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Voyage aux îles de la Désolation

Album de bande dessinée

Voyage aux îles de la Désolation
One shot
Auteur Emmanuel Lepage
Genre(s) bande dessinée de reportage, bande dessinée maritime

Thèmes océan Austral
Personnages principaux Emmanuel Lepage, François Lepage, Caroline Britz
Lieu de l’action Terres australes et antarctiques françaises
Époque de l’action mars-avril 2010[1]

Éditeur Futuropolis
Première publication mars 2011
ISBN 978-2-7548-0424-0
Nb. de pages 156
Albums de la série '

Voyage aux îles de la Désolation est une bande dessinée de reportage d'Emmanuel Lepage retraçant son voyage dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) en mars et avril 2010 à bord du navire Marion Dufresne avec l'équipage ainsi que le personnel scientifique et technique. L'ouvrage paraît en mars 2011 chez l'éditeur Futuropolis.

SynopsisModifier

François Lepage, photographe, a pour mission de réaliser un reportage dans les Terres australes et antarctiques françaises avec Caroline Britz, journaliste[2] sur le ravitaillement des îles[3]. Il propose à son frère Emmanuel de l'accompagner. Le bédéaste rejoint les équipes à Saint-Denis de La Réunion en mars-avril 2010 pour un circuit de six semaines comprenant l'Île Tromelin, les îles Crozet, les îles Kerguelen, l'île Saint-Paul et l'île Amsterdam[1]. L'artiste croque le portrait de membres de la mission, évoque l'histoire des lieux, comme le destin de Kerguelen de Trémarec[4], et les enjeux de la présence humaine dans ces terres inhospitalières[1].

Genèse de l'œuvreModifier

 
Vue satellite des îles Kerguelen.

Emmanuel Lepage est un auteur de bande dessinée né en 1966 et originaire de Saint-Brieuc ; ses premiers albums sont publiés en 1987[5]. Après un séjour en Amérique, il a livré plusieurs carnets de voyage, Brésil et América, en 2003, sur des textes de Nicolas Michel, ainsi que Les voyages d'Anna[4]. Nourri de récits de voyage, Lepage souhaite contempler de ses yeux ces terres lointaines[1]. Font partie du voyage la journaliste Caroline Britz, chargée d'écrire un reportage pour Le Marin avec François Lepage, photographe. La journaliste est à l'origine du projet[6]. Le dessinateur effectue sur place environ 150 croquis et, à l'inverse des habitudes dans la création d'une bande dessinée (le scénario est écrit avant la mise en images), articule le scénario autour de ces travaux[6].

Choix artistiquesModifier

Le livre, qui s'apparente à un carnet de bord[7] ou un carnet de voyage[8],[3], comporte des cases en lavis noir et blanc ainsi que d'autres en couleurs, composées de croquis, de gouaches et d'aquarelles représentant les paysages et les animaux[2]. Le noir et blanc correspond à la narration, par contraste avec les dessins réalisés sur place[6]. L'auteur emploie des vues rapprochées pour témoigner de la complicité dans les relations humaines ainsi que des vues panoramiques (double pleine page) sur les paysages[7][8]. L'artiste « transmet la valeur scientifique, écologique et humaine qui émane des lieux », mettant en scène les conditions extrêmes du travail et les aléas de l'approvisonnement, les effets du réchauffement climatique, les conséquences de la présence humaine, les espèces locales[1]. Lepage rend compte de ses difficultés à dessiner sur le vif dans un environnement peu favorable à l'homme[6]. L'ouvrage comporte une dimension didactique : il retrace l'histoire de la présence humaine dans ces îles ainsi que le travail du personnel technique et scientifique[4],[7].

Cet album témoigne également du tournant graphique dans la carrière de Lepage qui, en raison d'une gêne chronique à la main, a changé ses techniques, ses outils et ses postures pour dessiner, problème qu'il évoque dans Un printemps à Tchernobyl[6] (publié en 2013).

Accueil critiqueModifier

L'ouvrage attire des chroniques contrastées : bien accueilli sur BoDoï[2], Planète BD[1] et par d'autres chroniqueurs[3],[4], il divise les rédacteurs d'Actua BD[8],[9],[7]. Lepage fait état d'incompréhensions : les amateurs de bande dessinée trouvent l'ouvrage d'un abord difficile, alors que les marins et le personnel des TAAF trouvent que l'album est un reflet fidèle de leur quotidien[6].

PostéritéModifier

Tandis qu'Emmanuel Lepage crée Voyages aux îles de la Désolation, François Lepage élabore avec Caroline Britz le recueil Marion Dufresne, ravitailleur du bout du monde (Marines Éditions). Leurs travaux font l'objet d'expositions[10],[11].

Par la suite, Emmanuel entreprend une autre bande dessinée documentaire : Un printemps à Tchernobyl en 2014. Yves Frénot, directeur de l'Institut Polaire Français, ayant apprécié le Voyage aux îles de la Désolation, propose à Emmanuel Lepage de s'embarquer en 2011 pour la Terre Adélie avec son frère François pour renouveler l'expérience de reportage dessiné dans les TAAF. Cette mission est racontée dans l'album La Lune est blanche[12].

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Cassel 2011.
  2. a b et c Laurence Le Saux, « Voyage aux Îles de la Désolation », sur BoDoï, .
  3. a b et c Éric Guillaud, « Voyage aux îles de la Désolation, par Emmanuel Lepage. Éditions Futuropolis », sur france3-regions.blog.francetvinfo.fr, .
  4. a b c et d Didier Quella-Guyot, « Voyage aux îles de la Désolation par E. Lepage », sur BDZoom, .
  5. Patrick Gaumer, « Lepage, Emmanuel », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 519-520
  6. a b c d e et f Lepage et Anspach 2011.
  7. a b c et d D. Wesel, « Australes - Deux récits du monde au bout du monde 1. Voyage aux îles de la Désolation », sur BD Gest', .
  8. a b et c Taugis 2011.
  9. Anspach 2011.
  10. « Voyage aux îles de la désolation à la médiathèque », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  11. « Bibliothèque. Un Voyage aux îles de la désolation », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  12. Laurence Le Saux, Emmanuel Lepage (int.) et François Lepage (int.), « Emmanuel et François Lepage, aventuriers en Antarctique », BoDoï,‎ (lire en ligne).

AnnexesModifier