Zahîr al-Dîn al-Bayhaqî

mathématicien iranien

Abû l-Ḥasan 'Alî b. Zayd Ẓahîr al-Dîn al-Bayhaqî, appelé parfois Ibn Funduq, est un érudit polygraphe, né à Sabzevar (chef-lieu du district de Bayhaq) dans l'actuel Iran, vers 1097 (an 490 de l'Hégire)[1], mort en 1169/70 (an 565 de l'Hégire)[2].

Zahîr al-Dîn al-Bayhaqî
Ebne Fondogh Tomb.jpg
Biographie
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BiographieModifier

Sa vie est connue notamment par un récit autobiographique inséré dans son ouvrage Mashârib al-tajârib (reproduit par le biographe Yaqût al-Rûmî) et par quelques indications données par 'Imâd al-Dîn al-Isfahânî, dont le père, quand il était enfant, était un ami d'al-Bayhaqî à Ray.

Il déclare descendre de Khouzayma ibn Thâbit al-Ansârî, compagnon du prophète Mahomet, dont la lignée s'était d'abord établie dans la région de Bost. C'était une famille de juges et d'imams, et son ancêtre éponyme Ḥâkim Abû Sulaymân Funduq s'était installé comme juge à Sabzevar sous le règne de Mahmoud de Ghaznî (997-1030). Il fit ses études à Nishapur, et en l'an 1113/14 (an 507 de l'Hégire) rendit visite avec son père au savant Omar Khayyam. Entre 1123 et 1127, il compléta à Merv ses études de fiqh auprès d'Abû Sa'd Yaḥya b. Ṣâ'id, maître de l'école hanafite. Puis il revint à Nishapur, s'y maria, et devint auxiliaire de son beau-père Shihâb al-Dîn Muḥammad b. Mas'ûd, gouverneur de Ray (sous le règne du sultan seljoukide Ahmad Sanjar). En 1132, il fut nommé grâce à son beau-père qâdî de Bayhaq, mais démissionna assez vite et retourna chez son beau-père à Ray où il se consacra à l'étude des mathématiques et de l'astrologie. À partir de 1135, il vécut principalement à Nishapur, et bénéficia du patronage de Nâṣir al-Dîn Ṭâhir b. Fakhr al-Mulk, vizir d'Ahmad Sanjar. En 1148, le roi Démétrius de Géorgie adressa des questions rédigées en syriaque et en arabe (d'une teneur ignorée) au sultan Ahmad Sanjar, qui chargea al-Bayhaqî d'y répondre. L'année de sa mort est donnée par Yaqût al-Rûmî.

ŒuvreModifier

Dans le Mashârib al-tajârib, il énumère soixante-et-onze œuvres qu'il avait écrites, dont quatre en persan (liste non définitive), traitant d'à peu près toutes les disciplines de la culture de son époque (grammaire, rhétorique, critique littéraire, histoire, médecine, pharmacologie, mathématiques, astronomie et astrologie, théologie, exégèse coranique, jurisprudence islamique, poésie...).

Voici ce qui, de cette œuvre, est parvenu jusqu'à nous :

  • en entier :
    • Tatimmat Ṣiwân al-ḥikma (Continuation du Réceptacle de la Sagesse) : complément apporté (en arabe) au Ṣiwân al-ḥikma, fameux dictionnaire biographique et doxographique produit dans le cercle d'Abû Sulaymân al-Sijistânî (Bagdad, Xe siècle), contenant 170 textes sur des philosophes, savants et médecins grecs et arabes depuis l'Antiquité ; 111 textes supplémentaires, certains assez longs, ajoutés dans ce Tatimmat, constituant un ensemble qui a joué un grand rôle dans l'érudition des siècles postérieurs ;
    • Târîkh-i Bayhaq (Histoire du district de Bayhaq)[3] : ouvrage en persan arabisé, du genre manâqib (louanges), présentant les grandes familles, notables, érudits, poètes, et des batailles, qui ont illustré cette région ;
    • Jawâmi' al-aḥkâm al-nujûm (Sommaire des verdicts des étoiles) : traité d'astrologie.

BibliographieModifier

ÉditionsModifier

  • Ahmad Bahmanyâr (éd.), Târîkh-i Bayhaq, Téhéran, 1929.
  • Muhammad Kurd 'Alî (éd.), Târîkh ḥukamâ' al-islâm (= Tatimmat Ṣiwân al-ḥikma), Damas, Maṭba'at al-Taraqqî, 1946.

TraductionsModifier

  • L'anthologie du renoncement (Kitâb al-Zuhd al-kabîr), trad. de l'arabe Roger Deladrière, Verdier, 1995, 336 p. (Anthologie accompagnée de 400 notices biographiques).
  • Max Meyerhof (trad.), « Alî al-Bayhaqî's Tatimmat Ṣiwân al-ḥikma. A Biographical Work on Learned Men of the Islam » (traduction anglaise), Osiris 8, 1948, p. 122-217[5].

Études sur BayhaqîModifier

  • Heinz Halm, article « Bayhaqî, Ẓahîr al-Dîn », Encyclopædia Iranica, 1988.

Notes et référencesModifier

  1. L'Irshâd al-arîb de Yaqût al-al-Rûmî donne par erreur comme année de naissance 499 de l'Hégire (soit 1106). Al-Bayhaqî lui-même, dans son Târîkh-i Bayhaq, indique qu'il était écolier quand le vizir Fakhr al-Mulk fut assassiné en l'an 500 (soit 1106/07).
  2. Il ne faut pas le confondre avec d'autres écrivains également natifs du district de Bayhaq, notamment : Abû l-Faḑl Bayhaqi (995-1077), secrétaire de chancellerie de sultans de la dynastie des Ghaznévides, auteur d'une histoire en une trentaine de livres (en persan) de cette dynastie jusqu'à son époque (intitulée Târîkh-i Bayhaqî), dont il reste les six livres consacrés au règne de Masûd de Ghaznî (1030-1041), d'où le nom de Târîkh-i Mas'udî également donné à cette œuvre ; Abû Bâkr al-Bayhaqî, dit Imam al-Bayhaqî (994-1066), fameux théologien sunnite de l'école chaféite ; Ibrâhîm b. Muhammad al-Bayhaqî (première moitié du Xe siècle), auteur d'un ouvrage de philosophie morale en arabe intitulé Kitâb al-maḥâsin wa-l-masâwî (Livre des bons et des mauvais côtés des choses).
  3. À ne pas confondre avec le Târîkh-i Bayhiqî d'Abû l-Faḍl Bayhaqî.
  4. Hamd-Allâh Mustawfi (1281-1344) : historien et géographe persan.
  5. Cette traduction anglaise inclut quatre notices supplémentaires ajoutées dans une traduction persane du XIVe siècle : sur Sohrawardi, sur Fakhr ad-Dîn ar-Râzî, sur Naṣîr ad-Dîn at-Tûsî et sur Rashîd al-Dîn Faḍl Allâh.