VIe gouvernement constitutionnel portugais

VIe gouvernement constitutionnel
(pt) VI Governo Constitucional

IIIe République portugaise

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre Francisco Sá Carneiro.
Président de la République António Ramalho Eanes
Premier ministre Francisco Sá Carneiro
Élection 2 décembre 1979
5 octobre 1980
Législature Ire et IIe
Formation
Fin
Durée 1 an et 6 jours
Composition initiale
Coalition PPD/PSD-CDS
Ministres 14
Femmes 0
Hommes 14
Représentation
Assemblée de la République (1979)
128 / 250
Assemblée de la République (1980)
134 / 250
Drapeau du Portugal

Le VIe gouvernement constitutionnel (en portugais : VI Governo Constitucional) est le gouvernement de la République portugaise entre le 3 janvier 1980 et le 9 janvier 1981, sous la Ire et la IIe législature de l'Assemblée de la République.

Il est dirigé par le libéral-conservateur Francisco Sá Carneiro, vainqueur à la majorité absolue des élections législatives avec sa coalition. Il succède au Ve gouvernement constitutionnel, alors sous l'autorité de l'indépendante Maria de Lourdes Pintasilgo. Il est remplacé par le VIIe gouvernement constitutionnel, sous la direction du libéral-conservateur Francisco Pinto Balsemão.

Historique du mandatModifier

Dirigé par le nouveau Premier ministre libéral-conservateur Francisco Sá Carneiro, anciennement ministre sans portefeuille, ce gouvernement est constitué et soutenu par l'Alliance démocratique (AD) entre le Parti social-démocrate (PPD/PSD), le Parti du Centre démocratique et social (CDS) et le Parti populaire monarchiste (PPM). Ensemble, ils disposent de 128 députés sur 230, soit 51,2 % des sièges de l'Assemblée de la République.

Il est formé à la suite des élections législatives intercalaires du 2 décembre 1979.

Il succède donc au Ve gouvernement constitutionnel, dirigé par la Première ministre indépendante Maria de Lourdes Pintasilgo, bénéficiant du soutien de l'Action sociale-démocrate indépendante (ASDI).

Au cours du scrutin, l'AD devient la première force politique à remporter la majorité absolue des sièges à l'Assemblée et devance ainsi le Parti socialiste (PS), qui perd son statut de premier parti du pays, acquis à la suite de la révolution des Œillets.

FormationModifier

Le 27 décembre, plus de trois semaines après la tenue des élections, Maria de Lourdes Pintasilgo remet sa démission au président de la République António Ramalho Eanes afin de permettre la composition d'un nouveau gouvernement constitutionnel. La publication le même jour des résultats définitifs des élections législatives permet au chef de l'État d'entamer ses consultations en vue de désigner le futur chef de l'exécutif[1],[2].

À l'issue de ses échanges avec les partis représentés au Parlement ainsi que le Conseil de la Révolution (pt), Ramahlo Eanes invite le 29 décembre le président du PPD/PSD Francisco Sá Carneiro à former le VIe gouvernement constitutionnel et annonce que sa prise de fonction interviendra le 3 janvier 1980. Sá Carneiro lui remet immédiatement sa liste de 14 ministres. Les chrétiens-démocrates Diogo Freitas do Amaral et Adelino Amaro da Costa occupent respectivement les ministères des Affaires étrangères et de la Défense, Amaral étant également vice-Premier ministre. Les ministères de la Défense et de l'Intérieur seront dirigés par des civils, aucun militaire ne siégeant au conseil des ministres pour la première fois depuis le 25 avril 1974. Le choix de Francisco Pinto Balsemão, journaliste réputé et bien perçu par une partie de la gauche, comme adjoint du Premier ministre est perçu comme un signal de modération du discours de la droite[3],[4].

L'exécutif — qui comprend huit membres du PPD/PSD, cinq du CDS et un indépendant — est bien assermenté le 3 janvier 1980 par le président de la République, jour où se réunit pour la première fois la nouvelle Assemblée de la République[5]. Le programme du gouvernement, qui insiste notamment sur l'adhésion du Portugal à la Communauté économique européenne, la défense de l'autodétermination du Timor-Oriental, la lutte contre l'inflation et un meilleur équipement pour les forces armées, est approuvé par les députés le 17 janvier[6],[7].

