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Vladimiro Montesinos

politicien péruvien
Vladimiro Montesinos
Vladimiro Montesinos.png
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (75 ans)
ArequipaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Parti politique
Cambio 90 (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour
Trafic d'armes, péculat (d), meurtre, enrichissement illicite (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de détention

Vladimiro Montesinos, né le 20 mai 1945 à Arequipa, est l'ex-patron du Servicio de Inteligencia Nacional (SIN, services de renseignements péruviens) et un homme politique péruvien.

BiographieModifier

Né à Arequipa le , fils d’un ingénieur communiste, son véritable nom est Vladimiro Ilich Montesinos Torres. Son père l’avait nommé comme le premier dirigeant de l’URSS, Vladimir Ilitch Lénine.

Enrôlé à l'école militaire de Chorrillos (Lima), Montesinos suit la carrière militaire et en 1966 reçoit le grade de sous-lieutenant. Dans les années 1970, le jeune Montesinos est lieutenant et aide de camp du général Eduardo Mercado Jarrín, un des principaux chefs du gouvernement péruvien de gauche dirigé par le général Juan Velasco Alvarado. Montesinos suit alors un cours militaire à Washington en 1976, mais pendant son voyage il délivre des documents secrets de l'armée péruvienne aux autorités américaines, volées dans les archives du général Mercado. Il restera un collaborateur actif de la CIA[1].

Découvert par les services de renseignement, Montesinos est arrêté pour deux ans, non pour espionnage ou haute trahison, mais seulement pour « voyage non autorisé » aux États-Unis. De fait, pour le délit de trahison les lois péruviennes prévoient la peine de mort, mais Montesinos est épargné. Libéré en 1978, Montesinos suit des études de droit à l’Université de San Marcos, aidé pour son cousin avocat Sergio Cardenal ; en peu de temps, Montesinos gagne une certaine célébrité comme avocat de narcotrafiquants et criminels, après s'être inscrit au barreau de Lima en août de la même année. Mais son diplôme d’avocat ne reste plus enregistré à San Marcos, ce qui provoque des doutes sur la légalité de son « titre ».

Connu comme l'avocat des « barons de la cocaïne » du Pérou et de Colombie, Montesinos poursuit les années 1980 des « grands procès », en gagnant la confiance de divers narcotrafiquants. En avril 1990, Montesinos retourne à la une des journaux comme « premier conseiller » du candidat présidentiel Alberto Fujimori, en dépit de son passé, en aidant Fujimori à débloquer une vente peu licite d'immeubles.

Quand Fujimori est élu Président du Pérou en juin 1990, Montesinos assume un rôle majeur comme « premier conseiller » et favorise les ambitions de Fujimori pour se débarrasser du Congrès. Après la crise constitutionnelle d'avril 1992, Montesinos gagne plus d’influence et se dresse en véritable chef des services de renseignement du Pérou, notamment du « Servicio de Inteligencia Nacional » ou SIN.

Surnommé le « Raspoutine péruvien », dès 1992 il devient le principal conseiller du président péruvien Alberto Fujimori au début des années 1990. Ses principales activités résultent en abus de confiance, corruption, contrebande d'armes, et menaces aux opposants du régime (journalistes, hommes politiques).[réf. nécessaire]

En septembre 2000, la diffusion d’une cassette vidéo révèle une partie des activités obscures de Vladimiro Montesinos, qui doit fuir le pays, tout comme le président Fujimori. Parallèlement au procès de Vladimiro Montesinos, 187 personnes présumément associées aux réseaux fujimoristes sont aujourd’hui traduites en justice. De ce nombre, 46 se retrouvent en détention en attente de procès.

Le durcissement des règles d'examen de la provenance des fonds à déposer en Suisse conjugué à des progrès dans l'entraide judiciaire ont obligé Montesinos à restituer au Pérou quelque 77 millions de dollars détournés[2].

Il a été inculpé, avec quarante-deux membres des forces armées, pour la disparition puis le meurtre de Pedro Yauri Bustamante, animateur de radio dans la ville de Huacho (Nord), enlevé le par des membres du groupe paramilitaire Grupo Colina, formée à l’instigation de Vladimiro Montesinos[3]. Il est condamné à neuf ans de prison pour des faits de trafic de drogue, blanchiment d'argent, enrichissement illicite, assassinats et tortures[1].

L'ouverture le lundi du procès de l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori pour le massacre de Barrios Altos et de l’Université de la Cantuta en 1991 et 1992 par un escadron de la mort, le groupe Colina, dont il serait l’instigateur, a replacé sous les feux de l'actualité Vladimiro Montesinos, qui aurait dirigé de fait cette opération selon ses détracteurs[4].

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier