Varangéville

commune française du département de Meurthe-et-Moselle

Varangéville
Varangéville
Église Saint-Gorgon.
Blason de Varangéville
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Nancy
Intercommunalité Communauté de communes des Pays du Sel et du Vermois
Maire
Mandat
Christopher Varin
2020-2026
Code postal 54110
Code commune 54549
Démographie
Gentilé Varangévillois(es)
Population
municipale
3 652 hab. (2017 en diminution de 5,41 % par rapport à 2012)
Densité 303 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 38′ 02″ nord, 6° 18′ 49″ est
Altitude Min. 197 m
Max. 323 m
Superficie 12,04 km2
Élections
Départementales Canton de Lunéville-1
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
Voir sur la carte administrative du Grand Est
City locator 14.svg
Varangéville
Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle
Voir sur la carte topographique de Meurthe-et-Moselle
City locator 14.svg
Varangéville
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Varangéville
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Varangéville
Liens
Site web Site officiel

Varangéville est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est. Elle appartient à l'unité urbaine de Dombasle-sur-Meurthe et à l'aire urbaine de Nancy.

Rosace - Église Saint Gorgon de Varangéville

Ses habitants sont les Varangévillois(es).

GéographieModifier

LocalisationModifier

Varangéville est située sur les bords de la Meurthe et le canal de la Marne au Rhin à mi-chemin entre Nancy et Lunéville.

Le territoire comprend deux écarts. Il s'agit des fermes champêtres de Trimolot et de Saint-Louis, toutes deux accessibles par la RD 80, à l'extrémité Est du territoire en direction d'Haraucourt.

Communes limitrophesModifier

Le territoire de la commune est limitrophe de 8 communes.

HydrographieModifier

Voies de communication et transportsModifier

La gare de Varangéville - Saint-Nicolas se situe sur la commune.

ToponymieModifier

Lors de la création du prieuré qui est à l'origine de la ville de Varangéville, une seigneurie du nom de Chaumont fut jointe à la donation du domaine rural[1]. On ne sait pas si Chaumont est le nom originel de la communauté villageoise ou s'il s'agissait d'un village voisin ?

Anciennes mentions : Warengesi villa [in pago Calvomontense] (770)[2],[3], Vuarengisivilla (910), Pagus Varengisi villæ (968), Warigis villa (960-984), Waregevilla (1197), Varengevilla (1234), Waringi villa (xiiie siècle), Warempgeyvile (1248), Warangievile (1275), Waurengeuville (1279), Waringisi villa (1296), Warengevile (1301), La Grande et la Petite Wairengeville (1385), Warengevilla (1402), Warengeville (1522), Warangéville (1525), Warrengeville (1526), Les Warrengevilles (1557), La Grande et la Petite Varangéville (1633), La Basse et la Haute Varangéville (1712)[3].

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural ». Le premier élément Varangé- représente vraisemblablement un anthroponyme selon le cas général. Albert Dauzat propose le nom de personne germanique Warengar que l'on retrouve dans Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime, Warengervilla 1192) et Saint-Pierre-de-Varengeville (Seine-Maritime, Warengiervillam XIIe siècle)[2].

Remarque : on ne note aucune trace d'un [r] dans les formes anciennes, il faut supposer qu'il ait hypothétiquement évolué en [s]. C'est pourquoi, il est sans doute préférable d'envisager un recours au nom de personne germanique Waringīs (latin médiéval Waringisus) bien attesté dans les textes[4], dont Albert Dauzat n'avait vraisemblablement pas connaissance. Il s'accorde avec les mentions anciennes du type Warengisi / Waringisi (avec la désinence latine -i du génitif des masculins en -us), ainsi qu'avec la forme moderne Varengéville dont le -é- représente la trace d'un ancien [s].

Varangéville se prononce Ouerginville[5] ou Vargenville en lorrain roman aux XIXe et XXe siècles, selon un schéma d'évolution phonétique par métathèses, fréquentes en linguistique, tandis que la forme administrative résulte de la fixation d'un état de langue antérieur.

HistoireModifier

Période gallo-romaineModifier

Les résultats de fouilles archéologiques réalisées dans la première moitié du XXe siècle à proximité immédiate du cimetière de Varangéville laissent penser qu'une coutume romaine de bornage s'est poursuivie longtemps à cet endroit[6].

Légende des origines de VarangévilleModifier

Les conditions de la donation du domaine de Varangéville à l'abbaye de Gorze ont été embellies par un beau récit de prodige, dû à la plume de Jean de Vandières (parfois appelé Jean de Gorze), qui composa au milieu du Xe siècle le recueil des Miracles de saint Gorgon. En 764, rapporte-t-il, saint Chrodegang de Metz, évêque de Metz et fondateur de l'abbaye de Gorze, obtint du pape Paul Ier les reliques de saint Gorgon, martyr romain. On les rapporta en Lorraine et, vers la fin d'un voyage qui avait été fertile en épisodes pittoresques, le cortège arriva un soir en un lieu appelé Varangéville. La nuit obligeant à faire halte, on suspendit le reliquaire à un buisson d'épines. Le lendemain matin, le buisson avait crû de merveilleuse façon et il fallut tout un échafaudage pour reprendre les reliques et continuer vers Gorze. On ne pouvait pas moins faire qu'élever, en l'honneur du saint, une chapelle qui commémorerait le miracle. Ainsi Jean de Vandières, écho sans doute de récits qui avaient cours dans son abbaye de Gorze, racontait-il les origines de Varangéville.

Moyen ÂgeModifier

Pendant tout le Moyen Âge, l'histoire de Varangéville se confond avec celle du prieuré. À la fin du VIIIe siècle, les moines de Gorze fondent un prieuré de bénédictins qui aidera au développement de la ville. En fait, c'est la donation à l'abbaye de Gorze d'un vaste domaine rural avec ses appendices et ses droits de seigneurie qui fut à l'origine de l'église et du prieuré lui-même. Le nom de Varangéville apparaît pour la première fois dans un document daté de 770. Il s'agit du cartulaire de Gorze dans lequel Angilran, évêque de Metz, donne à l'abbaye un vaste domaine à Varangéville. Ce n'est qu'en 849 que les chartes mentionnent la cellula de Varangéville[7].

Les abbés qui se succédèrent à la direction du prieuré régnèrent en seigneurs sur Varangéville. Ce sont eux qui créaient les maires et les officiers de justice. Ils avaient le monopole sur la fiscalité, sur le temporel et sur le spirituel.

Entre 1052 et 1070, les habitants de Varangéville sont en révolte contre Udon évêque de Toul. Ils refusent de se soumettre à ce prélat, étant déjà sous la tutelle de l'abbé de Gorze. En juillet 1057, Udon porte une sentence en synode à Trêves contre les habitants de Varangéville[8]. Une assemblée des évêques se tint alors à Toul. Elle contraignit les rebelles par censure à se soumettre à la juridiction de l'évêque[1].

En 1159 lors de l'érection de la primatiale de Nancy, le cardinal de Lorraine commendataire de la primatiale de Clairlieu cède à la primatiale de Nancy un gagnage situé à Varangéville[9].

En 1191 le duc Simon II renonce à tous droits et prétentions en faveur des prieurés de Varangéville et de Saint-Nicolas à tout ce qu'il possède dans les moulins d'Arc (Art-sur-Meurthe) et de Varangéville et au cours de la rivière (la Meurthe) dépendant desdits prieurés[9].

En 1203, Pierre abbé de Gorze donne à l'abbaye de Clairlieu ce qui lui avait été donné par Frédéric, chevalier de Blehors. L'abbé de Gorze se réserve cependant pour lui et pour son église de Varangéville (Varengesvilla), l'usage du bois de maronage et de chauffage dans les forêts de Blehors[9]. Blehors est une ancienne métairie détruite au XVIIesiècle sur le territoire de Blainville-sur-l'Eau : le droit de maronage ou de marnage était un droit de prélever en forêt des grumes destinées au bois de charpente.

En 1222, une sentence de l'abbé de Beaupré et du prieur de Varangéville confirmée par le duc Mathieu maintient les religieux de Flavigny dans la possession des dîmes de « Chaumont et d'Einvaux[9] ». Tel que c'est écrit, on pense à Chaumont, le village jumeaux d'Einvaux aujourd'hui disparu. Cependant, il aurait existé à Varangéville une seigneurie du nom de Chaumont. Lors de la création du prieuré, l'évêque de Metz aurait joint à la donation du domaine une seigneurie du nom de chaumont[1].

En 1243, il y eut un débat entre le prieuré et le duc Mathieu au sujet de l'exercice de la justice sur le ban de Port (Saint-Nicolas-de-Port). Le prince de Lorraine finit par confirmer à l'abbé de Gorze (le prieur), le droit de mettre un maire à Port, lequel maire rendra la justice en ce lieu[1].

En 1273 le duc Ferry confirme ce que Mathieu avait accordé puisqu'il reconnaît n'avoir aucun droit en la ville et le ban de Saint-Nicolas. Ces traités, accords et privilèges furent confirmés plus tard par les duc de Lorraine Thiebaut, Ferry, Raoul, Charles II et Jean[1].

Toujours en 1273, le prieur de Varangéville est maintenu dans le droit de créer le maire, le doyen et les sept échevins de Saint-Nicolas-du-Port[10].

En 1313 Ferry IV donna au prieuré de Varengéville 14 livrées de terre pour le dédommager de la destruction des moulins de Varangéville que le duc avait ordonné pour le préjudice qu'ils causaient à la saline de Rosières[11].

En 1366, le prieuré est réduit à une grande misère suite à la mauvaise conduite du dernier prieur, Thiébaut de Ville. Son successeur Nicolas de Petite-Pierre le fit réparer[11].

Alexandre fils illégitime de Jean Ier duc de Bourbon est surnommé « le bâtard de Bourbon ». Lui et sa petite armée se livrent à divers pillages en Lorraine. En 1439, ils pillent et saccagent Varangéville[12].

Le 4 janvier 1477, avant la bataille décisive contre Charles le Téméraire, René II passe ses troupes en revue entre Varangéville et Saint-Nicolas[13].

Le 15 janvier 1498, René II permet au prieur de Varangéville de construire un moulin sur la Meurthe[1].

Dans les comptes du domaine de Nancy pour l'année 1444-1445, on trouve la mention d'une déduction accordée pour cause de grande mortalité dans les deux Varangéville[1].

Ancien régimeModifier

En 1545 le prieur de Varangéville est seigneur foncier d'Heillecourt et y possède le patronage de la cure[9].

Par lettres patentes du 9 avril 1573, le duc charles III ordonne aux meuniers de Saint-Nicolas et aux admodiateurs du prieuré de Varangéville de faire reconstruire le pont entre les deux villes emporté par les crues de l'hiver précédent[1].

Deux titres du 15 septembre et du 10 octobre 1580 contiennent une déclaration du maire d'Azelot et de tous les habitants assemblés à cet effet disant tous les droits que le prieur de Varangéville avait à Azelot. On apprend ainsi que le prieur est seigneur foncier et qu'il lui revient de créer le maire et la justice d'Azelot[9].

En 1589, « le haut conduit » (haut chemin) de Drouville s'étend de Serres à Varangéville[9].

Dans un codicille du 25 novembre 1599, Anne Feriel fondatrice de l'hôpital de Maréville (Laxou) « ordonne la sépulture de son corps estre en l'église de Warangeville, en la chapelle où ses père et mère et son mari Claude Mengin sont inhumés »[1].

Le 28 septembre 1631, il y eut une protestation du prieur de Varangéville contre les seigneurs de Lenoncourt qui voulaient l'obliger à payer les frais du past (repas) qui se donne à Azelot par le mayeur le dimanche avant la Saint-Remy (Remy sans accent aigu).

Guerre de trente ans : dans une note des comptes du domaine de Nancy et pour justifier un manque à gagner fiscal, il est expliqué que les habitants de Varangéville ont présenté en 1633 une requête en grâce contenant ces arguments : « les remontrants ont souffert et supporté divers logements de gens de guerre tant de son altesse (le duc de Lorraine) que du roi de France et notamment pendant que la ville de Nancy était bloquée ; lesquels (soldats) auraient vécu si licencieusement et traité si mal leur hôtes que tous ceux de la grande Varangéville auraient quitté et abandonné leur maison ; durant lequel temps ils (les soldats) auraient fait battre et emmené où bon leur semble les blés, orges, avoines et foins qu'ils auraient trouvé èsdites Varangéville : même causé plusieurs ruines dans les maisons, brisé les portes, vitres et autres meubles »[1].

En 1712 la justice foncière de Manoncourt-en-Vermois et la seigneurie foncière d'Azelot appartiennent au prieuré de Varangéville[9].

Par une sentence de la cour souveraine datée du 30 juillet 1755, on apprend que le prieuré de Varangéville a été réuni à la primatiale de Nancy depuis un certain temps. Les chanoines du chapitre de cette primatiale ont hérité des privilèges détenus par le prieuré.

Dans un dénombrement du 27 novembre 1768, on note que « les habitants de Varangéville sont banaux au four »[1]. Cela signifie qu'ils ont obligation de cuire au four banal (public) et de payer un droit d'usage.

Dans une note sans date de la primatiale de Nancy mais contemporaine au paragraphe précédent, figure une requête des officiers de l’hôtel de ville de Saint-Nicolas qui demandent la réunion des deux Varangéville à la communauté de Saint-Nicolas. Les habitants de Varangéville s'opposent à la prise en considération de cette demande[1].

À la fin du XVIIIe siècle, la primatiale de Nancy étant héritière des droits du prieuré de Varangéville, a de fait les droits de justice basse et foncière de Dommartemont ainsi que la création du maire et des autres officiers de justice[9].

Les encastrés de VarangévilleModifier

C'est sous ce titre curieux qu'Émile Badel raconte une vieille tradition selon laquelle les habitants de Saint-Nicolas-de-Port venaient se faire enterrer à Varangéville, dans son église pour les plus riches et dans le cimetière attenant pour les autres. Lorsqu'il n'y avait plus assez de place dans l'église, on déplaçait les restes dans le cimetière, sauf le crâne. Les plus bourgeois et les religieux étaient encastrés (leur crâne) sous les nefs trop basses de l'église. Cette coutume aurait perpétué la tradition orale selon laquelle Varangéville serait « la mère église de Saint-Nicolas ». Le 14 octobre 1760, l'architecte du roi passait à Varangéville pour une visite officielle. Dans son rapport il écrit : « pour prévenir la ruine totale de cette église, Il faut enlever les chefs de tous les encastrés de Saint-Nicolas et de Varangéville qui sont dans les murs et boucher tous les troux ». Tous les encastrés ont alors disparus[14].

Période moderneModifier

 
Varangéville fut desservi par la ligne de tramway reliant Nancy à Dombasle-sur-Meurthe exploitée à partir de 1910 par la Compagnie des tramways suburbains puis, de 1919 à 1949, par la Compagnie générale française de tramways.

En 1853, Henri Lepage cite les écarts de Maison-du-canal, Maison-Coleur et Maison-Puny. Le même auteur indique que le moulin d'Alba appartenait au prieuré de Varangéville au XVIIe siècle[9].

Le , il se produisit un important effondrement dans la mine de sel Daguin, à peu de distance de la gare de Varangéville. L'accident a fait plusieurs victimes[15]. L'accident avait pour origine l'utilisation mal maîtrisée de l'eau comme moyen de havage. Cette technique a été abandonnée suite à cet événement.

Le jeudi , une pièce d'artillerie allemande à longue portée tire sur Varangéville[16]. Il s'agit probablement du « gros Max » installé à Hampont, voir la section ouvrage militaire sur la page Wikipedia d'Hampont.

LoretteModifier

Le site aurait été à l'origine un hôpital de lépreux[17]. Plus tard, le lieu-dit s'appelle Le haut de Metz. Il est alors sur le ban de la petite Varangéville, En 1542, Nicolas Hanzelin lieutenant du receveur général de Lorraine et Mariette sa femme y construisent une chapelle. Elle deviendra plus tard la ferme de Lorette[18]. Elle était située près de l'actuelle station d'épuration. On la retrouve en 1712 où elle est mentionnée comme oratoire de Notre-Dame de Lorette[1].

ReligionModifier

Le prieuré qui portait le titre de Saint-Gorgon a été sécularisé en 1572. Il a été uni à la primatiale de Nancy en 1603. La bulle d'union donnée par le pape Clément VIII date du 11 décembre 1603[1].

En 1631, une partie des dîmes de Réméréville revenait au prieuré de Varangéville[1].

Dans l'état du temporel des paroisses de 1712, l'église de Varangéville est prieurale et paroissiale. Elle a Saint-Nicolas-de-Port pour annexe. Dans le pouillé de 1768, c'est l'inverse. Varangéville est annexe de Saint-Nicolas-de-Port. Varangéville est de nouveau transformé en annexe en 1802. Le patron de l'ancienne paroisse est Saint-Gorgon[1].

SobriquetModifier

Dans une déclaration fournie par les habitants en 1738, ceux-ci déclarent qu'ils ont le droit de vaine-pâture sur les territoires circonvoisins[1]. On sait que cette pratique est à l'origine de nombreux conflits. Cette prétention de vaine-pâture sur les bans voisins est-elle à l'origine du surnom des habitants de Varangéville : les gourmands ?

