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Vigilance
Image illustrative de l’article Vigilance (Genève)
Logotype officiel.
Présentation
Fondation 1965
Disparition 1991[1] / 1993[2]
Siège Genève Drapeau de la Suisse Suisse
Idéologie Nationaliste
Adhérents 1000 déclarés[2]

Vigilance est un parti politique genevois créé en 1964 et disparu dans les années 1990.

Sommaire

Histoire de sa créationModifier

Le parti se constitue en 1965 à la suite de la création d'une pièce de théâtre de Walter Weideli. Cette pièce, Le Banquier sans visage, est consacrée au financier genevois Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI et porte un regard critique sur la bourgeoisie genevoise de l'époque. Ce spectacle doit être présenté lors des festivités marquant le 150e anniversaire de l'entrée de Genève dans la Confédération suisse (1815) et est fortement critiqué à droite, en particulier son subventionnement. Le nouveau mouvement Vigilance lance alors le slogan « Restons princes dans notre ville[3] ».

Doctrine politique et résultats électorauxModifier

Le mouvement milite dans un premier temps contre la présence d'étrangers, surtout italiens, à Genève dans le sillage des initiatives contre l'emprise étrangère de James Schwarzenbach et Valentin Oehen. Il critique également la présence des organisations internationales et lance un référendum contre la Fondation pour les immeubles à leur intention (FIPOI).

Ses principales figures sont le conseiller national Mario Soldini et l'avocat Arnold Schläpfer. Son slogan est Restons princes en notre ville. Vigilance obtient d'emblée 10 sièges de députés au Grand Conseil en 1965, n'est plus représentée en 1969, retrouve ses 10 députés en 1973 et est réduite à 8 en 1977 puis 7 sièges en 1981. Son apogée est atteinte en 1985 avec 19 sièges (devenant le 2e parti du canton juste après les libéraux) mais de nombreux candidats qui ne pensaient pas être élus démissionnent et l'aile centriste de Vigilance s'inquiète de points de vue trop xénophobes de leur président, Éric Bertinat, proche du Front National. Celui-ci démissionne en 1988[4]. Par la suite, le parti retombe à 9 sièges en 1989 et finit par disparaitre.

L'Union démocratique du centre, le Parti des automobilistes[2] et le Mouvement citoyens genevois font plus tard appel à la même sensibilité et idées politiques, récupérant du même coup d'anciens militants comme Pierre Schifferli (UDC), Roger Golay (MCG) et Éric Bertinat (UDC)[5]. Mais d'autres militants comme le futur procureur général du canton Olivier Jornot, qui le rejoint encore adolescent, iront rejoindre le Parti libéral suisse[6]. Le négationniste Gaston-Armand Amaudruz aurait pour sa part aidé à la fusion de plusieurs partis nationalistes suisses [réf. nécessaire] .

« La filiation avec l’extrême droite est indiscutable », estime le quotidien suisse Le Temps. Le conseiller national du parti, Mario Soldini, était un ancien collaborateur de Georges Oltramare, grande figure genevoise du fascisme de l’entre-deux-guerres. Un député de Vigilance, Pierre Jaquiard, qui est aussi responsable des Jeunesses vigilantes, après qu'un député du Parti du Travail a traité le groupe Vigilance au Grand Conseil de « Bande de fascistes ! », a rétorqué « Et je suis fier de l’être ! »[7],[8].

Vigilance a eu une section vaudoise, issue en fait du Mouvement républicain, entre 1985 et 1987. Elle sera absorbée par l'Action nationale[8].

PublicationsModifier

  • Vigilance : bulletin d'information du Comité de vigilance, 1964-1978 (nos 1-137)
  • Le vigilant, 1978-mars 1991 (nos 138-257)

BibliographieModifier

  • Yves Petignat, « Si vous avez manqué le début : trente-six ans de droite nationale à Genève », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 16 juillet 2018)
  • « Un pionnier de Vigilance disparaît [nécrologie de Mario Soldini] », Tribune de Genève,‎
  • « Mario Soldini, héraut de Vigilance », Tribune de Genève,‎
  • « La brève ascension du lepénisme genevois », Les Dossiers du Canard enchaîné, vol. 35 « La Suisse, Noir sur Blanc »,‎ , p. 96
  • « Roland Burkin : président de Vigilance », Le Courrier,‎
  • Françoise Buffat, « Vigilance : Comment un Comité d'action devient le parti de la majorité silencieuse », Journal de Genève,‎ , p. 13 (lire en ligne, consulté le 15 juillet 2018)

Notes et référencesModifier

  1. « Vigilance » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. a b et c Oscar Mazzoleni, Nationalisme et populisme en Suisse: la radicalisation de la "nouvelle" UDC, Collection le savoir suisse, (ISBN 9782880747800), p. 19.
  3. « La brève ascension du lepénisme genevois », in Le Canard enchaîné : les dossiers du canard, La Suisse noir sur blanc, 1990, p. 96.
  4. Tribune de Genève, De Vigilance à l'UDC genevoise, le parcours d'Éric Bertinat, par Nicolas Merckling, 8 juin 2002
  5. L'UDC est-elle une succursale du parti radical?, Genève Home Informations, 25-26 février 2004, p. 6
  6. Fati Mansour, « Olivier Jornot, l’énergie de l’ambition », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 19 octobre 2016)
  7. Vigilance et MCG : les faux jumeaux, Le Temps, 19 octobre 2013.
  8. a et b Cantini, Claude,, Les Ultras : extrême droite et droite extrême en Suisse, les mouvements et la presse de 1921 à 1991 (ISBN 2829001354 et 9782829001352, OCLC 27267231, lire en ligne)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier