie par la survenue d'une hypertension artérielle au cours de la grossesse après vingt semaines d'aménorrhée, ou au cours du post-partum avant six semaines[2]. Dans le deuxième cas, elle survient principalement dans les deux premiers jours[3]. Dans tous les cas, elle est le plus souvent la complication de la pré-éclampsie, définie par l'association d'une hypertension gravidique et d'une protéinurie[2].

La crise convulsive généralisée se développe en principe en quatre étapes qui peuvent se répéter[4] :

  1. phases d'invasion (quelques secondes) : contraction de la face et des membres supérieurs ;
  2. phase tonique (quelques dizaines de secondes) : contraction généralisée (y compris les muscles respiratoires) avec apnée ;
  3. phase clonique (quelques minutes) : convulsions généralisées avec possible morsure de langue ;
  4. phase stertoreuse (variable en durée) : obnubilation avec respiration bruyante.

Diagnostic différentielModifier

L'éclampsie doit être différenciée des autres causes de crise convulsive, qui peuvent être par exemple une hémorragie méningée ou une crise convulsive idiopathique[5].

Facteurs de risqueModifier

Article détaillé : pré-éclampsie.

Le facteur de risque principal d'éclampsie est la pré-éclampsie.

ÉvolutionModifier

L'éclampsie non prise en charge peut aboutir au décès[5]

Parmi les complications, sont possibles :

Prise en chargeModifier

Le traitement de l'éclampsie doit être immédiat et comporte deux volets successifs, la stabilisation de la patiente et l'arrêt de la grossesse.

StabilisationModifier

La stabilisation de la patiente comporte, outre les mesures habituelles de prise en charge en soins intensifs, l'arrêt des convulsions et le traitement de l'hypertension. Pour les convulsions, le traitement à privilégier est le sulfate de magnésium par voie intraveineuse, dont la dose doit être adaptée et dont le maintien est préconisé pendant 24 heures après la fin des crises[2]. En effet, ce traitement est d'efficacité supérieure au diazépam ou à la phénytoïne[2]. Pour l'hypertension, un traitement est souhaité selon les mêmes critères que pour la pré-éclampsie, à savoir si la pression artérielle diastolique est supérieure à 110 mmHg[5].

Arrêt de la grossesseModifier

L'arrêt de la grossesse est indispensable et doit avoir lieu dans les plus brefs délais, pouvant être par césarienne ou par voie basse, le plus souvent après stabilisation de la patiente[5].

PréventionModifier

La prévention de l'éclampsie est indiquée au cours de la pré-éclampsie sévère (définie par la présence d'un critère parmi : hypertension sévère, atteinte rénale, œdème aigu pulmonaire, syndrome HELLP, troubles neurologiques, thrombopénie, hématome rétroplacentaire, souffrance fœtale) lorsque surviennent des signes neurologiques associant céphalée rebelle, réflexes ostéotendineux polycycinétiques et troubles visuels[2]. Un traitement préventif par sulfate de magnésium intraveineux est alors recommandé en l'absence de contre-indications (insuffisance rénale ou maladie neuromusculaire)[2].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Mayes, M., Sweet, B. R. & Tiran, D. (1997). Mayes' Midwifery - A Textbook for Midwives 12th Édition, p. 533–545. Baillière Tindall. (ISBN 0-7020-1757-4)

Notes et référencesModifier

  1. http://saranf.net/Prise-en-charge-de-la-preeclampsie.html
  2. a b c d e et f Société française d’anesthésie et de réanimation, Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Société française de néonatologie, Société française de médecine périnatale, Prise en charge multidisciplinaire des formes graves de prééclampsie, 2009 [[PDF]lire en ligne
  3. Sabiri, A. Moussalit, S. Salmi, S. El Youssoufi, M. Miguil (2006) L'éclampsie du post-partum: épidémiologie et pronostic ; Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, Volume 36, Issue 3, Pages 276-280 B. Doi:10.1016/j.jgyn.2006.12.025 lire le résumé
  4. Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Item 17, item 218 : Principales complications de la grossesse – Pré-éclampsie et syndrome pré-éclamptique, 2006
  5. a b c et d (en) American College of Obstreticians and Gynecologists, « ACOG practice bulletin. Diagnosis and management of preeclampsia and eclampsia. Number 33, January 2002 », Obstet Gynecol, vol. 99, no 1,‎ , p. 159–67 (PMID 16175681), [PDF] lire en ligne