Vol Nigeria Airways 2120

Le , le Douglas DC-8 assurant le vol Nigeria Airways 2120, un vol charter assuré par la compagnie canadienne Nationair, pour le compte de Nigeria Airways, entre Djeddah, en Arabie saoudite et Sokoto, au Nigeria, s'est écrasé à la suite d'un incendie survenue peu après son décollage, tuant les 247 passagers et 14 membres d'équipage présents à bord.

Vol Nigeria Airways 2120
C-GMXQ, le Douglas DC-8 impliqué dans l'accident, ici à l'aéroport de Faro en novembre 1988.
C-GMXQ, le Douglas DC-8 impliqué dans l'accident, ici à l'aéroport de Faro en novembre 1988.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeIncendie et perte de contrôle en vol
CausesExplosion d'un pneu sur la piste, erreur de maintenance
SiteAéroport international Roi-Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite
Coordonnées 21° 38′ 13″ nord, 39° 10′ 23″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilDouglas DC-8-61
CompagnieNigeria Airways (opéré par Nationair)
No  d'identificationC-GMXQ
Lieu d'origineAéroport international Roi-Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite
Lieu de destinationAéroport international Sultan Aboubakar III, à Sokoto, au Nigeria
PhaseDécollage
Passagers247
Équipage14
Morts261
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite
(Voir situation sur carte : Arabie saoudite)
Vol Nigeria Airways 2120

Il s'agit du deuxième accident aérien le plus meurtrier survenu sur le sol saoudien, après celui du vol Saudia 163, survenu 11 ans plus tôt. C'est également la pire catastrophe aérienne impliquant un appareil d'une compagnie canadienne, ainsi que la plus meurtrière impliquant un DC-8.

Avion et équipage

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L'appareil impliqué dans l'accident, dans une livrée précédente, ici à l'aéroport international de Zurich en juin 1988.

L'appareil impliqué était un Douglas DC-8-61, immatriculé C-GMXQ (numéro de série 45982/345), appartenant de la compagnie canadienne Nolisair (en), habituellement exploitée par Nationair. Il a été fabriqué en 1968 et totalise 49 318 heures de vol et 30 173 cycles (décollages/atterrissage) au moment de l'accident.

Au moment de l'accident, il était loué avec son équipage à Nigeria Airways, qui à son tour l'a sous-loué à Holdtrade Services pour transporter des pèlerins nigérians à destination et en provenance de La Mecque.

William Allan, le commandant de bord âgé de 47 ans, ancien pilote de l'Aviation royale canadienne, totalisait 10 700 heures de vol, dont 1 000 heures sur DC-8. Kent Davidge, le copilote âgé de 36 ans, totalisait 8 000 heures de vol, dont 550 heures sur DC-8, et était le pilote aux commandes. Victor Fehr, le mécanicien navigant âgé de 46 ans, totalisait 7 500 heures de vol, dont 1 000 heures sur DC-8.

Déroulement des faits

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Vers h 29 le matin, le vol 2120 a décollé de la piste 34L de l'aéroport international Roi-Abdelaziz, à Djeddah, à destination de l'aéroport international Sultan Aboubakar III de Sokoto, mais plusieurs problèmes ont été signalés peu de temps après le décollage. À l'insu de l'équipage, l'avion avait pris feu pendant le décollage, et bien que l'incendie ne soit pas évident, puisqu'il s'est déclaré dans une zone non équipé d'un système d'alerte d'incendie, cela a eu de nombreux effets sur le vol.

Le système de pressurisation a rapidement cesser de fonctionner et l'équipage a reçu de nombreux avertissements différents, causés par des pannes de circuits liées à l'incendie. En réponse à la perte de pressurisation, le commandant Allan a décidé de rester à 2 000 pieds (610 m), mais le vol a été autorisé à monter à 3 000 pieds (910 m), car le contrôleur a confondu le vol 2120 avec un vol de Saudia qui signalait également des problèmes de pressurisation. Cette confusion, résultat du fait que le commandant de bord s'est identifié par erreur comme « Nationair 2120 » au lieu de « Nigerian 2120 », a duré trois minutes, mais s'est finalement avérée n'avoir eu aucun effet sur le reste du vol.

Au milieu de cela, le copilote Davidge a signalé qu'il perdait le contrôle des commandes hydrauliques du DC-8, ce qui a incité l'équipage à demander un retour à l'aéroport pour un atterrissage d'urgence. L'équipage n'a pris conscience de l'incendie que lorsque le chef de cabine, Kay Smith, s'est précipité dans le cockpit en signalant "de la fumée à l'arrière...". Le commandant l'a alors informé de la situation et lui a dit "Ouais, dis simplement (aux passagers) que nous retournerons à Djeddah". Peu de temps après, le copilote rapporte qu'il a perdu le contrôle des ailerons, forçant le commandant de bord à reprendre le contrôle de l'avion.

