Ziguinchor

ville de Casamance au Sénégal

Ziguinchor
Ziguinchor
Centre-ville de Ziguinchor
Administration
Pays Drapeau du Sénégal Sénégal
Région Ziguinchor
Département Ziguinchor
Maire
Mandat
Abdoulaye Baldé
2014-2019
Démographie
Gentilé Ziguinchorois / Ziguinchoroise
Population 158 370 hab. (2007)
Densité 17 597 hab./km2
Géographie
Coordonnées 12° 33′ 40″ nord, 16° 17′ 00″ ouest
Altitude 12 m
Superficie 900 ha = 9 km2
Localisation
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Ziguinchor
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Ziguinchor

Ziguinchor est une ville de 205 294 habitants en 2013 (aire urbaine, 2018 : 289 904 habitants) du sud du Sénégal, chef-lieu du département de Ziguinchor de la région de Ziguinchor et de la région historique de la Casamance.

GéographieModifier

 
Pont sur la Casamance (2016).
 
Vue sur le fleuve Casamance
 
Vue aérienne du fleuve Casamance

La ville de Ziguinchor se situe dans le sud-ouest du Sénégal au bord de la Casamance à environ 70 km de l'océan Atlantique.

Elle est reliée par route, par bateau et par avion à Dakar, la capitale, distante de 454 km[1].

Jusqu'au milieu des années 1970, pour traverser la Casamance vers le nord, il y avait un bac. En 1974, un pont de 650 m de long a été construit au-dessus du fleuve, à l'est de la ville. Il a fait au début des années 2010 l'objet d'une importante réhabilitation, terminée en .

Comme toute la région, la ville est située à une altitude assez faible, de 12 mètres environ, ce qui donne un dénivelé moyen jusqu'à l'océan d'environ 17 centimètres par kilomètre.

 
Vue satellite de Ziguinchor sur la rive gauche du fleuve Casamance (NASA).

HistoireModifier

 
Ziguinchor en 1988.

La ville a été fondée à côté des villages Baïnouks et Diolas environnants en 1645 par les Portugais avant d’être cédée le à la France qui en fit un important comptoir commercial[2]. Elle devint prospère entre autres grâce au commerce de l'arachide.

Le nom de la ville vient du portugais « chegem e chorei », ce qui signifie « je suis venu et ils ont pleuré », allusion aux habitants de la ville qui commencèrent à pleurer en voyant les Portugais arriver, pensant qu'ils allaient devenir des esclaves.

Dès lors la région fut petit à petit convertie au christianisme. Après la Seconde Guerre mondiale, Ziguinchor a vu son essor ralenti, entre autres à cause des troubles frontaliers avec la Guinée-Bissau alors dictature alliée de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

Dans les années 1960, il n'était pas rare d'entendre depuis Ziguinchor des coups de canons provenant des affrontements entre les forces coloniales portugaises et les combattants du PAIGC (parti africain pour l'indépendance de la Guinée Bissau).

À ce moment-là, Ziguinchor exportait vers Dakar et l'Europe des arachides et des crevettes.

Chef-lieu d'une région à forte présence chrétienne dans un pays majoritairement musulman, de plus séparée du nord du Sénégal par l'enclave de la Gambie, Ziguinchor fut un peu délaissée et connut des troubles politiques sérieux dans les années 1980.

Dans les années 1960 les Français résidant a Ziguinchor appréciaient particulièrement la plage du cap Skirring pour aller y passer les week-ends en passant par la piste obligée et poussiéreuse (h de route) ainsi que par les bacs (aléatoires) d'Essoukoudiak et de Niambalang. Ils y avaient construit au bord de l'eau de modestes bungalows et même des tentes pour y habiter quelques jours (confort spartiate) appréciant cette plage pour ses baignades en famille et sa pêche. Pour rejoindre plus rapidement le cap Skirring, une piste d'atterrissage a alors été construite par les membres de l'aéroclub de Casamance (basé à Ziguinchor) avec l'aide de l'armée française (amirauté à Dakar) qui prêta gracieusement un bateau à fond plat (LTC) permettant d'acheminer sur la plage les bulldozers depuis Z'Chor (c'est ainsi qu'on écrivait alors Ziguinchor). Cette piste d'atterrissage, d'abord en terre battue, a été par la suite rallongée puis bétonnée afin d'y recevoir les jets. Depuis, le cap Skirring est connu et nombreux sont les touristes qui y viennent depuis l'Europe, dont ceux du Club Méditerranée.

PopulationModifier

Lors des recensements de 1988 et 2002, la population était respectivement de 124 283 et 153 269 habitants.

En 2013, selon les estimations officielles, la ville comptait environ 205 294 personnes. Selon les statistiques de 2018 la population de Ziguinchor est de 289 904 habitants[3].

En 2017, la population de la région de Ziguinchor est estimée à : 621 171 habitants répartis ainsi : 318 925 hommes et 302 246 femmes, avec un taux de 5,1 pour cent au niveau national[Quoi ?] (selon les chiffres officiels de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) de 2017).

ÉconomieModifier

 
Port de Ziguinchor.
 
Agence de la BCEAO

À partir des années 1970 Ziguinchor et la Casamance connurent quatre problèmes économiques nouveaux :

  • l'arachide américaine déferla en Europe,
  • la petite crevette des mers du nord supplanta la « grosse » crevette,
  • la concurrence économique et touristique du cap Skirring,
  • les problèmes politiques de la Casamance (revendication d'indépendance).