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1815 1821 Christophe Molard    
1821 1826 Claude Baron    
1826 1831 François Spitz    
1831 1832 Claude Baron    
1832 1834 Christophe Molard    
1834 1847 Joseph Suisse    
1847 1852 François Baron    
1852 1865 Joseph Colson    
1865 1871 Victor Raspony    
1871 1875 Joseph Mathieu    
1875 1877 Nicolas Jolain    
1877 1880 Alfred Barbier    
1880 1884 Paul Didier    
1884 1892 Pierre Houot    
1892 1897 Jules Colson    
1897 1919 Charles Houot    
1919 1924 Frédéric Hetzel    
1924 1926 Alfred Richard    
1926 1944 Auguste Lefèvre    
1944 1948 Armande Thirion    
1948 1977 Charles Clavel SFIO Ouvrier
mars 1977 mars 2001 Claude Baumann (1931-2008) PCF Machiniste d'extraction de sel, retraité en 1987[19]
mars 2001 juillet 2002 Pierre Louis PCF Ajusteur à la saline de Varangéville[20]
Décédé en cours de mandat
juillet 2002 mai 2020 René Bourgeois PCF  
mai 2020 En cours
(au 27 mai 2020)
Christopher Varin   Juriste

JumelageModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[22]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[23].

En 2017, la commune comptait 3 652 habitants[Note 1], en diminution de 5,41 % par rapport à 2012 (Meurthe-et-Moselle : +0,03 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
640702716702732718669689715
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
7719211 2331 4411 6541 9191 9852 3902 370
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 5462 7172 7283 9983 8973 9824 0764 0724 382
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2017
4 3854 3014 1264 0014 2414 1213 8973 6683 652
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[24] puis Insee à partir de 2006[25].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

 
Salins du Midi et Salines de l'Est
 
Sondages salins de la vallée la Roanne à Varangéville
  • Dans le sous-sol de Varangéville est exploitée la dernière mine souterraine de France. Il s'agit d'une mine de sel gemme.

Culture locale et patrimoineModifier

Personnalités liées à la communeModifier

Errik de Lorraine-Chaligny, fils d'une branche cadette des princes de Lorraine et 88e évêque de Verdun est né à Nancy le , mort à Nancy le . Il fut d'abord inhumé à Varangéville, au couvent des capucins qu'il avait lui-même créé[26]. Ses restes furent ensuite transférés dans l'église des Cordeliers de Nancy .

François de Lorraine, neveu et successeur du précédent, 89e évêque de Verdun, fut inhumé au couvent des capucins à Varangéville, aux côtés de son oncle en 1661[11].

Jean-François Mathieu né à Varangéville en 1763. Il s'engage dans le régiment d'Auxonne le 14 février 1780 et embarque à Brest le 2 mai 1780 à destination de Newport. Le régiment rejoint l'armée du général Washington et combat à ses côtés[27].

Louis Raspony, bachelier ès-science, employé de saline, figure au tableau d'honneur du département de la Meurthe pour sa bravoure pendant la guerre de 1870[28].

Lieux et monumentsModifier

Voie antiqueModifier

Henri Lepage signale une voie romaine de second ordre qui passerait au Léomont près de Lunéville, arriverait sur les hauteurs de Varangéville et continuerait en direction de Scarponne. Cette information se recoupe avec le chemin de Metz à Lenoncourt et l'ancien lieu-dit le haut-de-Metz près de Lorette[11].

Édifices civilsModifier

  • Fosse cultuelle païenne en bordure du cimetière.
  • Nécropole mérovingienne VIe à VIIIe, correspondant à une population d'environ 20/30 personnes (fouillée en 1943).
  • Sondages salins de la vallée de la Roanne, édifice objet d’une inscrpition au titre des monuments historiques depuis 1986[29].
  • Jusqu'en 1984, la commune de Varangéville fut traversée par un transporteur aérien de calcaire : le TP Max, d'une longueur de 18 km. Celui-ci détient le record de longévité : 60 ans d'activité ininterrompue. Construit en 1927, c’était une véritable prouesse technique[30].

Édifices religieuxModifier

 
Vue intérieure de l'église Saint-Gorgon.
 