À ce moment-là, le contrôleur aérien s'est rendu compte que le vol 2120 ne suivait pas le plan de vol prévu et l'a contacté pour dire à l'équipage de revenir au plan d'approche, le commandant répond alors qu'il n'est pas en mesure de prendre de l'altitude en raison de problèmes de commandes de vol. Réalisant son erreur et que le vol 2120 était en difficulté, le contrôleur a commencé à le diriger vers la piste. Le commandant a ensuite contacté le contrôle aérien à plusieurs reprises, déclarant une urgence, signalant des difficultés concernant le contrôle en vol et informant le contrôleur que l'avion était victime d'un incendie.

Lorsque le DC-8 était à environ 18 km de l'aéroport et à une altitude de 2 200 pieds (670 m), au moment où le train d'atterrissage aurait pu être sorti, la cellule de l'appareil a commencé à se désintégrer en vol, et un certain nombre de corps et de débris en flamme en sont tombés, ce qui indique qu'à ce moment-là, l'incendie avait consumé, au moins partiellement, le plancher de la cabine. Les portes non verrouillées trouvées dans l'épave suggèrent que les passagers ont tenté d'ouvrir les portes en vol, ce qui aurait été impossible en raison de la vitesse de l'avion.

Alors que l'avion était en approche finale pour atterrir, le commandant a signalé à la tour de contrôle "Envoyez immédiatement des véhicules d'urgence, nous avons un incendie à bord. Nous allons évacuer au sol". Lors de sa dernière communication avec la tour, il a signalé que l'avion avait fini par s'aligner sur la piste centrale plutôt que sur celle de gauche, ce qui a incité le contrôleur à autoriser l'équipage à utiliser n'importe quelle piste de l'aéroport.

À seulement 3 km du seuil de la piste d'atterrissage, l'avion en flamme est finalement devenu incontrôlable et s'est écrasé au sol, la violence de l'explosion et de l'impact sur le sol désintégrant l'appareil et tuant sur le coup tous ceux qui se trouver à bord.

Enquête

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Selon l'enquête, deux pneus sous-gonflés seraient à l'origine de défaillances dans le système hydraulique, ce qui aurait finalement conduit au crash. Ces deux pneus ayant pris feu dès le décollage et un troisième ayant ensuite explosé, la rentrée du train d'atterrissage aurait introduit l'incendie à l'intérieur de la soute de train, y brulant petit à petit les câblages et conduites hydrauliques et électrique qui s'y trouvaient, ce qui a entraîné des dommages structurels et une perte totale de contrôle de l'avion.

À l'époque, Nationair faisait l'objet de nombreuses rumeurs quant à ses pratiques en termes de maintenance et de sécurité. L'enquête révèlera par la suite que les pneus, sous-gonflés au moment du vol, auraient dû être remplacés plusieurs jours avant l'accident. En cause, la priorité donnée par Nationair à d'autres problèmes techniques jugés plus urgents et affectant la voilure et le système radar. L'enquête confirmera en 1998 de graves manquements de la part de Nationair sur le plan de la maintenance.

Conséquences

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Peu de temps après l'accident, un groupe d'agents de bord de Nationair, basés à Toronto, ont réuni des fonds pour créer une plaque commémorative sur laquelle sont inscrits les noms des victimes. Le mémorial, accompagné d'un cerisier planté pour commémorer leurs collègues décédés à Djeddah, a reçu une résidence permanente au siège social de l'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto.

L'accident du vol 2120, combiné à la mauvaise réputation de Nationair en matière de ponctualité du service et de problèmes mécaniques sur ses appareils, a entraîné de graves problèmes concernant l'image publique et la fiabilité de la compagnie parmi les voyagistes. À l'époque, Nationair Canada devait au gouvernement canadien des millions de dollars en frais d'atterrissage impayés. Les créanciers ont commencé à saisir les avions et ont exigé de l'argent d'avance pour les différents services. La compagnie aérienne a été déclarée en faillite en mai 1993 et devait, au moment de sa fermeture, 75 millions de dollars canadiens.

En 1997, Robert Obadia (en), propriétaire de Nationair et de sa société mère Nolisair, a plaidé coupable pour huit chefs d'accusation de fraude en lien avec les activités de la compagnie.

Médias

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L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télé Air Crash nommé « Descente aux enfers » (saison 11 - épisode 9).

Notes et références

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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