Víctor Hugo Morales

journaliste, écrivain et essayiste uruguayen

Víctor Hugo Morales (Uruguay, 1947) est un journaliste, animateur de radio et écrivain uruguayen installé et actif en Argentine depuis 1981.

Víctor Hugo Morales
Victor Hugo Morales.jpg
Víctor Hugo Morales en 2011.
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Víctor Hugo Morales PérezVoir et modifier les données sur Wikidata
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Journaliste politique et musical, il est surtout connu pour son travail de commentateur de matches de football — en particulier pour sa tirade en direct lors du « But du siècle » de Diego Maradona du quart de finale entre l'Argentine et l'Angleterre du Mondial 1986 —, à tel point qu'il est parfois considéré comme « la quintessence du narrateur sportif hispanophone[1] ».

BiographieModifier

En UruguayModifier

Víctor Hugo Morales naît à Cardona, dans le département de Soriano, en Uruguay, le 26[1] ou le [2].

Il grandit et commence sa carrière radiophonique en Uruguay, mais fuit le pays pour l'Argentine en 1981, s'estimant persécuté par la dictature militaire de l'Uruguay[3].

Carrière de journalisteModifier

Journaliste, il est chroniqueur pour le journal Perfil, notamment[4].

Carrière d'animateur de radioModifier

 
Víctor Hugo Morales dans les studios de Radio Continental en 2010, avec l'homme politique Ricardo Alfonsín (es) à gauche et la journaliste et écrivaine Magdalena Ruiz Guiñazú (es) au milieu.

Morales est notamment l'animateur et commentateur du programme Competencia sur Radio Continental[4]. Il coanime avec Roberto Perfumo l'émission Hablemos de futbol, sur ESPN[4].

Dans les années 1990-2010, il tient plusieurs programmes de façon non rémunérée pour la radio publique argentine, dans Radio Nacional (El primer clásico — qu'il tient aussi sur Radio Clásica Uruguay (es) et qui traite de musique classique et de tango —), FM Clásica Nacional (A título personal) et sur la chaîne de télévision DeportTV (Fútbol Compacto)[5],[6]. Il a également collaboré pour Canal 13, Canal 9, Canal 7, Canal (á) ainsi que dans des émissions de télévision d'Uruguay[1].

Il est surtout connu pour ses commentaires en direct de matches de football, dont il a couvert les coupes du monde de 1978 à 2006[1]. Il est notamment l'auteur des surnoms « El Príncipe » (Le Prince) pour désigner Enzo Francescoli et « Barrilete cósmico » pour désigner Diego Maradona, des surnoms qui sont restés dans le folklore du football[7], et est connu en Argentine pour certaines de ses expressions, comme « ta-ta-ta-ta » ; « no quieran saber, no lo pregunten a nadie » (si vous ne voulez pas savoir, ne demandez à personne), notamment[1].

En 2018, il couvre la Coupe du monde pour la chaîne vénézuélienne Tele Sur et présente une animation quotidienne avec Diego Maradona[7].

Le But du siècleModifier

Víctor Hugo Morales a commenté de nombreux matches, mais sa carrière est liée à celle de Diego Maradona, avec qui il a maintenu de très forts liens professionnels : il a commenté le premier match de l'Argentin sous le maillot de Boca Juniors en 1981 et se fait déjà remarquer pour sa description d'un pénalty tiré lentement par Maradona dont le « ballon a échappé comme une larme »[8],[9].

Morales acquiert une reconnaissance internationale grâce à ses commentaires en direct à la Radio Argentina (es) lors du quart de finale entre l'Argentine et l'Angleterre du Mondial 1986, quand Diego Maradona traverse toute la défense anglaise pour marquer le deuxième but[10],[11],[12],[13] :

« Il va la jouer pour Diego, voilà Maradona, il est marqué par deux joueurs, il met le pied sur le ballon, Maradona, le génie du football mondial commence par la droite, il quitte le centre du terrain et va jouer pour Burruchaga... Toujours Maradona ! Génie ! Génie ! Génie ! Ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta... Gooooool... Gooooool... Je vais pleurer ! Bon Dieu, vive le football ! Golaaazooo ! Diegoooooool ! Maradona ! C'est à en pleurer, pardonnez-moi... Maradona, dans une course mémorable, dans la meilleure action de tous les temps... Cerf-volant cosmique[a]... De quelle planète es-tu venu pour laisser autant d'Anglais derrière toi, pour que le pays soit un poing serré qui crie pour l'Argentine ? Argentine 2 - Angleterre 0. Diegol, Diegol, Diego Armando Maradona... Dieu merci, pour le football, pour Maradona, pour ces larmes, pour ce Argentine 2 - Angleterre 0[b]. »

Morales devient une « légende continentale » pour ce commentaire « épique » qui demeure associé au but de Maradona[18],[19],[20],[8].