SuccessionModifier

Lors des élections législatives régulières du 5 octobre 1980, l'AD renforce sa majorité et assure le maintien au pouvoir de Sá Carneiro. Ce dernier décide alors de ne pas démissionner, mais de demander simplement la confiance à l'Assemblée de la République nouvellement élue pour continuer à gouverner le pays jusqu'à l'issue de l'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu pour le 7 décembre suivant[8],[9]. Déposée le 18 novembre, la motion est adoptée par 132 voix favorables quatre jours plus tard, après deux journées de débat[10].

Le 4 décembre, l'avion transportant Francisco Sá Carneiro et Adelino Amaro da Costa s'écrase peu après son décollage de l'aéroport de Lisbonne, tuant tous ses occupants. Le vice-Premier ministre Diogo Freitas do Amaral est alors chargé d'assumer les fonctions habituellement dévolues au Premier ministre, conformément à la Constitution, tandis que le premier tour de la présidentielle est maintenu[11]. À la suite de sa réélection, le président Eanes désigne Francisco Pinto Balsemão, successeur de Sá Carneiro choisi par le PPD/PSD pour former le VIIe gouvernement constitutionnel, qui entre en fonction le 9 janvier 1981[12].

CompositionModifier

Fonction Titulaire Parti
Premier ministre Francisco Sá Carneiro (décédé le 04/12/1980) PPD/PSD
Vice-Premier ministre
Ministre des Affaires étrangères
Diogo Freitas do Amaral CDS
Ministre adjoint du Premier ministre Francisco Pinto Balsemão PPD/PSD
Ministre de la Défense nationale Adelino Amaro da Costa (décédé le 04/12/1980) CDS
Ministre de l'Intérieur Eurico de Melo PPD/PSD
Ministre de la Justice Mário Raposo PPD/PSD
Ministre des Finances et du Plan Aníbal Cavaco Silva PPD/PSD
Ministre de l'Éducation et de la Science Vítor Crespo PPD/PSD
Ministre du Travail Eusébio Marques de Carvalho Sans
Ministre des Affaires sociales João Morais Leitão CDS
Ministre de l'Agriculture et de la Pêche António Cardoso e Cunha PPD/PSD
Ministre du Commerce et du Tourisme Basílio Horta CDS
Ministre de l'Industrie et de l'Énergie Álvaro Barreto PPD/PSD
Ministre du Logement et des Travaux publics João Porto CDS
Ministre des Transports et des Communications José Viana Baptista PPD/PSD

RéférencesModifier

  1. « Mme PINTASSILGO A REMIS SA DÉMISSION », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  2. « LES CONSULTATIONS EN VUE DE LA FORMATION DU PROCHAIN GOUVERNEMENT ONT COMMENCÉ », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  3. (es) « Sa Carneiro, designado primer ministro de Portugal », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  4. José Rebelo, « Aucun militaire ne figurera dans le nouveau gouvernement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  5. (es) Nicole Guardiola, « Hoy toma posesión el nuevo Gobierno portugués », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  6. « DANS SON PROGRAMME DE GOUVERNEMENT M. Sa Carneiro met l'accent sur l'intégration dans le Marché commun », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  7. (es) Nicole Guardiola, « Portugal, dispuesto a replantear el caso de Timor Oriental », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  8. José Rebelo, « La nette victoire électorale de la coalition conservatrice ébranle la position du président Eanes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  9. (es) Nicole Guardiola, « El Gobierno portugués pedirá al Parlamento un voto de confianza », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  10. (pt) Assemblée de la République, « MOÇÃO DE CONFIANÇA SOLICITADA PELO VI GOVERNO CONSTITUCIONAL PARA PROSSEGUIR A SUA ACÇÃO ATÉ À NOMEAÇÃO DO NOVO GOVERNO SUBSEQUENTE À POSSE DO PRESIDENTE DA REPÚBLICA ELEITO. », sur parlamento.pt (consulté le 3 novembre 2019), p. 30.
  11. (es) « Muere en accidente aéreo el jefe del Gobierno portugués, Francisco Sa Carneiro », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).
  12. « Le nouveau gouvernement portugais », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2019).

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier