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Vincent Darré est un décorateur d'intérieur français. Il passe du domaine de la mode à la décoration au cours des années 2000.

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BiographieModifier

Il est « fils de bonne famille et d’intellectuels », son père est sociologue communiste et sa mère décrite comme une « féministe, bohème »[1]. Son oncle est Jorge Semprún[2]. Il étudie au studio Berçot[3]. À la fin des années 1970, il croise le disc-jockey Philippe Krootchey et passe à La Main bleue, discothèque de Montreuil[4]. Il fait partie de la « bande » composée parmi d'autres d'Eva Ionesco, Christian Louboutin, Edwige Belmore la physionomiste, ou encore Farida et Djemila Khelfa et devient un habitué du Palace, suppliant la première fois Fabrice Emaer de les laisser rentrer[4]. Il s'y fait remarquer pour ses tenues décalées ou quelque peu excentriques : « il nouait une corde autour de la taille de son pantalon en Prince de Galles et dansait pieds nus »[3]. Dans la discothèque incontournable de cette époque, il côtoie Olivia Putman, Pierre Le-Tan[1], fait la connaissance de Paquita Paquin[5], d'Azzedine Alaïa[2] ou Arielle Dombasle[6].

Vincent Darré est durant six ans avec Karl Lagerfeld chez Fendi, puis passe chez Moschino, avant de devenir directeur artistique de Ungaro[1],[7] d'où il est renvoyé. « J'ai pris du recul et réalisé que, quand je dessinais des meubles, je m'amusais comme un fou »[2]. Dans les années 2000 il fonde son entreprise, « Maison Darré », implantée la décennie suivante rue Royale dans un appartement servant à la fois de bureaux et de showroom[1],[8].

Il est appelé par André et Olivier Zahm pour décorer Le Baron à New York[2]. Puis au 21 de la place Vendôme, dans des salons de la maison Elsa Schiaparelli à la décoration décrite comme « fantasque »[9] il recrée l’ambiance surréaliste et décalée des années passées de façon hétéroclite, par les meubles de sa création, associés à des toiles de Pierre Le-Tan, des dessins de Jean Cocteau, des anciens miroirs de Saint Laurent et toutes sortes d'objet[10]. En mars 2014, il est annoncé dans le projet gastronomique et culturel « La Jeune Rue »[11]. L'année suivante, il décore les six suites de l'Hôtel Montana de Jean-Yves Le Fur à proximité du Flore dont il avait déjà décoré le bar quelques années auparavant[2] ; il y mélange des pièces très variées à ses propres créations, instituant un style différent à chaque étage[12],[13]. Fin 2017, il participe avec l'illustrateur Michael Cailloux à la création d'une collection surréaliste de meubles inspirés de Salvador Dali[14].

En parallèle durant toutes ces années, il a de petits rôles dans les films Scénarios sur la drogue et l'épisode réalisé par Guillaume Canet, Mon idole du même réalisateur en 2002, dans Michel Vaillant l'année suivante, puis est responsable des costumes dans le téléfilm Milady de Josée Dayan. Il est visible dans Fashion ! le reportage sur la mode des années 1980.

Collaborateur régulier de L'Officiel depuis 2013 en tant que « curateur » pour plusieurs numéros par an[7], il intègre ses dessins et invite dans le magazine ses amis Bernard Chapuis, Philippe Azoury ou Paquita Paquin à participer[3].

Décrit comme un « dandy noceur »[12] par L'Express ou le « symbole d’un art de vivre artisanal et déjanté » par Paris Match, « excentrique »[15] et baroque, il reste avant tout un expert des arts décoratifs n'hésitant pas à remettre en question les préceptes de son domaine d'activité avec « son style chic et décalé »[1] s'inspirant des surréalistes ou du dadaïsme[2].

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Sixtine Dubly, « Vincent Darré : Du Palace à la rue Royale, le nouveau chic français », sur parismatch.com,
  2. a b c d e et f Marion Vignal, « L'univers extravagant de Vincent Darré », sur lexpress.fr,
  3. a b et c Paquita Paquin, « Vincent Darré, double hommage à Jean Cocteau » (consulté le 29 décembre 2018)
  4. a et b Charlotte Brunel, « Eva Ionesco raconte le Palace », L'Express Dix, no supplément à L'Express,‎ , p. 81
  5. Musée Galliera, Anna Zazzo, Farid Chenoune, Sylvie Lécallier, Didier Grumbach, Dominique Veillon et al. (préf. Catherine Join-Diéterle), Showtime : le défilé de mode, Paris Musées, , 285 p. (ISBN 2-87900-941-3), p. 191
  6. Aurélie Raya, « Sacrée Arielle », Paris Match, no 3349,‎ , p. 7 (ISSN 0397-1635)
  7. a et b Elvire von Bardeleben, « La presse mode revue et corrigée », Mode, sur next.liberation.fr, Libération, (consulté le 12 décembre 2013) : « Vincent Darré, ex-directeur artistique d'Ungaro, aujourd'hui propriétaire de sa propre marque de design, qui rejoint la dream team des people curateurs aux Éditions Jalou (après le graffeur André Saraiva pour l’Officiel hommes et le critique d’art Jérôme Sans pour l’Officiel art). Darré prendra en charge l’Officiel mode pour quatre numéros par an (en octobre, décembre, mars et juin-juillet). »
  8. Clémence Leboulanger, « Découvrez l'appartement fantastique de Vincent Darré », sur elle.fr,
  9. Patrick Cabasset (photogr. Christophe Roué), « La nouvelle vie de Schiaparelli », L'Officiel Paris, no 969,‎ , p. 240 à 245 (ISSN 0030-0403)
  10. Francine Rivaud, « La maison de couture Schiaparelli : renaissance italienne », Challenges, no 332,‎ , p. 78 à 80 (ISSN 0751-4417)
  11. François-Régis Gaudry, « "La Jeune Rue" dans le Marais, le projet gastronomique et design qui va changer Paris », sur L'Express,
  12. a et b Sylvie Wolff, « Chinez avec Darré », L'Express Styles, no supplément à L'Express n° 3349,‎ 9 au 15 septembre 2015, p. 61
  13. Marion Dupuis, « Le Montana rive gauche pur luxe », Madame Figaro, no supplément au Figaro n° 22123 et 22124,‎ 25 et 26 septembre 2015, p. 222 à 227 (ISSN 0246-5205)
  14. « Stupéfiante Chambre de décorateurs ! », sur Residences Decoration Magazine, (consulté le 29 décembre 2018)
  15. Interview : Jean-René Van der Plaetsen, « Vincent Darré : «J'ai beau être timide,je suis un dictateur de l'amitié !» », sur lefigaro.fr,

Articles connexesModifier

PublicationsModifier