Ville l'Évêque

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La Ville l'Evêque sur un plan de 1705 reconstituant, d'après les archives, le Paris de 1383[1].
La Ville l'Evêque sur le plan de Turgot, avec l'église au centre de l'image
La Ville l'Evêque sur le plan de Jean Lattré en 1780

La Ville l'Évêque était un hameau composé de fermes à l'ouest de la ville de Paris au Moyen Âge.

SituationModifier

Il était situé à l'intersection de la route vers Argenteuil sur l'emplacement de la rue du Faubourg-Saint-Honoré actuelle et d'une autre route descendant de Montmartre vers la Seine en aboutissant approximativement au Petit Palais. L'emprise du village correspond à l'actuel quartier administratif de la Madeleine.

La couture l'ÉvêqueModifier

Un hameau commence à se développer au cours du VIe siècle. Au VIIe siècle, le roi Dagobert Ier en accorde la concession à l'évêque de Paris, ce qui lui vaudra son nom[2],[3] (Villa Episcopi ou « ferme de l'évêque »).

Essentiellement constitué par la Culture-l'Évêque, c'est-à-dire des champs cultivés, ce fief très important comportait une maison de plaisance avec granges, fermes, terres, port et abreuvoir. Les privilèges accordés attirèrent des paysans, artisans et ouvriers qui constituèrent un bourg, placé à son centre.

Au XIVe siècle, la « couture » du suffragant de Paris, administrée depuis l'hôtel de Sens, comporte deux parties[1]. La première culture s'étend le long de la Seine sur un terrain qui dépendait auparavant du village de Chaillot, deviendra au XVIIe siècle le faubourg de la Conférence et est aujourd'hui parcouru par le cours la Reine et le cours Albert-Ier. Elle est desservie par le Port-l'Évêque, actuel Port de la Concorde, et est séparée de l'enceinte de Paris par un aussi vaste terrain vague, les Tuileries. La seconde culture s'étend au nord de la première et du chemin du Roule, entre les portes Saint Honoré et Montmartre sur ce qui deviendra le quartier Richelieu, le faubourg Richelieu, et le faubourg Saint Roch. Elle est limitée au nord par le ru Ménilmontant.

La Ville l'Évêque et ses terrains forment ainsi, en aval du Paris du Bas Moyen Âge, le pendant, sur la rive droite, du faubourg Saint-Germain-des-Prés, lequel, en raison de son administration abbatiale, connaîtra un développement urbain tout différent.

La chapelle et l'église de Sainte MadeleineModifier

 
Ancienne église de la Madeleine.

Simple hameau autour de l'exploitation agricole appartenant à l’évêque de Paris, la Ville l'Évêque devient au XIIIe siècle un village digne d’être érigé en paroisse avec une église dédiée à Sainte Marie-Madeleine.

Une première chapelle, probablement de style gothique, avait été dédiée à sainte Marie-Madeleine au XIIIe siècle. Elle est reconstruite en 1429 [2],[3].

Le village connaît une grande expansion au XVIIe siècle avec l'aménagement du Grand Cours (nos actuels Champs-Élysées) et la construction de nombreux hôtels particuliers [2],[3].

L'église Sainte-Marie-Madeleine est devenue trop petite. Le , Anne-Marie-Louise d'Orléans, la Grande Mademoiselle, pose la première pierre d'un nouveau sanctuaire de style classique situé au bas du boulevard Malesherbes actuel. Il est ouvert au culte jusqu'à la Révolution. Il est démoli en 1801 [2],[3].

La Ville-l'Evêque est finalement annexée à Paris en 1722. Elle a laissé son nom à la rue de la Ville-l'Évêque [2],[3].

L'église actuelle de la Madeleine est reconstruite un peu plus à l'est au débouché de la rue Royale (Paris) en servant de pendant au Palais Bourbon de l'autre côté de la Seine.

Notes, sources et référencesModifier

  1. a et b A. Coquart, « Cinquième plan de la ville de Paris, son accroissement, et sa quatriême clôture commancée sous Charles V. l'an 1367 et finie sous Charles VI. l'an 1383 », in N. de La Mare, Traité de la police, compte d'auteur, Paris, 1705.
  2. a b c d et e http://sitelully.free.fr/villeleveque.htm
  3. a b c d et e http://www.eglise-lamadeleine.com/histoire

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