Ancienne église prieurale.
  • Église Saint-Gorgon, classée au titre des monuments historiques par arrêté du [31]. Cet édifice de style gothique tardif est une réussite exceptionnelle comme église-halle. La construction peut-être attribuée au priorat de Jean de Lorraine (1508-1545) (les armoiries figurent sur la nef du cœur) durant le premier tiers du XVIe siècle (la date de 1528 est inscrite sur une clé de voûte de la 3e travée de la nef). C'est l'époque où se terminait l'église voisine de Saint-Nicolas-de-Port. L'extérieur de l'église manque d'allure et d'élégance (le clocheton est du XIXe siècle); elle est recouverte d'une seule toiture et les façades latérales sont soutenues par de puissants contreforts séparant des fenêtres irrégulières. La façade est pauvre, mais l'intérieur est tout autre. Cette église-halle, dont les bas côtés sont à la même hauteur que la nef, se caractérise par la pureté de l'architecture dont le seul décor est constitué de colonnes cylindriques sans chapiteaux dont les nervures s'étalent dans la nef comme autant de feuilles de palmiers[32]. Son plan est très simple : une nef centrale de huit travées avec des bas côtés, prolongées par une abside à cinq pans. Il n'y a pas de transept. Sur le bas-côté nord s'ouvrent trois chapelles.
    Le mobilier est particulièrement riche. Un ancien mur retable à trois niches. Il abrite deux statues ; à droite celle du pape saint Urbain (bois XVe siècle) assis tenant un livre et des épis, à gauche celle d'un évêque, assis, sans attributs permettant de l'identifier. La niche du centre contenait une Vierge à l'Enfant qui a disparu en 1980. Dans la première chapelle une mise au tombeau (XVIe siècle) constituée d'un ensemble de dix personnages en grandeur naturelle ; huit sont traditionnels de ces sculptures monumentales ici s'y ajoutent deux anges en prière. Au-dessus trois consoles supportent chacune une statue. Dans la seconde chapelle un autel surmonté d'une Vierge assise allaitant l'Enfant Jésus qui joue avec une colombe (XIVe siècle) entourée de deux anges portant des flambeaux. Cette très belle pièce, typiquement lorraine, a été fort maltraitée vers 1840, quand un sentiment de fausse pudeur a fait gratter le sein de la Vierge. Dans la troisième chapelle, une pietà de bois peint datant du XVIe siècle elle aussi caractéristique de la région lorraine.
  • Les "Encastrés". Sur le mur nord de l'église, dans le cimetière, on peut encore lire (en particulier à hauteur de la chapelle du sépulcre) diverses inscriptions signalant : Le chef de Marie-Anne Thomassin, Le chef de Barbe Pitoux, Le chef de Nicolas Colas, etc. Dans un cimetière autrefois très exigu et servant à deux localités importantes, Varangéville et Saint-Nicolas de Port, les inhumations successives bouleversaient fréquemment les tombes. Les ossements étaient alors déposés dans trois charniers adossés à l'église, entre les contreforts. Certaines familles, désirant conserver l'identification des restes de leurs défunts, faisaient encastrer directement dans le mur de l'église leurs chefs, c'est-à-dire leurs crânes. Après avoir enlevé une pierre du mur, on y plaçait le crâne. On repositionnait la pierre avec une inscription indiquant à qui il avait appartenu. Cette coutume se retrouve ailleurs, mais elle avait pris à Varangéville une telle ampleur que la stabilité des murailles fut finalement compromise par ces innombrables trous qu'on y faisait. À diverses reprises, cette pratique fut interdite ; elle disparut progressivement au cours du XVIIIe siècle.
  • Ancienne église prieurale, rue Jean-Jaurès, restes du prieuré XIe/XIIe, dont le portail de l'église primitive et sa façade remaniée, classée au titre des monuments historiques par arrêté du [33].
  • Vestiges de l'ancien couvent des capucins XVIIe bâti en 1611 par Éric de Lorraine-Chaligny, évêque de Verdun. Il y fut d’ailleurs enseveli avec ses neveux François de Lorraine-Chaligny, évêque de Verdun et Henry de Lorraine, marquis de Mouy et comte de Chaligny [34] (Leurs restes ont été transférés dans l'Église des Cordeliers de Nancy). Ce couvent est construit en partie avec d'anciens bâtiments (notamment la chapelle) de l'ancien hôpital Saint-Germain. Cet hôpital avait été bâti par des chanoines de la primatiale[35].

