Vjekoslav Luburić

criminel de guerre croate

Vjekoslav Luburić
Vjekoslav Luburić
Vjekoslav Luburić

Surnom Maks mesara (Max le boucher)
Naissance
Humac, Bosnie-Herzégovine
Décès (à 55 ans)
Carcagente, Espagne
Allégeance Etat indépendant de Croatie
Guérilla des croisés
Grade Général
Commandement Camp de concentration de Jasenovac
Conflits Seconde Guerre mondiale
Autres fonctions Chef des guérilleros anticommunistes croates.

Vjekoslav Luburić (né le à Humac, Bosnie-Herzégovine - décédé le à Carcagente, Espagne), dit Maks Luburić ou Maks mesara (Max le boucher), fut membre du mouvement Oustachi et dirigea le camp de concentration de Jasenovac et le camp de concentration de Kruščica.

Jeunesse et entrée dans le mouvement des OustachisModifier

Après des études primaires, il abandonne ses études secondaires alors qu'il était en classe de 5e. En 1931, il adhère au mouvement des Oustachis, la même année, il est condamné à cinq mois d'emprisonnement. Il émigre en Hongrie en 1932 et s'installe dans le camp oustachi de Jankapuszta, près de Budapest, où il devient chef de l'économat du camp. Le surnom Maks lui fut donné par Jure Francetić lors de leur séjour dans ce camp. En 1934, il va pour un certain temps à Nagykanizsa où un fils lui naît lors d'une histoire d'amour. Il entre illégalement en Croatie en et rejoint Zagreb.

Les massacres pendant la Seconde guerre mondialeModifier

Lors de la formation de l'Etat indépendant de Croatie (NDH), au début de la Seconde Guerre mondiale, Luburić fut nommé général commandant la région de la Drina, ce qui lui valut le surnom de General Drinjanin (Général de la Drina). Il ordonna les massacres de Blagaj et Glina (en) entre mai et [1].

Dès la mise en place officielle des camps de concentration par l'État oustachi en , Luburić fut nommé commandant en chef des camps de concentration[2] et lors d'une cérémonie tenue le , il se félicita de la grande « efficacité » de cette maison d'assassinat (Camp de concentration de Jasenovac). Pendant le banquet qui suivit, il indiqua avec fierté : « Nous avons assassiné, ici à Jasenovac, plus de gens que l'Empire ottoman ne fut capable d'assassiner pendant son occupation de l'Europe[2] ». Il est estimé qu'entre 69 000 et 700 000 personnes ont trouvé la mort dans le camp de concentration de Jasenovac. Les observateurs nazis qui étaient auprès de lui l'ont qualifié, dans plusieurs rapports officiels, de « sadique extrême » et de « malade mental ».

Après la défaite de l'État indépendant de Croatie, Luburić dirigea brièvement une formation paramilitaire appelée les Croisés (Križari) mais il ne réussit pas à rétablir la situation. En , Vjekoslav Luburić et Ante Pavelić menèrent l'armée de l'État indépendant de Croatie à la frontière avec l'Autriche, pour se rendre aux armées du Royaume-Uni.

Exil en Europe après la guerreModifier

À la fin de la Seconde guerre mondiale, il revint près de Zagreb et parcourut la Slavonie avec un groupe paramilitaire de Croisés jusqu'au milieu du mois de . Au début de 1946, il passa illégalement en Hongrie, puis en Autriche et en France. Jusqu'au début 1948, il se fit soigner pour une blessure par balle.

Il s'installa à Benigànim en Espagne, sous le nom de Maximilian Soldo, où il fut brièvement emprisonné puis libéré. Il apprit l'espagnol dans l'espoir de pouvoir faire l'académie militaire et se maria. Son épouse le quitta en 1957, ne supportant plus son caractère grossier et sa simplicité d'esprit. Il prit part aux activités des organisations d'émigrants croates en Espagne, Suède, Allemagne, Canada et ailleurs. Exclu du mouvement des oustachis dans la deuxième moitié des années 1950, il fonda la "Confrérie des amis de la Drina" (Društvo prijatelja Drine) puis une organisation appelée "Résistance nationale croate" (Hrvatski narodni odpor, HNO)[3].

Luburić fut tué, le , par Ilija Stanić[4], un agent de l'UDBA, le service secret de la Yougoslavie communiste, qui avait infiltré le HNO à partir de 1967. Ilija Stanić était le fils de Vinko Stanić - le frère d'armes de Luburić - et le filleul de Luburić.

RéférencesModifier

  1. (en) Ivo Goldstein, « The Independent State of Croatia in 1941: On the Road to Catastrophe », dans Sabrina P. Ramet, The Independent State of Croatia 1941–45, New York, Routledge, (ISBN 978-1-13886-811-3), p. 22-24
  2. a et b Marco Aurelio Rivelli (trad. de l'italien), Le génocide occulté : état indépendant de Croatie, 1941-1945, Lausanne/Paris, L'âge d'homme, , 286 p. (ISBN 2-8251-1152-X et 9782825111529, lire en ligne), p. 96.
  3. (en) John K. Cox, « Ante Pavelić and the Ustaša State in Croatia », dans Bernd Jürgen Fischer, Balkan Strongmen: Dictators and Authoritarian Rulers of South Eastern Europe, Purdue University Press, , 494 p. (ISBN 9781557534552, lire en ligne), p. 211.
  4. (en) John Prcela et Stanko Guldescu, Operation slaughterhouse : eyewitness accounts of postwar massacres in Yugoslavia, Dorrance, , 557 p., p. 71.

Liens externesModifier