PublicationsModifier

  • (es) Del porteñazo al Perú, Caracas : Domingo Fuentes, 1971, roman (OCLC 637786517).
  • (es) El intruso, Montevideo : Ediciones de la Plaza, 1979, roman (OCLC 948426061).
  • (es) Un grito en el desierto, Buenos Aires : Editorial Sudamericana, 1998, roman (ISBN 950-07-1374-8).
  • (es) Dos generaciones frente a frente : 1962-1992, Caracas : Ed. de la Asamblea Naciónal, 2003, essai (ISBN 9789800782101).
  • (es) Hablemos de fútbol, Buenos Aires : Editorial Planeta, 2006, essai (ISBN 950-49-1481-0)
    Coécrit avec Roberto Perfumo.
  • (es) Hablemos de fútbol, Buenos Aires : Booket, 2007, essai (ISBN 978-987-580-181-3)
    Coécrit avec Roberto Perfumo.
  • (es) Víctor Hugo × Víctor Hugo Morales, Buenos Aires : Editorial Sudamericana, 2009, autobiographie (ISBN 978-9974-683-14-3).
  • (es) Barrilete cósmico (el relato completo), Buenos Aires : Interzona, 2013, retranscription d'émission de radio (ISBN 978-987-1920-26-6).
  • (es) Audiencia con el diablo: retrato de una época de política, periodismo y poder, Buenos Aires : Aguilar, 2014, essai (ISBN 978-987-04-3448-1).
  • (es) Mentime que me gusta: de los intereses del periodismo al autoengaño del lector, Buenos Aires : Aguilar, 2015, essai (ISBN 9789877350302)
    Coécrit avec Nadia Lihuel.
  • (es) El rebenque del diablo: Cablevisión y yo : la guerra del fútbol y la justicia para pocos, Buenos Aires : Ediciones Colihue, 2015, essai
    Coécrit avec Diego Tomasi.
  • (es) Mentir a diario, Buenos Aires : Ediciones Colihue, 2016, essai (ISBN 978-987-684-269-3)
    Coécrit avec Mateo Grille.
  • (es) Papel Prensa : el grupo de tareas : medios, jueces y militares en la mayor estafa del país, Buenos Aires : Ediciones Colihue, 2017, essai (ISBN 9789876842754).
  • (es) La herida azul: (intención poética), Buenos Aires : Ediciones Colihue, 2017, recueil de poésie (ISBN 978-987-684-292-1).
  • (es) Papel Prensa : el grupo de tareas : medios, jueces y militares en la mayor estafa del país, Buenos Aires : Ediciones Colihue, 2017, essai (ISBN 9789876842754).
  • (es) Demanda contra demanda : Magnetto vs. Víctor Hugo : periodismo, honor, justicia, ética, libertad de expresión, Ediciones Colihue, 2018, essai (ISBN 978-987-684-287-7).
  • (es) Textualidades : la defensa de los sueños de siempre, Ediciones Colihue, 2018, essai (ISBN 9789876842792).

DocumentaireModifier

Víctor Hugo Morales participe à plusieurs chapitres d'une série documentaire intitulée Historia del trabajo en la Argentina, 1810-2010 (Buenos Aires : INCAA y Caras & Caretas, 2010) :

  • La Argentina agroganadera. Capítulo 1 (1810-1890) (OCLC 851692348)
  • Organización popular y obrera. Capítulo 2 (1890-1910) (OCLC 851653576)
  • Crisis polítical, sindicatos y represión. Capítulo 3 (1910-1930) (OCLC 851653577)
  • Derechos del trabajador. Capítulo 7 (1949-1951) (OCLC 871021898)

Prix et reconnaissanceModifier

Morales reçoit le prix Konex de platine à deux reprises : en 2001 et 2007[1].

Il reçoit aussi le prix Rodolfo Walsh, octroyé par la Faculté de Journalisme pour le programme radio De Zurda, mené avec Maradona[21].

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Pour ce but, Maradona a été affublé du sobriquet « cerf-volant cosmique » (« barrilete cósmico »). Il trouve son origine dans la lutte journalistique entre ceux qui étaient derrière Menotti et ceux qui étaient derrière Bilardo. Menotti a qualifié péjorativement Maradona de « cerf-volant » et Morales, le défenseur de Bilardo, a lui aussi utilisé ce terme, mais pour désigner positivement le capitaine de l'équipe nationale[14],[15],[11].
  2. Citation originale en espagnol : « La va a tocar para Diego, ahí la tiene Maradona, lo marcan dos, pisa la pelota Maradona, arranca por la derecha el genio del fútbol mundial, deja el tendal y va a tocar para Burruchaga... ¡Siempre Maradona! ¡Genio! ¡Genio! ¡Genio! Ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta... Gooooool... Gooooool... ¡Quiero llorar! ¡Dios Santo, viva el fútbol! ¡Golaaazooo! ¡Diegoooool! ¡Maradona! Es para llorar, perdónenme... Maradona, en una corrida memorable, en la jugada de todos los tiempos... Barrilete cósmico... ¿De qué planeta viniste para dejar en el camino a tanto inglés, para que el país sea un puño apretado gritando por Argentina? Argentina 2 - Inglaterra 0. Diegol, Diegol, Diego Armando Maradona... Gracias Dios, por el fútbol, por Maradona, por estas lágrimas, por este Argentina 2 - Inglaterra 0[12],[16],[17]! »
Références
  1. a b c d e et f Portugal et Yúdchak 2008, p. 220.
  2. (es) « Fiche de Víctor Hugo Morales », sur La Nación (consulté le 14 décembre 2020).
  3. (en) Hassan Cheema, « The Real Legacy of Maradona », sur dawn.com, (consulté le 15 décembre 2020).
  4. a b et c (es) Gorbán, Racing : Esa pasión inexplicable, Editorial Galerna, (ISBN 9789505565382, lire en ligne), p. 289.
  5. (es) « Víctor Hugo Morales no seguirá con sus programas en medios públicos », sur Clarín, (consulté le 14 décembre 2020).
  6. (es) « Víctor Hugo Morales sale de Radio Nacional, para no ser cómplice del “cinismo” oficial », sur comunanet.com.ar, (consulté le 15 décembre 2020).
  7. a et b « Entretien XXL – Víctor Hugo Morales : « Maradona est un héros lyrique sans l’ombre d’un doute ! » », sur furialiga.fr, (consulté le 14 décembre 2020).
  8. a et b (it) Paolo Galassi, « Il ricordo Il mito di Maradona raccontato dal «suo» telecronista, Victor Hugo Morales », Buenos Aires, (consulté le 14 décembre 2020).
  9. (es) « Internaron al periodista Víctor Hugo Morales por una arritmia », sur ole.com.ar, (consulté le 14 décembre 2020).
  10. Thierry Marchand, « Argentine-Angleterre : des pieds et des mains », France Football,‎ , p. 24-29 (présentation en ligne).
  11. a et b Etienne Labrunie, « Argentine-Angleterre 1986 : les deux coups de folie de Maradona, le « cerf-volant cosmique » », (consulté le 30 novembre 2020).
  12. a et b (es) « Maradona, de la mano de Dios a la boca del patán », sur ABC, (consulté le 30 novembre 2020).
  13. Quentin Coldefy, « Diego Maradona 1986 : récit d'un Mondial en forme de chef-d'oeuvre », sur France Football, (consulté le 9 décembre 2020).
  14. Marchand 2020, p. 28.
  15. Burgo 2016, Partie 2, chapitre 15.
  16. (es) [vidéo] Televisión Pública Argentina, Visión Siete: Relato histórico de Víctor Hugo Morales sur YouTube, (consulté le ).
  17. [vidéo] Le but du siècle avec les commentaires de Víctor Hugo Morales et les sous-titres en français sur Dailymotion.
  18. (es) Marcelo Gantman, « Diego Maradona: la belleza de un gol traducida por la arqueología de datos », (consulté le 14 décembre 2020).
  19. Donnarieix 2020.
  20. « Hommage à Diego Maradona sur Canal Sport », sur Canal Plus (consulté le 14 décembre 2020).
  21. (es) « Medios. Maradona y Víctor Hugo, premiados en La Plata », sur La Nación, (consulté le 24 décembre 2020).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (es) Julián Capasso, Víctor Hugo, una historia de coherencia y convicción, Editorial Al Arco, (ISBN 978-9974-683-14-3).
  • Antoine Donnarieix, « L'homme qui a commenté le But du siècle de Maradona », SoFoot,‎ (lire en ligne).
  • (es) Mario Portugal et Héctor Yúdchak, Hacer radio: guía integral : cómo se hace un programa de radio, paso a paso, Buenos Aires, Galerna, (lire en ligne), p. 220.
  • (es) Gaston Quagliariello, El arte del relato : los mejores goles por Víctor Hugo Morales, Colihue, , 256 p. (ISBN 9789876845304).

Liens externesModifier

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