Près de Ziguinchor, 65 000 palétuviers ont été plantés par l'oceanium de Dakar. Dans la mangrove, les femmes ont appris à récolter les huîtres en les détachant des arbres, respectant ainsi la nature. Jadis, elles en coupaient les racines.

TransportsModifier

 
La gare maritime

La ville est reliée par le transport aérien avec l’aéroport de Ziguinchor. Il y a également la gare maritime de Ziguinchor.

ArchitectureModifier

Le bâtiment abritant le Conseil régional de Ziguinchor et la Gouvernance de Ziguinchor, figurent sur la liste des Monuments historiques classés[4].

 
L'Alliance Franco-sénégalaise.

Le bâtiment contemporain qui abrite l'Alliance Franco-sénégalaise — un centre culturel — s'inspire de l'architecture (case à impluvium), de la profusion de couleurs et des motifs géométriques diola et manjaques traditionnels et utilise les matériaux locaux[5].

L'association Pkumel, œuvrant pour la revalorisation la culture mancagne, est créée en 1993 à Ziguinchor.

Lieux de culteModifier

 
La cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue.

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens[6] : Église catholique, Assemblées de Dieu, Église universelle du royaume de Dieu… Il y a aussi des mosquées musulmanes.

Le diocèse de Ziguinchor de l'Église catholique a son siège à la cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue[7]. Il reconnaît le sanctuaire Notre-Dame-des-Missions de Ziguinchor comme sanctuaire diocésain depuis 2010[8].

ÉducationModifier

Enseignement supérieurModifier

La ville compte une université, l'université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), fondée en 2007 et baptisée ainsi en 2013.

JumelagesModifier

AdministrationModifier

 
Conseil régional de Ziguinchor

La ville est le chef-lieu du département, de la région de Ziguinchor et de la Casamance, et était le siège d'un consulat français (500 Français y vivaient en 1967). Robert Sagna a été maire pendant 26 ans avant d'être battu en par Abdoulaye Baldé, alors Secrétaire général de la Présidence, nommé Ministre d'État et des Forces armées quelques mois plus tard.

SportsModifier

Personnalités nées à ZiguinchorModifier

Notes et référencesModifier

  1. Dakar et ses environs, carte 1/16 000, édition 2007-2008.
  2. (en) « Ziguinchor », dans Britannica (lire en ligne).
  3. « Sénégal • Fiche pays • PopulationData.net », sur PopulationData.net (consulté le 25 juillet 2020).
  4. Arrêté ministériel no 8836 MCPHC-DPC en date du , Journal officiel de la République du Sénégal.
  5. L'Alliance Franco-sénégalaise sur le site de la ville de Ziguinchor.
  6. (en) J. Gordon Melton et Martin Baumann, Religions of the World : A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, États-Unis, ABC-CLIO, , p. 2573-2575.
  7. (en) « Cathedral of St. Anthony of Padua », sur gcatholic.org (consulté le 3 juin 2021).
  8. « Sénégal : Inauguration du sanctuaire marial de Ziguinchor », sur zenit.org, (consulté le 3 juin 2021).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Claude Bruneau, Ziguinchor en Casamance : aspects géographiques de la capitale régionale du Sud Sénégalais (thèse de 3e cycle), université de Bordeaux-III, , 409 p.
  • Jean-Claude Bruneau, Ziguinchor en Casamance : la croissance urbaine dans les pays tropicaux, Talence, Ministère des universités, CNRS, Centre d'études de géographie tropicale, .
  • Nfally Diedhiou, Administration coloniale et travail forcé en Casamance : étude de cas du réseau routier à travers la construction de la route Tobor-Ziguinchor (mémoire de maîtrise), Dakar, université Cheikh-Anta-Diop (UCAD), , 119 p. + annexes.
  • Maguette Diop, Monographie climatique d’une station synoptique : Ziguinchor (1946-1975) (mémoire de maîtrise), université de Dakar, .
  • Baudouin Duquesne, Le secteur informel en Afrique. Approche théorique et étude de cas : “les barroms-sarrettes de Ziguinchor”, Sénégal, .
  • Mamadou Goudiaby, Monographie de la ville de Ziguinchor de 1886 à 1960 : le problème des sources (mémoire de DEA), Dakar, université Cheikh-Anta-Diop (UCAD), , 51 p.
  • Caroline Juillard, Sociolinguistique urbaine : la vie des langues à Ziguinchor (Sénégal), Paris, CNRS, .
  • Christian Nala Mingou, Gestion Urbaine et coopération décentralisée à Ziguinchor : les acteurs face aux problèmes de la ville (mémoire de maîtrise de Géographie ,option Urbanisme/Urbanisation), Saint-Louis, université Gaston-Berger, , 124 p. + annexes.
  • Jacqueline Trincaz, Colonisations et religions en Afrique noire : L’exemple de Ziguinchor (thèse de 3e cycle publiée), Paris, L’Harmattan, , viii-360 p.
  • Pierre-Xavier Trincaz, Colonisation et régionalisme, la double domination : exemple de Ziguinchor en Casamance, Sénégal. Étude urbaine socio-économique d’une capitale régionale d’Afrique (thèse de 3e cycle), Paris, université Paris-V,  ; publié en 1984 : Colonisation et Régionalisme. Ziguinchor en Casamance, Paris, ORSTOM, 270 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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