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Vuitebœuf
Vuitebœuf
Église de Vuitebœuf
Blason de Vuitebœuf
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Vaud Vaud
District Jura-Nord vaudois
Localité(s) Vuitebœuf et Peney
Communes limitrophes Sainte-Croix, Vugelles-La Mothe, Orges, Valeyres-sous-Montagny, Essert-sous-Champvent, Champvent, Baulmes
Syndic Georges Karlen
NPA 1445
N° OFS 5766
Démographie
Gentilé Les Vuitebolards / Les Vuitebolardes
Population
permanente
584 hab. (31 décembre 2018)
Densité 115 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 48′ 29″ nord, 6° 32′ 57″ est
Altitude 610 m
Superficie 5,06 km2
Divers
Nom officiel Vuiteboeuf
Langue Français
Localisation
Localisation de Vuitebœuf
Carte de la commune dans sa subdivision administrative.

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Vuitebœuf

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Vuitebœuf
Liens
Site web www.vuiteboeuf.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Vuitebœuf est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district du Jura-Nord vaudois, sur la route principale reliant Yverdon à Sainte-Croix.

GéographieModifier

LocalisationModifier

  Sainte-Croix Bullet Vugelles-La Mothe  
N Orges
O    Vuitebœuf    E
S
Baulmes Champvent

ÉtymologieModifier

Vuite pourrait correspondre au germanique wahta («garde») emprunté par le gallo-roman, qui donné en français « guet », avec le verbe dérivé « guetter ». Les formes dialectales dans l'espace romand sont du type « waite », ou « wête », et l'on trouve, en toponymie, les Vuites ou les Ouates (Plan-les-Ouates) qui désignent des fortins, ou postes de garde, dont certains pouvaient être de vrais châteaux. La seconde partie du toponyme « Vuitebœuf » ne correspond certainement pas à «bœuf», mais doit remonter au germanique bosk (buisson), qui donne en allemand «Busch», et en français «bois». Ce village, donc, en position stratégique au pied du Jura, a pris un nom qui signifie «poste de garde du bois». La tradition populaire l'a réinterprété en « guette bœuf »[3].

Premières mentions: 1024, in villa que nominatur Vuaitibo. — 1336, Voytiban. — 1403 Vuitebo. — 1668 Vitebœuf. — 1694 Vittembœuf[3].

HéraldiqueModifier

D'argent à la face ondée d'azur, accompagnée en chef de trois roues de moulin de sable et en pointe d'une église au naturel, couverte de gueules.

Les armoiries de cette commune, adoptées en 1925, évoquent le cours d'eau de l'Arnon, qui fit tourner trois moulins symbolisés par des roues. En pointe, l'église rappelle que le hameau de Peney fut un centre paroissial en 1228 déjà, avec son église don seul le clocher a échappé à la démolition en 1907[4].

Hameau de PeneyModifier

Le hameau de Peney, situé à environ un kilomètre au S.-E. de Vuitebœuf et appartenant au territoire de cette commune, était en 1228 déjà le chef-lieu d'une vaste paroisse qui montait jusqu'à Sainte-Croix [5].

PolitiqueModifier

La commune de Vuiteboeuf est dotée d'une municipalité de cinq membres (exécutif) et d'un conseil général (législatif). La Municipalité est élue au suffrage universel, selon le système majoritaire, pour une période de cinq ans. Le Conseil général est ouvert à l'ensemble des citoyens de la commune.

Voie à ornièresModifier

Vuiteboeuf est réputé pour son «chemin de la Côte», ancienne route du sel qui monte en direction de Sainte-Croix, et qui appartenait sous l’Ancien Régime à Leurs Excellences de Berne. Ce tracé était utilisé pour le trafic du sel entre la Franche-Comté et la Suisse. La voie taillée dans le roc est marquée de profonds sillons. Elle a passé parfois pour avoir une origine romaine, mais des recherches historiques ont montré qu’elle a été développée aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec des travaux particulièrement importants en 1712 et 1745-1747. Des restaurations on encore lieu en 1752, comme en témoigne un bloc millésimé à la base d’un mur de soutènement. Sur un tronçon particulier de ce chemin saunier, on a compté jusqu’à 30 rainures creusées dans le calcaire. Par endroits, des pavements ont même été aménagés avec de gros blocs, dans lesquels des ornières sont également marquées. Ces sillons étaient destinés à faciliter le guidage des charriots, mais s’érodaient assez rapidement par usure et étaient alors retaillés en parallèle aux précédents. La route cantonale actuelle, marquée de nombreux lacets pour atténuer la pente, a été construite sous la direction de l’ingénieur cantonal Adrien Pichard en 1838[6],[7].

