Zoo humain

L'expression « zoo humain » apparaît au début des années 2000 pour décrire un phénomène qui a prévalu au temps des empires coloniaux (États-Unis inclus) jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, et qui était présenté comme des expositions d'ethnographie coloniale ou des villages indigènes.

« Village sénégalais » mis en scène lors de l'exposition internationale d'Amiens de 1906.

Sous prétexte d'information, les expositions coloniales, universelles et internationales ont été l'occasion de présenter aux publics des métropoles occidentales des échantillons de divers peuples non-occidentaux, chacun mis en situation dans un environnement souvent bien éloigné du mode de vie réel des acteurs.

Cette attitude d’exhibitionnisme humiliante perdure aujourd'hui, mais sous d'autres formes.

TerminologieModifier

À l'époque où ces exhibitions étaient organisées, on les présentait comme des « expositions », « exhibitions » ou « spectacles » « ethnologiques », d'« ethnographie coloniale »[1] présentant des villages typiques d'un pays ou d'une ethnie. On les qualifiait souvent de « villages noirs », « nègres », ou « indigènes » ; on précisait parfois la nationalité (« village sénégalais », « soudanais », « ceylanais ») ou le groupe ethnique (« indien », « malabare ») présumé des personnes qui y étaient mises en scène[2].

Le terme « zoo humain » a été popularisé par la publication en 2002 de l’ouvrage Zoos humains. De la Vénus Hottentote aux reality shows, sous la direction de Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Éric Deroo et Sandrine Lemaire, historiens français spécialistes du phénomène colonial.

Controverse terminologiqueModifier

 
Exposition coloniale au Parc de Tennoji (Osaka)

Pour l'historien de l'anthropologie Claude Blanckaert, directeur de recherche au CNRS, le terme extrapolé de « zoo humain » n'est qu’un « artefact historiographique », « la formule emprunte au raccourci journalistique ». Il fait fi de la dynamique d’un rapport autrement contradictoire entre colons et colonisés[3].

Le 28 novembre 2013, la télévision nationale japonaise (NHK) a été condamnée à payer 1 000 000 de yens à la fille d'une membre de l'ethnie Paiwan de Taiwan, qui avait été envoyée par le Japon à l'exposition anglo-japonaise de 1910 ; le juge a estimé que l'emploi répété de l'expression « Zoo humain » (人間動物園“Ningen-Dobutsuen”) dans le programme documentaire Asia no Ittokoku d'avril 2009 était diffamant à l'égard d'elle-même et sa descendance[4].

HistoriqueModifier

Exhibitions de prestige avant l'époque contemporaineModifier

Le phénomène d'exhibition apparaît dès l'Antiquité. Les Grecs ont leurs « sauvages » et les Égyptiens ramènent des nains du Soudan pour les exhiber[5].

Le premier « zoo humain », en Amérique, semble avoir été celui de Moctezuma à Mexico, qui, en plus d'exhiber de vastes collections d'animaux, montrait aussi des êtres humains présentant des difformités : albinos, nains, bossus[6].

Le phénomène de spectacle commence à se développer dans les cours européennes avec les Grandes découvertes. Christophe Colomb ramène en 1492 six Indiens qu’il présente à la cour d’Espagne. En 1550, des Indiens Tupinamba défilent à Rouen devant Henri II, en 1644 des Groenlandais sont enlevés pour être exposés au roi Frédéric III de Danemark. Les ambassadeurs siamois sont présentés comme un spectacle exotique sous Louis XIV en 1686, comme le Tahitien Omai à la cour d’Angleterre en 1774[7].

Popularisation et industrialisation à partir du XIXe siècleModifier

 
Ota Benga, pygmée congolais exposé au zoo du Bronx de New York en 1906.

À partir du XIXe siècle, ces exhibitions ne sont plus réservées aux élites et se démocratisent, devenant extrêmement populaires, sur le modèle des grands spectacles de foire, avec notamment le développement d'attractions calquées sur le plan de la scénographie, sur celui du zoo itinérant des cirques Barnum, puis allant délibérément réinvestir des zoos existants.

Un des exemples les plus éloquents est Saartjie Baartman, surnommée la « Vénus hottentote », dont l'exposition en 1810 marque un tournant. Le 17 août 1861, l'entreprise montréalaise J.E. Guilbault exhibe au jardin Guilbault, aux limites du faubourg Saint-Laurent, trois membres de la famille Rudolph Lucasie, des Malgaches atteints d'albinisme, tous les jours de 9 h jusqu'à 19 h[8]. Le 6 septembre de l'année suivante, l'entreprise ajoute à son zoo deux filles à la peau blanche et aux cheveux et aux yeux violets nées d'une mère noire et qui ont des frères noirs[9],[10],[11]. Des Samoans et des Samis sont exhibés dans des zoos allemands par Carl Hagenbeck en 1874, le pygmée congolais Ota Benga est placé dans le zoo du Bronx en 1906, et des Amérindiens sont employés lors des Wild West Shows[5]; le terme s'applique aussi aux « freak shows » où est notamment exhibé William Henry Johnson.

Une véritable industrie du spectacle se met en place dès cette époque : les impresarios occidentaux (comme Jean-Alfred Vigé et Aimé Bouvier en France) se créent un réseau de recruteurs et chefs de troupes dans les différentes colonies (comme Jean Thiam et Mamadou Seck, sur l'île de Gorée) pour alimenter un marché en forte croissance à la fin du XIXe siècle. Au bout du compte, plus d'un milliard quatre cents millions de visiteurs ont pu voir 35 000 figurants dans le monde, entre 1800 et 1958, depuis les petites manifestations de cirque jusqu'aux grandes expositions coloniales et universelles pouvant mobiliser plusieurs millions de spectateurs[7], ainsi la grande exposition coloniale de 1907 à Nogent-sur-Marne attire 2,5 millions de visiteurs[12]. L'exotisme laisse alors la place au racialisme, lequel s’appuie sur un discours « scientifique »[13].

« Si le fait colonial — premier contact de masse entre l’Europe et le reste du monde — induit encore aujourd’hui une relation complexe entre Nous et les Autres ; ces exhibitions en sont le négatif tout aussi prégnant, car composante essentielle du premier contact, ici, entre les Autres et Nous. Un autre importé, exhibé, mesuré, montré, disséqué, spectularisé, scénographié, selon les attentes d’un Occident en quête de certitudes sur son rôle de « guide du monde », de « civilisation supérieure ». Aussi naturellement que le droit de « coloniser », ce droit d’« exhiber » des « exotiques » dans des zoos, des cirques ou des villages se généralise de Hambourg à Paris, de Chicago à Londres, de Milan à Varsovie... »
— « Zoos humains : entre mythe et réalité »[14]
 
Zoo humain à Rennes en 1929.

Un autre exemple est celui des six Inuits que Robert Peary a faits venir à Manhattan sur le bateau de son expédition scientifique, depuis le Groenland, en 1897 : un père et ses enfants, un jeune homme, et deux autres adultes. Ils sont restés quelque temps au Musée américain d'histoire naturelle, où ils étaient étudiés. Les adultes et un des enfants sont morts de tuberculose très peu de temps après - maladie inconnue chez eux - et le jeune homme a été ramené au Groenland. Le squelette du père a été exhibé dans une vitrine. Son fils, Minik Wallace, seul survivant, a été adopté par le surintendant du bâtiment du Musée. Il est retourné plus tard au Groenland, puis est retourné à Manhattan où il est mort, victime de l'épidémie d'influenza de 1918.[réf. nécessaire]

Les êtres humains exhibés fascinent car ils sont présentés comme étant sauvages, anormaux, extraordinaires, comme ayant des difformités, voire des coutumes comme le cannibalisme que l'on prête à certains. Parmi les Pygmées amenés aux Etats-Unis par Samuel Verner en 1904, certains ont les dents taillés en pointe. C'est le cas du jeune Ota Benga. Cette coutume du bassin du Congo fut interprétée comme la preuve de leur prétendu cannibalisme. Les Fuégiens exposés au jardin d'acclimatation de Paris à partir de 1877 sont également présentés comme des cannibales[15].

Les individus exhibés sont présentés comme des sous-hommes, voire comme des animaux. On les transporte d’exposition en exposition dans des wagons à bestiaux, comme des marchandises, sur lesquelles sont d'ailleurs prélevées des taxes au passage des frontières[15].

Les zoos humains sont un moyen de démontrer la prétendue supériorité de la civilisation occidentale. Ils auraient ainsi contribué au passage d'un racisme scientifique à un racisme populaire, d'après notamment les travaux de Pascal Blanchard[15]. Mais l'anthropologue Claude Blanckhaert conteste cette hypothèse : « L’idée sous-jacente à cette démonstration [...] consiste à dire que le racisme ordinaire est un sous-produit de la zoologie officielle ou que l’homme de la rue est un consommateur passif de savoirs garantis par le corps académique. C’est une thèse discutable. Il faut la démontrer avant de l’imposer »[3].

Les travaux de plusieurs historiens, notamment ceux de Pascal Blanchard, montrent qu'il y a une évolution du regard porté sur les exhibés après la Première Guerre mondiale. Environ un million d’hommes non-blancs sont venus au front, dans les usines ou dans les champs pendant la Première Guerre mondiale. Cela change le regard sur ces personnes, qu’on ne connaissait jusque là que grâce aux zoos humains. Le sauvage d’hier se transforme en courageux combattant ou en brave travailleur, qui aide à combattre contre plus sauvage que lui : l’Allemand. Après 1918, les personnes exhibées sont beaucoup moins souvent qualifiées de « sauvages ». Ce sont tout de même des indigènes, considérés comme inférieurs aux Blancs[15].

Premières critiquesModifier

Ces spectacles sont loin de susciter l'unanimité en Occident. Selon Claude Blanckaert, la multiplication des spectacles « anthropozoologiques » souleva des questions éthiques qui furent immédiatement perçues par les contemporains. Parmi les plus hostiles, l'anthropologue Léonce Manouvrier récusait dès 1882 l'expérience qu'on pouvait attendre de l’examen des indigènes parqués au Jardin d'acclimatation[3]. William Schneider montre que l'enseignement attendu des spectacles ethniques devint rapidement « un point de discorde majeur entre les membres de la Société d'Anthropologie » Ainsi, en 1886, la visite au Jardin ne mérite pas une délégation savante[3].

L'anatomiste français Georges Cuvier, dont les travaux étaient tout à fait conformes aux préjugés racistes de l'époque, juge, en 1800, qu'« il ne nous est pas permis même lorsque nous le pourrions, de sacrifier le bonheur, ni même de violer les volontés de nos semblables pour satisfaire une simple curiosité philosophique »[3].

Inversement, des démarches sont entreprises en France auprès du ministre de l’Instruction publique par Armand de Quatrefages, Franz Pruner-Bey et Louis Lartet, trois scientifiques monogénistes, modérés et même réputé antiraciste pour le premier d’entre eux, pour soutenir le projet d’exhibition de spécimens vivants des races de la terre lors de l’Exposition universelle de 1867[3].

À la suite de l’exposition coloniale de 1931 organisée à Paris, qui montre entre autres des villages indigènes reconstitués (africain, maghrébin, kanak) où leurs habitants sont obligés d'être leurs propres acteurs sous l’œil curieux de millions de visiteurs, des personnalités issues de communautés religieuses et d’organismes sociaux divers se mobilisent et permettent de mettre fin à ces exhibitions que l'on juge malsaines. « Le scandale ne tarda pas à éclater. En ce qui concerne les Kanaks, des plaintes se multiplient, d'abord de la part des Kanaks eux-mêmes, relayées par tous les familiers de la Nouvelle-Calédonie, les hommes d’Église, des Calédoniens de Paris et même une bonne partie des Européens de Nouvelle-Calédonie »[16], parmi lesquels on compte le pasteur Maurice Leenhardt, le père Bazin et les Maristes, puis par la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, et par le pasteur Soulier, député de Paris. « La presse politique demeura en revanche à peu près muette, à l’image de L’Humanité ». Il en fut de même pour Le Canard enchaîné[17].

Déclin des zoos humains au XXe siècleModifier

Les zoos humains s’étalent sur un période d’un peu plus de cinquante ans. Néanmoins, en 1931-1932, on constate une rupture majeure en à peine deux ans. En effet, depuis les années 1920, le public se lasse de ces exhibitions et les autorités publiques souhaitent renouveler la forme de celles-ci[18]. L'essor du cinéma ringardise les zoos humains[15].

De plus, dans l'entre-deux-guerres, l’Occident veut montrer qu’il a éduqué les colonisés et qu'il a significativement amélioré les conditions de vies dans les colonies (routes, écoles, domaine de la santé, etc.). Ainsi, à la fin des années 1920, les zoos humains commencent à faire tache car ils incarnent l’échec de la mission civilisatrice, ils finissent donc par être interdits par l’administration coloniale[19]. Hubert Lyautey impose ainsi la fin de toute exhibition à caractère racial (à l’instar de l’exhibition des Négresses à plateaux) dans le cadre de l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931[18].

Malgré tout le public reste avide de ce type d’expositions pleines de stéréotypes humiliants et dégradants pour les populations noires. Par exemple, une troupe de Kanaks est recrutée par des imprésarios mal intentionnés qui bernent les Mélanésiens et les obligent à jouer les cannibales au Jardin d’Acclimatation de Paris[19]. De plus, le regard basé sur l’inégalité entre les populations perdure au travers de nouveaux procédés (le cinéma, le théâtre, la photographie, etc.)[19].

Parmi les dernières tournées à caractère ethnographiques soit les dernières tournées présentant des « villages noirs » ou autres populations exotiques, on peut citer les deux dernières présentations d’Hagenbeck (la troupe de Canaques en 1931 et la troupe Tcherkesse l’année suivante), ou encore les expositions de Bâle, de Stockholm, de Kölen, de Milan ou enfin l’exhibition des « Négresses à plateau Sara-Kaba » de Cologne[18]. Aux États-Unis, les foires telles que le sideshow (en) (ménagerie humaine installée en marge des cirques) et le World Circus Sideshow (en) de Coney Island, freak show où l'exposition de peuples non occidentaux est supplantée par la mise en scène de « monstres », d'« idiots »[20].

L'exposition du monde portugais à Lisbonne en 1940, est probablement l'une des dernières exhibitions humaines à caractère colonial et ethnographique[21].

Exhibitions modernes depuis 1945Modifier

Les bâtiments de l’Exposition coloniale de Paris de 1931 ont rapidement été rasés, effaçant la trace du dernier grand zoo humain. Ces infrastructures sont bannies de la mémoire collective car elles incarnent la preuve la plus frappante, selon Pascal Blanchard et ses co-auteurs, des mécanismes du racisme populaire en Occident[22]. Restent cependant les spécimens humains conservés par les musées, comme celui de Saartjie Baartman, décédée le 29 septembre 1815 à Paris et dont le corps est restitué à l’Afrique du Sud en 2002[19].

Des événements rappelant les zoos humains apparaissent cependant ponctuellement après 1945[23].

Un village congolais est ainsi reconstitué et montré à Bruxelles lors de l'Exposition universelle de 1958 ; certains visiteurs ayant jeté des bananes aux figurants, ceux-ci décidèrent de partir[24].

