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Victor de Fay de Latour-Maubourg

général français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nicolas Fay (homonymie).

Marie Victor Nicolas de Fay de Latour-Maubourg
Victor de Fay de Latour-Maubourg

Surnom Latour-Maubourg
Naissance
La Motte-de-Galaure (Drôme)
Décès (à 82 ans)
Dammarie-lès-Lys (Seine-et-Marne)
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1782-
Distinctions Marquis
Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de l’ordre de la Réunion
Grand-croix de Saint-Louis
Chevalier du Saint-Esprit
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 17e colonne. "L Tr MAUBOURG"
Autres fonctions Ministre d'État
Gouverneur des Invalides

Marie Victor Nicolas de Faÿ de Latour-Maubourg dit Victor de Faÿ de Latour-Maubourg (ou La Tour Maubourg), né à La Motte-de-Galaure[1] le , mort à Dammarie-lès-Lys le , est un militaire et homme politique français qui exerça son activité pendant les périodes de la Révolution et de l'Empire, tout comme son frère, Charles César de Fay de La Tour-Maubourg (-). Il est général de division en , et ministre de la Guerre de à .

Sommaire

EnfanceModifier

Il passe son enfance au château de Maubourg (Haute-Loire), mousquetaire de la reine à 14 ans, il émigre avec le reste de sa famille en .

Sous l'EmpireModifier

Il rejoint Napoléon Ier. Aide-de-camp dans l'expédition d'Égypte, il devient colonel à la bataille d'Austerlitz et y reçoit le grade de général de brigade le . Il fait ensuite la campagne de Prusse et de Pologne. Blessé au combat de Dreypen, il est promu le au grade de général de division. Il est blessé de nouveau à la bataille de Friedland. Il se signale en Espagne en à la tête de la cavalerie de l'armée du Midi, fait la campagne de Russie, commande le 1er corps de cavalerie en , et il est chargé de l'escadron sacré, composé uniquement d'officiers de cavalerie. Il se couvre de gloire à Dresde et surtout à la bataille de Leipzig où un boulet de canon lui emporte la cuisse. Voyant son domestique pleurer, il lui dit : « Console-toi, mon ami, le mal n’est pas si grand pour toi… Après tout tu n’auras plus qu’une botte à cirer »[2]. L’amputation est pratiquée par le célèbre chirurgien des armées impériales, Dominique Larrey qui note dans ses mémoires : « Il reçut un boulet de petit calibre qui lui fracassa le genou droit, blessure grave qui nécessita l’amputation de la cuisse, réclamée par le blessé lui-même : je la pratiquai immédiatement sous le canon de l’ennemi. Elle fut faite en moins de trois minutes. »[3]

Sous la RestaurationModifier

Latour-Maubourg adhère à la déchéance de l'Empereur et est nommé pair de France le 2 juin 1814 par Louis XVIII. Il ne remplit aucune fonction pendant les Cent-Jours. En , il est créé marquis. Il occupe les fonctions de président du Comité de cavalerie, Ambassadeur à Londres, et ensuite Ministre d'État et ministre de la Guerre de à dans le cabinet d'Élie Decazes et d'Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu. Dans ses Mémoires, le comte d’Agoult rapporte que, ministre de la Guerre, Victor de Latour-Maubourg présente à Louis XVIII un document visant à réduire le nombre des Maréchaux de France. Le roi lui dit : « Je signe avec regret cette ordonnance car j’avais l’intention de vous nommer Maréchal. » Le ministre avait fait son devoir, note le comte d’Agoult, et n’accèda jamais à cette dignité suprême[4]. On lui doit l'ordonnance du portant réorganisation de l'infanterie française. Il est nommé en , gouverneur des Invalides.

 
Le général de Latour-Maubourg vers 1830.

Il refuse de reconnaître la monarchie de Juillet et devient Gouverneur du duc de Bordeaux en exil. Il meurt dans son château du Lys à Dammarie-lès-Lys en . Grand-croix de l’ordre de la Réunion par Napoléon Ier, il est nommé grand-croix de la Légion d'honneur le [5]), chevalier du Saint-Esprit et grand-croix de Saint-Louis par Louis XVIII.

Victor de Latour Maubourg semble avoir été particulièrement apprécié par ses contemporains. Arthur Wellesley de Wellington avait une haute opinion de lui et le reçut chaleureusement durant son ambassade à Londres[6] ;Chateaubriand, de son côté, note dans les Mémoires d'outre-tombe au Livre 21, Chapitre 6 : « J’ôte mon chapeau en passant devant lui, comme en passant devant l’honneur ».

Il a épousé une Hollandaise dont il n’a pas d’enfant. Protestante, elle se convertit au catholicisme après son mariage. Le comte d’Agoult rapporte que « Madame de Maubourg fut atteinte d’hydropisie à l'époque de la Restauration. L’archevêque de Paris lui parla du prince abbé de Hohenlohe qui jouissait dans l’Église d’une réputation de sainteté et s’offrit pour servir d’intermédiaire. L’abbé répondit qu’il célébrerait pendant neuf jours la messe à l’intention de Madame de Latour-Maubourg. Il indiquait l’heure pour qu’elle pût s’unir par la prière. Le neuvième jour, elle alla communier. À partir de ce moment-là, le mal cessa et elle recouvra toute sa santé ! »[4]

Un portrait de Victor de Latour-Maubourg et une gravure représentant César de Latour-Maubourg sont conservés à la National Gallery de Londres. Victor de la Tour-Maubourg figure également sur le tableau du Sacre de Charles X à Reims, de François Gérard, conservé au château de Versailles.

Victor de Latour-Maubourg donne son nom à un grand boulevard parisien, une station du métro de Paris ainsi qu'à une caserne à Valence dans la Drôme, devenue aujourd'hui le centre universitaire Latour-Maubourg.

SourcesModifier

NotesModifier

  1. « Encyclopédie Larousse en ligne - La Tour Maubourg », sur Grand Larousse encyclopédique (consulté le 22 juin 2018).
  2. L'anecdote est rapportée, entre autres, par Chateaubriand dans ses Mémoires d'outre-tombe
  3. D. Larrey, Mémoires de Chirurgie Militaire et Campagnes
  4. a et b Ch. d’Agoult, Mémoires
  5. « Cote LH/948/65 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. Ethel Jones, Les voyageurs français en Angleterre de 1815 à 1830, J. Bière, , 364 p. (lire en ligne)

Liens externesModifier