Zone neutre Irak-Arabie saoudite

superficie de 7044 km ² à la frontière entre l'Arabie Saoudite et l'Irak au sein de laquelle la frontière entre les deux pays n'avait pas été réglé

Zone neutre Irak-Arabie saoudite

1922–1991

Description de cette image, également commentée ci-après
La zone neutre Irak-Arabie saoudite en 1990 (en brun).
Superficie
Superficie 7 044 km2
Histoire et événements
1922 Protocole d'Uqair
1975 Finalisation de la délimitation de la zone
1991 Signature du traité frontalier

La zone neutre Irak-Arabie saoudite était une zone neutre de 7 044 km2 entre l'Arabie saoudite et l'Irak qui avait été laissée indéfinie par le protocole d'Uqair du établissant la frontière entre ces deux pays. Elle a subsisté jusqu'en décembre 1991.

HistoireModifier

Le traité de Muhammarah (Khorramshahr) du [1] anticipe l’imminent conflit entre la Grande-Bretagne, qui détient le mandat de la SDN pour l’Irak, et le royaume de Nejd, qui devient plus tard l’Arabie saoudite (en fusionnant avec le royaume d'Hejaz). Ce traité ne définit pas de frontières. À la suite de négociations, le protocole d'Uqair du définit la plupart des frontières entre les deux pays, et crée la zone neutre[1].

Aucun bâtiment militaire ou permanent ne peut être construit à l’intérieur ou aux abords de la zone neutre et les nomades des deux pays doivent avoir un libre accès aux pâturages et aux puits[2]. La zone permettait également aux bédouins de circuler librement sans traverser de frontière internationale, la zone se trouvant sur le chemin des caravanes en route vers le Croissant fertile. L'accord prévoit alors que la zone sera divisée en parts égales, chaque part restituée à son pays limitrophe, le [3]. Les nomades de la région, les Dafir, acceptent la division territoriale, mais maintiennent une possession commune sur les puits de la zone[4].

La division administrative de la zone est achevée en 1975[5],[6], et un traité frontalier est conclu en 1981[2],[7],[6]. Pour des raisons inconnues, le traité n'est pas déposé auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU)[2] et aucun pays, en dehors de l’Irak et de l’Arabie saoudite, ne reçoit de notification du changement ni ne publie de cartes avec les nouvelles frontières[2]. Lors de la guerre du Golfe, l’Irak annule en 1991 tous les accords internationaux signés avec l’Arabie saoudite depuis 1968. En réponse, l’Arabie saoudite fait enregistrer tous les précédents accords de frontière négociés avec l’Irak auprès des Nations unies en [6]. Ainsi se termine l’existence légale de la zone neutre Irak-Arabie saoudite.

CodificationModifier

La zone neutre Irak-Arabie saoudite a possédé anciennement les codes ISO 3166-1 NT et NTZ, codes qui ont été abandonnés en 1993[8]. Le code FIPS 10-4 pour la zone neutre fut IY[9] ; ce code fut effacé en 1992[9].

Représentation cartographiqueModifier

 
Carte topographique de la zone neutre

L'Office of the Geographer du département d'État des États-Unis a considéré la zone neutre comme une frontière approximative, et a tracé sur les cartes officielles une ligne de frontière passant par le centre du territoire[2].

PopulationModifier

En 1991, la zone neutre Irak-Arabie saoudite avait une population permanente d'environ 300 personnes, surtout constituée d'une dizaine de familles de bédouins, qui vivaient en quelques villages ou lieux-dits, où étaient situés des puits, ou oasis. En ce qui concernait les militaires irakiens ou saoudiens sur place, aucun chiffre ne fut rendu public. En dehors des habitants permanents, la zone neutre était traversée par quelques milliers de bédouins, surtout des caravaniers, et les chiffres pouvaient varier d'une année à une autre.

Considérée comme une zone militaire stratégique, la zone était fermée aux touristes étrangers. Pour accéder à la zone, les journalistes devaient demander un laissez-passer aux commandements militaires, dérogation généralement refusée, mais parfois accordée.

Avec le temps, le commerce caravanier est de plus en plus voué à disparaître. De ce fait, la zone neutre est de moins en moins fréquentée par les bédouins. De nos jours, les rares habitants permanents sont quelques dizaines de militaires irakiens et saoudiens, qui inspectent et surveillent les zones frontières.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Office of the Geographer, « International Boundary Study: Iraq – Saudi Arabia Boundary », US Department of State, (consulté le ), p. 11-12.
  2. a b c d et e (en) Cecil Adams, « What's up with the "neutral zones" near Saudi Arabia? », The Straight Dope, (consulté le ).
  3. Olivier Da Lage, Géopolitique de l'Arabie Saoudite, ed. Complexe, 2006, (ISBN 9782804801212), p.16
  4. François Pourcelet, Quelques oasis cernées par un vaste désert, www.monde-diplomatique.fr, décembre 1969 (consulté le 15 décembre 2018)
  5. (en) Directorate of Intelligence, « - Iraq - Saudi Arabia Neutral Zone (mirror) », The World Factbook, (consulté le ).
  6. a b et c (en) Richard Schofield, « Arabian Boundary disputes, Archive Editions », Archive Editions (consulté le ).
  7. (en) Directorate of Intelligence, « Iraq - Saudi Arabia Neutral Zone (mirror) », The World Factbook, (consulté le ).
  8. (en) Gwillim Law, « ISO 3166-1 Change History », Statoids (consulté le ).
  9. a et b (en) Gwillim Law, « FIPS PUB 10 Change History », Statoids (consulté le ).

Liens externesModifier

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