En 1994, le parc zoologique de Port-Saint-Père[25], près de Nantes, en France, a essayé d’ouvrir un village africain avec hommes et femmes qui devaient, par contrat, être torse nu quand la température le permettait[26]. Sponsorisé par la société Biscuiterie Saint-Michel, pour faire la promotion de sa marque de gâteaux Bamboula (aujourd'hui disparue), le village de la Côte d'Ivoire reconstitué à Port-Saint-Père prit la dénomination de « Village de Bamboula », avec un personnage au même nom, une attraction destinée à des enfants[27],[28]. Une levée de boucliers mit fin à ce projet dont il ne resta plus, dans le parc, qu’un « village africain » dans les cases duquel on a pu voir pendant des années des reptiles et des oiseaux.

Des artistes cherchent à choquer en reproduisant les zoos humains, comme la Cubaine Coco Fusco (en) au début des années 1990, mais, selon Blanchard et al., l'indifférence des visiteurs laisse penser que les zoos humains ne choquaient toujours pas à cette époque[29].

Depuis 1999, avec entre autres l'émission Big Brother, la télévision est devenue le principal vecteur de création de zoos humains contemporains : c'est la thèse que défendent des chercheurs comme Nicolas Bancel, avec son équipe, mais aussi Olivier Razac. Le principe de ces téléréalités est d'enfermer un groupe d'hommes et de femmes observés en direct par le biais des caméras d'une chaîne de télévision. Les « acteurs » de ces shows sont le plus souvent des jeunes peu éduqués, issus de régions ou de milieux « stigmatisés »[30],[31].

En 2002, un village pygmée est exposé dans un parc animalier à Yvoir (Belgique). L'opération se voulait humanitaire : récolter des fonds pour construire des puits, des dispensaires et des écoles au sud du Cameroun. Le Centre pour l'égalité des chances y a vu une manifestation de mauvais goût sans intention raciste[32].

Un village africain a été ouvert dans le zoo d'Augsbourg en Allemagne en juillet 2005[33]. Quelques journaux locaux protestent mais la directrice du zoo vante l'ouverture au monde que provoquerait cette exhibition pour les petits Allemands[34].

Dans l'archipel d’Andaman (Inde), le contact établi avec la tribu isolée des Jarawa à la fin du XXe siècle a abouti à la perte de leurs connaissances ancestrales, alors qu'ils restent maintenus à la marge de la société, « piégés dans le cercle vicieux de la mendicité, du vol et de vexations diverses. » Exploités sexuellement, vulnérables aux ravages de l’alcool, ils servent d’attraction touristique pour des safaris humains. De manière récurrente, des touristes leur lancent des bananes ou des sucreries depuis leurs véhicules et leur ordonnent de danser[35].

Pendant quatre jours (du 26 au ), le zoo de Londres a accueilli des pensionnaires humains sur la montagne aux ours. Cette initiative visait à prouver « l'appartenance de l'homme au genre animal » et à « montrer que sa prolifération est un véritable fléau pour les autres espèces »[réf. nécessaire].

En 2007, des Pygmées ont été hébergés dans le zoo de Brazzaville pour le festival de musique panafricaine[réf. nécessaire].

Un « zoo humain » ouvert en 2008 en Thaïlande présente des membres de l'ethnie karen et notamment les femmes Padaung, vulgairement appelées « femmes-girafes » par une certaine presse[36].

En 2014, Brett Bailey présente Exhibit B, une série de tableaux vivants qui évoquent les zoos humains. L'installation-performance de l'artiste sud-africain, qui tourna dans plus de 15 pays européens, a entraîné à Londres puis à Paris une polémique, certaines personnes jugeant l’œuvre raciste et déshumanisante[37],[38].

