Yohji Yamamoto

créateur de mode japonais

Yohji Yamamoto (山本耀司, Yamamoto Yōji?), né le à Tokyo est un styliste japonais. Il fonde sa marque en 1972 mais débute réellement à Paris en 1981, puis y présente sa première collection de haute couture en 2002. Durant sa carrière, il remet en question l'usage des formes, surtout géométriques, et les couleurs du vêtement, imposant le noir.

Yōji Yamamoto
Yohji Yamamoto, New York Fashion Week, February 2010.jpg
Yohji Yamamoto
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (77 ans)
TokyoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
山本耀司Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Bunka Fashion College (en)
Université Keiō (licence) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Couturier, costumier, artiste, designerVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Autres informations
Domaine
Site web
Distinction
Royal Designers for Industry honoraire (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Il nait à Tokyo d'une mère couturière ; son père est mort durant la Seconde Guerre mondiale[1]. Il obtient un diplôme en droit de Keiō University en 1966[2]. Après avoir poursuivi ses études de droit, Yohji Yamamoto est l'un des très rare garçon à se rendre au Bunka Fashion College (en) à Tokyo, où il obtient un diplôme de fin d'études ; il y est récompensé de deux prix dont l'un lui fait gagner un voyage à Paris[1]. Dans la capitale, il tente de vendre, sans succès, ses dessins, puis rentre au Japon[1]. Sa mère est couturière à Shinjuku et il l'aide. Il crée sa marque, Y's, en 1972, et sculpte sa réputation autour de sa rigueur. Quelques années plus tard, il présente ses création lors de la fashion week de Tokyo[3].

Il réalise son premier défilé à Paris en 1981 en offrant un show extraordinaire dans la Cour Carrée du Louvre à Paris mettant ainsi sa carrière sur rails. Il connait une grande notoriété de manière quasi instantanée avec ses créations surdimensionnées ou son usage des couleurs sombres. Au cours de sa carrière, le noir, qu'il appelle un « noir enveloppant », reste présent dans pratiquement toutes ses collections[1]. Cette année là, il ouvre une boutique au forum des Halles[3].

En 1989 sort le documentaire Carnets de notes sur vêtements et villes de Wim Wenders sur Yamamoto[4].

Sa mode, qu'il reconnait inaccessible, « a pour but de délivrer les femmes des contraintes traditionnelles »[5]. Il est parfois perçu plus comme un artiste que comme un créateur de mode, ce qu'il réfute, précisant que ses « vêtements sont achetés par des gens et portés au quotidien, de sorte qu'ils ne peuvent être considérés comme des œuvres d'art. »[6]. Yohji Yamamoto utilise le vestiaire masculin, le détourne, pour l'adapter aux femmes : « je me suis toujours demandé qui avait décidé que les vêtements des hommes et des femmes devaient être différents. Les hommes probablement » dit-il[3]. Il mélange les inspirations esthétiques de l'Occident et de l'Orient sans jamais oublier de créer des « vêtements pratiques, faciles à porter et élégants »[6].

Parfois influencé par la mode de Gabrielle Chanel, il lui rend une forme d'hommage dans sa collection printemps-été 1998[1].

Il reçoit en 1999 le prix international du Conseil des créateurs de mode américains.

Précurseur, il contacte Adidas en 2001 afin de se faire prêter des chaussures pour la présentation de sa collection. La marque accepte et fourni des modèles prototypes. Ce partenariat ouvre la porte[4] : c'est la première collaboration notable entre une marque de sport et un créateur de mode, prélude à l'expansion du sportswear et au mélange entre les stylistes et les équipementiers. Le défilé remporte tellement de succès que la marque décide de fabriquer et vendre les chaussures. La commercialisation étant elle aussi un succès, Adidas et Yohji Yamamoto fondent peu après la marque Y3[7].

Entre-temps, il présente à Paris en 2002 sa première collection de haute couture[4].

Il a été le compagnon de Rei Kawakubo, créatrice et dirigeante de la marque Comme des Garçons[8], qu'il a rencontrée lorsqu'ils étaient étudiants à l'université Keiō [9]. Limi Feu, la fille de Yamamoto, présente sa première collection à Paris durant le printemps 2008. Elle reste très proche des concepts de son père pour l'usage du noir ainsi que des formes[1].

Sa marque croule sous 65 millions de dollars de dettes et est en banqueroute en 2009. Il se met un temps en recul du domaine de la mode. L'entreprise est redressée rapidement par des investisseurs. En 2010, il montre une collection basée sur le vêtement unisexe[1].

En 2011, le Victoria and Albert Museum organise une rétrospective de sa carrière.

ExpositionsModifier

2005. Correspondances, Palazzo Pitti, Florence

2005. Juste des vêtements, musée de la Mode et du Textile, Paris[4]

2011. Yohji Yamamoto, Victoria and Albert Museum, Londres

Dans la culture populaireModifier

Yohji Yamamoto est cité dans une réplique du film La Classe américaine : « Rien de tel que d'aller chez Azzedine Alaïa, ou même de s'acheter des sous-pulls chez Yohji Yamamoto ! »[10]

FilmographieModifier

BibliographieModifier

  • Yohji Yamamoto, My dear bomb, Gand, Belgique, Ludion Uitgeverij, , 192 p. (ISBN 978-90-5544-983-5)
  • Noël Palomo-Lovinski (trad. Lise-Éliane Pomier), Les plus grands créateurs de mode : de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles, , 192 p. (ISBN 978-2-212-55178-5), « Yohji Yamamoto », p. 106 à 109.  

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g Palomo-Lovinski, p. 106.
  2. (en-US) Suzy Menkes et International Herald Tribune, « Fashion's Poet of Black : YAMAMOTO », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2018)
  3. a b et c Palomo-Lovinski, p. 108.
  4. a b c et d Palomo-Lovinski, p. 109.
  5. Palomo-Lovinski, p. 106 à 108.
  6. a et b Palomo-Lovinski, p. 108 à 109.
  7. (mul) Marie-Christine Grasse (dir.), Paul Miquel et al., Musée national du Sport, En mode sport, Paris, Somogy Éditions d'art, , 111 p. (ISBN 9782757209783), p. 61, 87 puis 105
  8. Grazia.fr, « Rei Kawakubo (Comme des Garçons) : portrait d'une irréductible », Grazia.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2018)
  9. (en) Judith Thurman, Cleopatra's Nose: 39 Varieties of Desire, Farrar, Straus and Giroux, (ISBN 9781429923002, lire en ligne)
  10. « Le script de La Classe américaine », sur cyclim.se (consulté le 20 novembre 2017)
  11. AlloCine, « Casting de Aniki, mon frere » (consulté le 5 janvier 2018)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier