Vitriolage

forme particulièrement violente d'agression
Victime d'une attaque à l'acide au Cambodge

Le jet d'acide sulfurique ou vitriolage (du terme vitriol) est une forme particulièrement violente d'agression qui vise historiquement les hommes en Europe et désormais principalement les femmes, souvent jeunes, en Asie, en ciblant leur visage dans un but punitif souvent qualifié de « crime d'honneur ». Les dégâts occasionnés par ce type d'agression sont irréversibles car, en brûlant les chairs au troisième degré, il provoque d'importantes ulcérations avec, éventuellement, des attaques osseuses ainsi que la cécité.

Depuis le , le vitriolage est passible de la peine de mort en Iran[1].

EuropeModifier

Du XIXe siècle au début du XXe siècle en France, cet acte était souvent commis dans un contexte de vengeance passionnelle, notamment par des femmes trompées, délaissées, ou abandonnées alors qu’elles étaient enceintes[2]. Alors appelé « poignard liquide », il engendrait quinze à vingt procès par an vers 1900[3]. Le vitriolage pouvait également se pratiquer par petites doses dans l'alimentation liquide pour intoxiquer la victime ou de manière plus radicale à grands volumes pour faire disparaître un cadavre notamment dans les milieux mafieux[3].

À Londres, en 2017, les malfaiteurs qui utilisent cette technique chimique sont des cambrioleurs[4]. D'après l'association Acid Survivors Trust International, l'augmentation de ces attaques serait liée à la faible législation relative à l'achat d'acide.

AsieModifier

Au début du XXIe siècle, ce type d'agression est courant au Cambodge, en Afghanistan, en Inde, au Bangladesh, au Pakistan ainsi que dans d'autres pays asiatiques et africains, la plupart du temps dans le contexte de « crimes d'honneurs » commis essentiellement par des hommes éconduits ou des maris trompés[3]. Selon l'association Acid Survivors Trust International, il y aurait chaque année entre 500 et 1 000 attaques à l'acide en Inde[5].

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Majlis adopts capital punishment for acid attackers », sur en.irna.ir, (consulté le 21 août 2019)
  2. Vitriol et châtiment
  3. a b et c Dominique Kalifa, « Le vitriol, moyen radical pour laver l'affront », Libération, 11 mars 2020.
  4. http://www.lepoint.fr/monde/londres-confrontee-a-une-recrudescence-des-attaques-a-l-acide-02-12-2017-2176746_24.php
  5. « VIDEO. Inde : défigurée à l'acide, elle défilera à la Fashion Week de New York », La Parisienne,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juillet 2017)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • André Roche, Du vitriolage au point de vue historique et médico-légal, Lyon, A. Storck, , 91 p. (OCLC 601716202)
    Thèse d'exercice de Médecine, Lyon, 1892-1893

Liens externesModifier

  • M. Bodnar, R. Rougo, J.L. Grolleau, J.M. Conil, Laguerre, H. Favarel, A. Brouchet, B. Nicoulet, R. Micheau, J.P. Gavroy et M. Costagliola, « Brûlure par acide sulfurique et vitriolage : Deux lésions pour une même produit », Annals of the MBC, vol. 4, no 4,‎ (lire en ligne)