Notes et référencesModifier

  1. Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, « Ces zoos humains de la République coloniale », Le Monde diplomatique, août 2000, p.16-17.
  2. Groupe de recherche ACHAC, « Une large diffusion : les villages ethniques itinérants / De Hambourg 1874 à Wembley 1924 », exposition Zoos humains. L’invention du sauvage, 2013.
  3. a b c d e et f Claude Blanckaert, Spectacles ethniques et culture de masse au temps des colonies, Revue d'Histoire des Sciences Humaines, 2002/2 (no 7), pages 223 à 232
  4. R. Komatsu, Court orders NHK to pay Taiwanese woman for 'human zoo' reference, The Asahi Shimbun 29/11/2013.
  5. a et b Jean-Christophe Victor, « Exhibitions ou l'invention du sauvage », émission Le Dessous des cartes sur Arte, 27 mars 2012
  6. Mullan, Bob et Marvin Garry, Zoo culture: The book about watching people watch animals, University of Illinois Press, Urbana, Illinois, 2e édition, 1998, p. 32. (ISBN 0-252-06762-2).
  7. a et b Pascal Blanchard et Nanette Jacomijn Snoep, « Exhibition : l'invention du sauvage », exposition au musée du Quai Branly, 29 novembre 2011 au 3 juin 2012
  8. J. E. Guilbault, « La curieuse famille des Albinos : Rudolph Lucasie, sa femme & enfant venant de Madagascar », La Minerve, vol. XXXIII, no 110,‎ , p. 3 (lire en ligne)

    « ILS ont une belle peau blanche et des yeux violets quoiqu'ils aient des père et mère noirs. Maintenant EXHIBÉE au JARDIN GUILBAULT, pour QUELQUES JOURS SEULEMENT, commençant SAMEDI, le 17 août 1861. La famille a été engagée par M. Guilbault a de grandes dépenses, et avec la permission de P. J. Barnum sera exhibée pour quelques jours seulement. Le public peut être certain que c'est la seule vraie famille des Albinos dans les États-Unis ou le Canada consistant de Parents ou Enfants parlant parfaitement l'anglais et le français. »

  9. « Merveilles vivantes! : Les enfants albinos sont arrivés et seron exhibés au Jardin Guilbault », La Minerve, vol. XXXIV, no 147,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  10. Daniel Gay, Les Noirs du Québec : 1629-1900, Septentrion, coll. « Cahier des Amériques », , 514 p. (ISBN 978-2-89448-397-8, lire en ligne), p. 324
  11. Daniel Gay, Les Noirs du Québec : 1629-1900, Septenrtion, coll. « Cahier des Amériques », , 514 p. (ISBN 978-2-89448-397-8, lire en ligne), p. 325
  12. « Histoire. À Nogent-sur-Marne, les vestiges de “zoos humains” », sur Courrier international, (consulté le ).
  13. Siegfried Forster, «Exhibitions» – ces zoos humains plein de « sauvages », sur RFI,
  14. Cf. Liens externes.
  15. a b c d et e « Sauvages, au cœur des zoos humains », documentaire de Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet, coproduction d'Arte France, Bonne Pioche Télévision, Archipel Production, 2018, 1h30
  16. Zoos humains, op. cité, p. 82
  17. « Canaques de la Nouvelle-Calédonie à Paris en 1931. De la case au zoo » par Isabelle Leblic dans le Journal de la Société des océanistes, 1998, numéro 107 p. 237-239 http://www.guichetdusavoir.org/ipb/index.php?showtopic=40088.
  18. a b et c Bancel et al. Lemaire, p. 12.
  19. a b c et d Blanchard et Deroo 2002, 1'34-51'32.
  20. Musée du Quai Branly, Exhibitions : l'invention du sauvage, Actes sud, , p. 334.
  21. Jean Copans, L'Ethnologie : idées reçues sur l'ethnologie, Le Cavalier Bleu Editions, , p. 87.
  22. Blanchard 2004, p. 422.
  23. Blanchard 2000, p. 49.
  24. RTBF La Première, « Avec son "zoo humain", l'Expo '58 n'a pas laissé que de bons souvenirs », 17 avril 2018.
  25. Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, « Retour au «village de Bamboula»: en 1994, un «zoo humain» à prétention touristique », sur Mediapart (consulté le )
  26. Françoise Lancelot, Un safari parc transformé en exposition coloniale, L'Humanité, 13 avril 1994.
  27. Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch et Nanette Jacomijn Snoep (dir.), Exhibitions : L'invention du sauvage, Actes Sud / Musée du Quai Branly, Paris, 2011, p. 348. (ISBN 978-2-330-00260-2)
  28. « Les biscuits "Bamboula" : un précédent industriel », sur Outre-mer 1ère
  29. Blanchard 2004, p. 421.
  30. Olivier Razac, Avec Foucault, après Foucault, Éditions L'Harmattan, , p. 131
  31. Marie-Hélène Soenen, « “Les Ch'tis à Ibiza”, télé-réalité affligeante et pas qu'un ch'ti peu… », Télérama, (consulté le )
  32. « Un village pygmée exposé dans un parc animalier belge »
  33. Falila Gbadamassi, « ‘African village’ : les zoos humains de retour en Allemagne… », sur afrik.com, (consulté le )
  34. Blanchard et Barlet 2005, p. 1.
  35. Allan Kaval, « North Sentinel : derrière la mort d’un missionnaire, une longue histoire de résistance », sur lemonde.fr, (consulté le )
  36. (en) « Human zoo opens in Thailand », The Daily Telegraph,
  37. Barbara Krief, Raciste, "Exhibit B" ? Visite guidée d'une œuvre controversée, L'Obs 11/12/2014.
  38. « histoire-d-une-exposition-anticoloniale-taxee-de-racisme, », sur http://www.telerama.fr, (consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

MonographiesModifier

Chapitres et articlesModifier

  • Nicolas Bancel, « Et la race devint spectacle. Généalogies du zoo humain en Europe et aux États-Unis (1842-1913) : L'Héritage colonial, un trou de mémoire. », dans Nicolas Bancel et Thomas David et Dominic Thomas (dir.), L'Invention de la race : Des représentations scientifiques aux exhibitions populaires., Paris, La Découverte, coll. « Recherches », (lire en ligne), p. 315-330.
  • Pascal Blanchard, « Le zoo humain, une longue tradition française », Hommes et Migrations, no 1228 « L'héritage colonial, un trou de mémoire. »,‎ , p. 44-50 (lire en ligne).
  • Pascal Blanchard, « Regard sur l'affiche: Des zoos humains aux expositions coloniales », Corps, no 4,‎ , p. 111-128 (lire en ligne).
  • Claude Blanckaert, Spectacles ethniques et culture de masse au temps des colonies, Revue d'Histoire des Sciences Humaines, 2002/2 (no 7), pages 223 à 232
  • Catherine Hodeir, “Human Exhibitions at World’s Fairs: Between Scientific Categorization and Exoticism? The French Colonial Presence at Midway Plaisance, World’s Columbian Exposition, Chicago, 1893”, Nicolas Bancel, Thomas David and Dominic Thomas (ed), The Invention of Race, Scientific and Popular Representations, New York and London, Routledge, 2014, (ISBN 978-0-415-74393-8)
  • Catherine Hodeir, "Decentering the Gaze at French Colonial Exhibitions", Paul S.Landau and Deborah D.Kaspin (ed.), Images and Empires, Visuality in Colonial and Postcolonial Africa, Berkeley, Los Angeles, London, University of California Press, 2002, (ISBN 0-520-22949-5)
  • Sandrine Lemaire et Pascal Blanchard, « Exhibitions, expositions, médiatisation et colonies », dans Culture coloniale 1871-1931, Paris, Autrement, coll. « Mémoire/Histoire », (lire en ligne), p. 43-53.
  • Hilke Thode-Arora, « Hagenbeck et les tournées européennes : L'Élaboration du zoo humain », dans Nicolas Bancel et al. (dir.), Zoos humains et Exhibitions coloniales : 150 ans d’inventions de l’Autre, Paris, La Découverte, (lire en ligne), p. 150-159.

Lien webModifier

VidéographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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