MonumentsModifier

L'ancienne égliseModifier

Article détaillé : Peney (Vaud).

La nouvelle égliseModifier

En vue de la construction d'un nouveau temple, les autorités se tournent vers un architecte lausannois, Charles-François Bonjour. Son projet bénéficie bientôt d’une grande faveur, bien que son devis soit sensiblement plus élevé que celui de la simple restauration. Seul le syndic, Ernest Degiez, s’efforce de sauver l’édifice historique, dont l’emplacement, également, est conflictuel. Le syndic s’attache à défendre les intérêts de Peney, tandis que par ailleurs on signale que l’on entend à chaque instant des quolibets et des propos injurieux à l’adresse de la population de Vuitebœuf. Au vote, le Conseil communal entérine finalement la décision de la Municipalité, à savoir la démolition de l’ancienne église et une reconstruction à neuf sur une parcelle à proximité immédiate de Vuitebœuf[8].

Le nouveau temple, de style éclectique construit en 1904 par Charles-François Bonjour, se dresse fièrement sur une hauteur dégagée dominant Vuitebœuf (cloche de 1407 - moulages exposés - et vitraux 1905 par Edouard Diekmann)[9]. Ce nouveau sanctuaire contribue à donner un fort symbole identitaire au village et témoigne du glissement du centre de gravité de la commune. En effet, le pôle d'activité quitte la séculaire localité agricole de Peney, pour se déplacer vers Vuiteboeuf, dynamique agglomération toute proche qui bénéficie de structures industrielles animées par l’énergie du cours d’eau de l’Arnon[8].

BibliographieModifier

  • Article Vuitebœuf dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  • (de)Guy Schneider, Werner Vogel, « Karrgeleise: Der Versuch, die Geleiselandschaft von Vuiteboeuf / Sainte-Croix (VD) einzuordnen », Bulletin IVS (Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse) 1995/1, p. 25-34.
  • Carine Wagner, François Silva, « Les voies historiques de la Côte de Vuiteboeuf », Wege und Geschichte - Les chemins et l'histoire - Strade e storia (ViaStoria) 2014, p. 26-31.
  • Eloi Contesse, « Détruire un temple. Le cas de Peney (commune de Vuitebœuf VD) », Monuments vaudois, vol. 6,‎ , p. 31-37 (ISSN 1664-3011).

RéférencesModifier

  1. « Population résidante permanente au 31 décembre, nouvelle définition, Vaud », sur Statistiques Vaud (consulté le 25 juillet 2019)
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 26 août 2017)
  3. a et b Florence Cattin (et al.), Dictionnaire toponymique des communes suisses, Neuchâtel, Frauenfeld, Lausanne, Centre de dialectologie, Université de Neuchâtel et Huber, , 1102 p. (ISBN 3-7193-1308-5), p. 946.
  4. Olivier Dessemontet et Louis F. Nicollier, Armorial des communes vaudoises, Lausanne, Spes, , 270 p., p. 184.
  5. Eugène Mottaz, Dictionnaire historique, géographique et statistique du canton de Vaud, t. II, Genève, Slatkine, réimpression de l’édition de 1921, , 858 p. (ISBN 2-05-100460-9), p. 437.
  6. Via salina – voies historiques de la Côte de Vuitebœuf, Sainte-Croix (Département des finances et des affaires extérieures, Service des Immeubles, Patrimoine et Logistique 107), juin 2014.
  7. Carine Wagner, François Silva, « Les voies historiques de la Côte de Vuiteboeuf », Wege und Geschichte - Les chemins et l'histoire - Strade e storia (ViaStoria) 2014, p. 26-31.
  8. a et b Eloi Contesse, « Détruire un temple. Le cas de Peney (commune de Vuitebœuf VD) », Monuments vaudois, vol. 6,‎ , p. 31-37 (ISSN 1664-3011).
  9. Guide artistique de la Suisse : Jura, Jura bernois, Neuchâtel, Vaud, Genève, vol. 4a, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse, , 642 p. (ISBN 978-3-906131-98-6), p. 359

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