Utilisateur:Nonopoly/Brouillon Ainay avec Majella1851

L'origine du mot Ainay est multiple selon les auteurs, les spécialités et les époques. Le nom est présent dans plusieurs toponymes lyonnais : le quartier d'Ainay, la basilique Saint-Martin d'Ainay, la place d'Ainay, le pont d'Ainay, le puy d'Ainay, la rue de l'Abbaye-d'Ainay et la voûte d'Ainay.

Chez les auteurs lyonnais de dictionnaires d'odonymes, l'origine du nom ne fait pas consensus. Louis Maynard cite une origine latine, Athanatum ou Athanacum, qui aurait désigné ce territoire au Moyen Âge, en reprenant «  quelques auteurs » ayant supposé que des exilés grecs « dans des temps fort reculés » y auraient fondé une académie, un « athénée », en grec ; ou bien que le mot dériverait de naos, temple en grec, avec le préfixe e-, « vers » pour un nom complet enay que l'on retrouve dans les vieux textes relatifs à Ainay, nommée Enay ou Esnay. Maynard cite d'autres origines sans trancher. Maurice Vanario indique simplement l'ancien monastère bénédictin éponyme[1].

Pour les les historiens français, l'origine peut être reconstituée mais le processus et les résultats ne sont pas identiques : Aimé Guillon (1758-1842) donne une explication en se basant sur une histoire écrite par un nommé Clitophon puis reprise dans le traité des noms des fleuves et des montagnes attribué à tord à Plutarque[2]. Selon ce récit, une colonie de Grecs, chassée par les phocéens, fondateurs de Marseille, remontent le Rhône jusqu'à atteindre le confluent de la Saône ; c'est là que Momoros et Atepomaros interprètent un vol de corbeaux comme de bon augure et choisissent de construire une ville appelée Lugdunum, puis ils construisent un lieu qu'ils nomment « Athenas » en souvenir de leur patrie d'où découle le latin Athanacum qui devient ensuite « Ainay »[3]. François Artaud (1767-1838) fait venir Athanacum du grec ἀθάνατος qui signifie immortel, surnom donné en souvenir des martyrs de Lyon[4]mais l'abbé Florent Dumas réfute cette hypothèse en citant Grégoire de Tours qui dit, en parlant des martyrs de Lyon, que « le lieu où ils souffrirent s’appelle Athanaco, c’est pour cela que les martyrs eux-mêmes furent nommés Athanaciens »[5]. [Paul Saint-Olive]] (1799-1879) propose έσνεῶ, c'est-à-dire « je nage dans » car Ainay était au confluent ; tandis que l'article Origines du Lugdunum de la Revue du Lyonnais explique qu'en celtique le mot Athan est donné à des cours d'eau ou des localités baignés par les eaux[6].

Contrairement aux historiens qui s'appuient sur les sources, les linguistes procèdent par reconstitution et ne concluent pas aux mêmes origines. Il existe en France plusieurs odonymes composés avec le terme Ainay, qui selon le linguiste français Albert Dauzat (1877-1955), proviennent du nom de personne gaulois Ainus avec le suffixe -acum pour « domaine de », signifiant « domaine d'Ainus », comme Ainay-le-Château dans l'Allier, Ainay-le-Vieil dans le Cher sous la forme Aigennaicum en 1064, Aynac dans le Lot et le hameau d'Ainac à La Robine-sur-Galabre dans les Alpes-de-Haute-Provence attesté sous la forme Aynacien en 1300. »[réf. nécessaire]. Toutefois, l'attestation du toponyme lyonnais « Ainay » sous la forme Athanacum chez Grégoire de Tours, donne corps à une autre hypothèse, celle d'un « domaine d'Attianus ». L'historien Robert Turcan (1929-2018), cité en 2016 par l'historien et archéologue médiéviste Jean-François Reynaud et ses co-auteurs dans un ouvrage sur l'église romane de Saint-Martin d'Ainay, conforte Auguste Allmer et son ouvrage Inscriptions antiques[7]qui rapproche effectivement Ainay du mot Attianacus. Si Athanacum désigne bel et bien le quartier actuel, et cité comme tel par Grégoire de Tours au VIe siècle, le mot Athanacum ne saurait dériver d'Athenaeum rattaché à la présence d'un athénée, mais plutôt de l'évolution de la prononciation entre Attianacum et Athanacum. Ainsi, un double [t] (géminé) précédant un yod ou [ j] (consonne spirante palatale voisée) forment le groupe [ttj] pouvant être noté dans le cas présent [ttʲ], groupe qui évolue pour se transformer vers la consonne fricative dentale sourde [θ], ce qui se traduit dans l'écriture du nom par un passage de tti, [ttʲ], à th, [θ] : Attianacum devient Athanacum. Quant au suffixe gallo-romain -acum, qui signifie « domaine », il a été accolé au nom du propriétaire du domaine Attianus, par le génitif Attiani donnant Attiani-acum et plus simplement Attianacum, « domaine d'Attianus ». Enfin, le nommé Attianus, auquel se rattache ce domaine, se retrouve sur des estampilles de poteries antiques lyonnaises, possiblement l'un de ces négociants qui peuplaient le sud de la presqu'île actuelle, dite quartier de Canabae, du noms de ces entrepôts[8].

  1. Vanario 2002, p. 9.
  2. Henri d'Arbois de Jubainville, Une vieille étymologie du nom de Lyon, Lyon, (lire en ligne), p. 454
  3. Aimé Guillon, Lyon tel qu'il étoit et tel qu'il est, Lyon, Maire, (lire en ligne), p. 1 et 23
  4. François Artaud, Lyon souterrain ou observations archéologiques et géologiques faites dans cette ville depuis 1794 jusqu’en 1836, Lyon, (lire en ligne)
  5. Florent Dumas, Les traditions d’Ainay, Lyon, (lire en ligne), p. 6
  6. Paul Saint-Olive, Mélanges historiques et littéraires, Lyon, Vingtrinier, (lire en ligne), p. 9
  7. Auguste Allmer, Inscriptions antiques, Lyon, Léon Delaroche & Cie, (lire en ligne), p. 461-462
  8. Reynaud et alii 2016, p. 14.

BrouillonModifier

Suite à ma question du jour, voici l'explication apportée par   Cosmophilus : « le yod est un [ j] (consonne spirante palatale voisée). Il y a un double [t] (géminé) devant ce [ j]. Ce groupe [ttj] (peut-être plutôt noté [ttʲ] dans ce cas de figure, d'ailleurs) évolue pour se transformer en ce qui est, effectivement, une consonne fricative dentale sourde [θ], ce qui se traduit dans l'écriture du nom par un passage de tti, [ttʲ], à th, [θ] : Attianacum devient Athanacum. Quant au suffixe gallo-romain -acum, qui signifie « domaine », il a tout simplement été accolé au nom du propriétaire du domaine, qui était un certain Attianus (au génitif Attiani) : « domaine d'Attianus » se dit alors Attiani-acum, d'où Attianacum » Explication que je vais tenter d'inclure en l'état avec la wikif qu'il a indiquée. Nonopoly (discuter) 25 février 2021 à 12:05 (CET)