Patrimoine naturelModifier

  • Plusieurs espèces d'orchidées sont présentes sur le territoire de la commune (exemples : Epipactis atrorubens, Orchis de fuchs, Orchis militaris...)[36].

Héraldique, logotype et deviseModifier

  Blasonnement :
De gueules à un Saint Gorgon à cheval armé de pied en cap et terrassé d'or.
Commentaires : Varangéville faisait partie depuis le Haut Moyen Âge du temporel de l'abbaye de Gorze dans le Pays Messin. Le blason communal reprend donc celui de Gorze, s'en différenciant par un champ de gueules au lieu d’azur.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p et q Henri Lepage, Les communes de la Meurthe, volume 2, Nancy, A. Lepage Imprimeur-éditeur-libraire, , 812 p. (lire en ligne), p. 411, 488, 494, 617-620.
  2. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 700a.
  3. a et b Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale, 1862.
  4. Université de Tübingen : Nomen et Gens (lire en ligne) [1].
  5. Vainbois, monographie de Varangéville pour l'exposition universelle de 1889, Varangéville, monographie, , 16 p. (lire en ligne), p. 11.
  6. Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, Imprimerie Nationale, , 960 p. (lire en ligne), p. 815-820.
  7. Bulletin mensuel de la société d'archéologie lorraine et du musée lorrain, Nancy, , 132 p. (lire en ligne), p. 58-59.
  8. Bulletin de la société philomatique vosgienne, Saint-Dié, Imprimerie Humbert, , 395 p. (lire en ligne), p. 201.
  9. a b c d e f g h i et j Henri Lepage, Les communes de la Meurthe, volume 1, Nancy, A. Lepage imprimeur-éditeur-libraire, , 810 p. (lire en ligne), p. 12, 45, 64, 65, 164, 240, 241, 307, 318, 320, 482, 685, 722.
  10. Édouard Bonvalot, histoire du droit et des institutions de la Lorraine et des 3 évêchés, Paris, F. Pichon, , 431 p. (lire en ligne), p. 277.
  11. a b c et d Henri Lepage, le département de la Meurthe, statistique historique et administrative, 2e partie, Nancy, Lepage, 740 p. (lire en ligne), p. 590, 631.
  12. Chapellier, Essai historique sur Baufremont, son château et ses barons, Épinal, Veuve Gley, , 148 p. (lire en ligne), p. 106.
  13. ML Leupol, Histoire de Loraine racontée aux enfants, Nancy, Grimblot, Raybois et Cie ; imprimeurs libraires, , 208 p. (lire en ligne), p. 118.
  14. Émile Badel, Étrennes aux Nancéiens pour 1903, Nancy, Louis Kreis, , 176 p. (lire en ligne), p. 129-133.
  15. La presse, Paris, , 5 p. (lire en ligne), p. 3.
  16. Le Miroir, Paris, , 15 p. (lire en ligne), p. 3.
  17. Statistique administrative et historique du département de la Meurthe, Nancy, Michel, , 594 p. (lire en ligne), p. 353.
  18. Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale, , 258 p. (lire en ligne), p. 80.
  19. Biographie de Claude Baumann.
  20. [2].
  21. « Partnerstädte » Site web de la ville de Bruchköbel, consulté le 8 avril 2017.
  22. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  23. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  24. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  25. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  26. Galerie des ducs de Lorraine au château de Fléville, Nancy, Imprimerie de Vagner, 123 p. (lire en ligne), p. 66-67.
  27. les combattants français de la guerre américaine 1778-1783, Paris, Ancienne maison Quentin, , 368 p. (lire en ligne), p. 319.
  28. Henri Lepage, le tableau d'honneur de la Meurthe, Nancy, Imprimerie N. Collin, , 208 p. (lire en ligne), p. 35.
  29. « Sondages salins de Varangéville », notice no PA00106428, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  30. [3], sur le site Association Tous en Sel.
  31. « L'église Saint-Gorgon », notice no PA00106426, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. MC Burnand Lorraine gothique Picard 1989 (ISBN 2-7084-0385-0).
  33. « Ancienne église prieurale », notice no PA00106427, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  34. Augustin Calmet, Notice de la Lorraine qui comprend les duchés de Bar et de Luxembourg..., , 1050 p. (lire en ligne), p. 203.
  35. M. Durival, Description de la Lorraine et du Barrois, , 470 p. (lire en ligne), p. 417.
  36. [4].