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Vitaliano Brancati

écrivain italien
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Vitaliano Brancati
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Biographie
Naissance
Décès
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TurinVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Vitaliano Brancati, né le à Pachino, dans la province de Syracuse en Sicile et mort le à Turin, est un écrivain italien.

Il a traité du fascisme dans son livre Il vecchio con gli stivali ce qui lui a valu de vives critiques. Cependant, Brancati a su montrer les limites du fascisme et les moyens employés par ses partisans pour faire inscrire au parti toute la population. Un de ses autres livres, Le Bel Antonio, a été adapté au cinéma par Mauro Bolognini.

« Vitaliano Brancati fut l'un de ces jeunes gens chez qui l'ennui acquiert une dimension quasi-métaphysique, et génère un déséquilibre durable. »

— Jean-Marie Laclavetine[1]

Sommaire

BiographieModifier

JeunesseModifier

Fils d'un avocat, issu d'une famille assez aisée, Vitaliano Brancati arrive à Catane à l'âge de treize ans. Il baigne dans un milieu familial très littéraire : son père écrit des nouvelles et des critiques littéraires. Son grand-père a lui-même publié des poèmes.

À dix-sept ans, il fonde une revue dans laquelle il publie des poèmes. C'est à cette même époque (1924) qu'il s'inscrit au parti national fasciste. Il écrira :

« Je regardais avec une admiration béate, comme des statues de Phidias, ceux de ma génération qui étaient les plus robustes et les plus stupides, et j'aurais donné deux tiers de mon cerveau contre un biceps bien prononcé[2]. »

Le succès et le malaiseModifier

À Rome, sa fascination pour Mussolini le pousse à écrire une pièce de théâtre à la gloire du Duce, qu'il rencontre personnellement (1931), et à collaborer à des journaux fascistes, malgré son admiration pour Giuseppe Antonio Borgese, violemment opposé au régime. En 1934, à Rome il est le rédacteur en chef de la revue Quadrivio (« carrefour »). Cependant sa réussite dans le milieu littéraire ne l'empêche pas d'exprimer son malaise dans Singulière aventure de voyage, un roman jugé érotique et anti-conformiste, qui lui vaudra des critiques acerbes, puis la censure[3].

L'anti-fascismeModifier

Dès la fin de 1934, horrifié par ses précédents écrits, il exprime un dégoût du fascisme dans Les Années perdues (1934-1936), que l'on retrouvera dans ses livres suivants. De retour à Catane, il écrit Rêve d'une valse (1938), Don Juan en Sicile (1941), Le Vieillard avec les bottes (1944), Le Bel Antonio, qui obtient en 1949 le prix Bagutta, Les Ardeurs de Paolo, inachevé, publié après sa mort et dont son ami Alberto Moravia dira que c'est « Une voix qui survit au silence du temps[4]. »

Le professeurModifier

En 1937, son retour en Sicile pousse Brancati à chercher une activité plus noble que la vie littéraire à Rome dont l'aspect superficiel l'a beaucoup désillusionné. Il reprend ses études et devient professeur dans un collège de Caltanissetta. Cela ne l'empêche pas de continuer à écrire nouvelles, romans, chroniques, pièces de théâtre, scénarios. Mais il reste profondément amer et déprimé. À Leonardo Sciascia qu'il rencontre en septembre 1954, à Rome, il annonce : « Nous ne nous verrons peut-être plus. Je pars à Turin pour me faire opérer[5]. »

En effet, Brancati mourra au cours de cette intervention qui aurait dû être bénigne, et Sciascia en conclut :

« La vérité, c'est que lorsqu'un homme veut mourir, il y parvient. »

ŒuvresModifier

RomansModifier

  • Rêve de valse (Sogno di un valzer), 1938
  • Don Juan en Sicile (Don Giovanni in Sicilia), 1942
  • Le Vieux avec les bottes (Il Vecchio con gli stivali e altri racconti), 1946
  • Le Bel Antonio (Il Bell'Antonio), 1949
  • Les Ardeurs de Paolo (Paolo il caldo), 1955

ThéâtreModifier

  • La governante. Commedia in tre atti, Bari, Laterza, 1952

EssaisModifier

Adaptations de son œuvre au cinémaModifier

Notes et référencesModifier

  1. Préface au roman Les Années perdues, trad. Jean-Marie Laclavetine, Fayard, 1988, p. 7-8.
  2. Ibid. p. 8.
  3. Ibid. p. 9.
  4. Ibid. p. 11.
  5. Ibid. p. 13.

Voir aussiModifier